Rosier de Marie } XI
CH. XII. — CULTE
trouvée vers le milieu du xve siècle en Calabre, n’a pas été écrite par cet évangéliste, puisqu’aucune ne l’a été avant le ve siècle. Elle contenait l’ancien rite de l’église d’Alexandrie; on y faisait commémoration de Marie au Canon de la messe et encore après le Pater .
Saint Cyrille. — Dans la liturgie de saint Cyrille, que plusieurs mettent sous le nom de saint Marc, le prêtre incliné fait mention des saints, mais surtout et spécialement de la sainte mère de Dieu, on retrouve toujours ces mots surtout, principalement 1.
Saint Pierre. — La liturgie d’Antioche, si elle n’a point été rédigée par saint Pierre luimême, a dû l'être d’après ce qu’il avait enseigné et pratiqué le premier.
Saint Jean. — L’Église éthiopienne fait usage de liturgies dites de saint Jean l’Évangéliste d'autant plus respectables qu’elles sont peut-être les plus anciennes qui aient été écrites. La messe contient des expressions comme celles-ci : « O Vierge, prie pour nous auprès du Christ pour qu’il ait pitié de notre âme, o virgo , ora pro nobis, apud Christum ut misereatur animes nostrœ. » Il est certain que les Grecs, les Ethiopiens, les Alexandrins, les chrétiens de Jérusalem n’ont jamais séparé le souvenir de Jésus de celui de Marie : Non alius Cliristus quam ex éMaria , a dit Tertullien. Puis saint Jérôme : Uti virginis Evcs virgo Maria fieret advocata.
Saint Basile. — La liturgie de saint Basile multiplie encore plus les titres glorieux : « Marie très-sainte, dit-il, notre maîtresse à tous, mère de Dieu, toute divine elle-même. »
Saint Grégoire de Nazianze. — Une des liturgies les plus authentiques et les plus célèbres est certainement celle qui porte le nom de saint Grégoire de Nazianze. Comme dans la liturgie
i . Rosier de Marie, XI, 844.
de saint Basile, le prêtre dès le début fait mémoire des saints, mais en particulier de Marie sainte, pleine de gloire, toujours vierge, mère de Dieu ; il répète cette profession de foi au moment de la communion, puis encore après avoir communié.
Les savants comptent huit ou dix liturgies qui avaient pour base celle de l’apôtre saint Jacques ; ils en comptent autant qui étaient des modifications de celle de l’évangéliste saint Marc. Après une mémoire où l’on invoque principalement la très-sainte mère de Dieu, la rubrique porte qu’on ajoute une mémoire particulière si on dit la messe de la sainte Vierge. Les liturgies des premiers siècles avaient donc comme à présent des messes de la sainte Vierge1.
Dans les liturgies de saint Ignace, saint Jules, saint Sixte, des douze apôtres, de saint Clément de Rome, la mère de Dieu occupe la même place d’honneur; partout et toujours sa mémoire est la plus vénérable qu’on puisse rappeler et sa mission la plus haute qu’on puisse concevoir 2.
Constantinople. — La liturgie de Constantinople est certainement antérieure à saint Jean Chrysostome (344 + 407.) Après le Kyrie de longues prières s’y terminent par une commémoration de la sainte Vierge; et dans la mémoire des vivants et des morts il n'y a de nom propre que celui delà très-sainte Vierge immaculée : « Nous vous offrons aussi ce culte raisonnable pour tous ceux qui reposent dans la foi... (à haute voix) principalement pour la très-sainte, immaculée, très-bénie et glorieuse Marie, notre dame, mère de Dieu et toujours Vierge. » (Le chœur chante ici les louanges de la très-sainte Vierge.)
Outre ces liturgies, l’Église orientale en possédait au moins douze dont la dernière est celle de saint Diosdore, patriarche d’Alexandrie; elles diffèrent toutes en quelque point, mais le culte de