‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 337 sur 458 · HÉRÉSIES · texte numérisé non relu

HÉRÉSIES

Au 11e siècle, Berylle, niant l’existence du fils de Dieu avant son incarnation, niait par là môme sa divinité, et Marie y perdait son plus beau titre.

Au ni0 siècle , la divine maternité de Marie était niée par plusieurs hérésiarques, entre autres par Paul de Samosate, qui enseignait que Jésus était un homme devenu Dieu par l’adoption du Père.

Au iv° siècle, les uns déniaient toute espèce de culte à Marie, parce qu’ils n’admettaient pas le culte des saints; d’autres retranchaient à Jésus- Christ son âme et ne laissaient à Marie que l’honneur d’avoir été la mère de son corps.

Arius contesta la divinité du Verbe ; il soutint que le Verbe était la première, la plus sainte des

créatures, celle par qui toutes ont été faites, mais enfin une simple créature, ni Dieu, ni égale à Dieu ; dès lors il ne restait aucun privilège à Marie. Saint Alexandre, évêque d’Alexandrie, combattit le premier et avec grand zèle la doctrine d’Arius, qui était un des prêtres de son église. « Nous professons, dit-il dans son exposition du Symbole des apôtres, la résurrection des morts, dont Notre-Seigneur Jésus-Christ a été les prémices, ayant pris de Marie, mère de Dieu, un corps véritable et non une apparence. « L’arianisme fut condamné au concile de Nicée, en 325.

Au Ve siècle, Vigilance prêcha contre l’invocation des saints et le mérite de la virginité.

i. Rosier de Marie, XII, 797.

CH. XII. — CULTE

Nestorius attaqua directement et en principe la maternité divine de Marie en enseignant qu’il y avait en Jésus-Christ deux personnes, la personne divine, existant de toute éternité, et la personne humaine, existant par Marie. La divinité s’était adjointe à l'humanité par accession, mais sans que la personnalité de Tune détruisît la personnalité de l’autre : « N’appelons donc pas, disait-il, Marie mère de Dieu, car une femme créée dans le temps ne saurait être mère de la divinité qui est éternelle. » Nestorius, patriarche de Constantinople, n'avait pas d’adversaire assez puissant dans sa propre église pour lutter contre lui; mais saint Cyrille, patriarche d’Alexandrie, était sur la brèche et dénonçait à l’univers la nouvelle et perfide doctrine. Au nombre des douze fameux anathèmes dans lesquels il résume la dogmatique chrétienne, celui qui regarde la maternité de Marie est placée en première ligne. Le concile d’Éphèse, assemblé en 431, confirma

pleinement cette doctrine. Elle fut de nouveau et jusqu’à trois fois sanctionnée dans le concile de Chalcédoine, assemblé en 451 pour juger les doctrines d’un troisième novateur nommé Eutychès.

On voit combien se trompent ceux qui prétendent que l’appellation de mère de Dieu était nouvelle au temps du concile d’Ephèse et n’avait pas fait partie jusque-là du dogme chrétien. Indépendamment de ce qui vient d’être rapporté, on trouve saint Hippolyte, martyr, qui emploie ce terme dans son petit traité de la fin du monde ; il se lit dans la conférence entre Archelaüs, évêque de Cascar, et Manès, en 277. Saint Denis d’Alexandrie, saint Methodius, saint Éphrem, saint Basile, saint Athanase, Hesychius, saint Jérôme, saint Epiphane, ne parlent pas autrement. L’empereur Julien reprochait aux chrétiens d’appeler Marie du nom de Theotocos.

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