‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 369 sur 458 · DORÉS · texte numérisé non relu

DORÉS

nimbe ne s’attribue pas aux saints, mais seulement à la sainte Vierge; cet usage inconnu au 111e siècle semble reporter les verres au ive. Le costume des personnages indique qu’ils ont vécu avant Théodose et généralement pendant le ive siècle de l’Eglise. Des inscriptions lapidaires jointes aux verres dorés confirment son opinion à cet égard.

La forme des lettres peut tout aussi bien se rapporter au 111e siècle qu’au ive. Dans ces limites on ne trouve aucun motif de décision. L’orthographe en apprend davantage : le PH est souvent remplacé par F. L’H est supprimé après les consonnes C et T et toujours devant les voyelles, excepté une seule fois dans AMACHT, il est certain que cette omission ne devint fréquente qu’au temps de Constantin. Notez encore le changement du J en Z. JESUS est toujours écrit ZESVS. Or, dans le 111e siècle, nous ne trouvons pas d’exemple de ce changement. La coiffure se rapporte au ive siècle. Remarquez encore que, malgré la grande richesse des vêtements ou des bijoux, on ne voit pas que les oreilles des femmes soient percées pour y mettre des pendants d’or ou de pierres précieuses. Il y eut en effet un siècle où ce genre de parure était condamné par les saints Pères qui le considéraient comme un usage païen. Saint

CH. XIV. — CULTE

Jérôme engage Leta à ne pas laisser percer les oreilles de sa lille, Cave ne anres ejus perfores1.

Leur usage. — Quant à l’usage des verres dorés, les uns disent qu’ils étaient destinés à distribuer le sang eucharistique, d’autres que c’étaient des calices à l’usage de la cène mystique, ou bien ayant servi dans les agapes ou festins qui se faisaient aux tombeaux des martyrs ; ou dans les repas de noces, ou dans les repas funèbres, indifféremment à l’usage des chrétiens et des gentils2. Comme premier renseignement pour les calices, Honorius d’Autun dit que les apôtres et leurs successeurs se servirent de calices de bois; le papeZéphirin (202+ 218) de calices de verres et Urbain pape et martyr (223 + 230) de calices d’or et d’argent.

Indépendamment des arguments qu’on trouve dans ces dates, leur forme exclut souvent la pensée qu’ils auraient pu servir au saint sacrifice de la messe. Il est probable qu’ils servaient dans les agapes, qui, dans l’origine, étaient de légers repas faits en commun lorsque l'on avait visité les tombeaux des martyrs. Saint Paul en parle et condamne l’abus qu’en faisaient quelques-uns apportant des mets recherchés qu'ils gardaient pour eux seuls. Mais si telle fut l’origine de ces fonds de verre, comment expliquer qu’ils servissent à des cérémonies aussi saintes, lorsqu’on y voit souvent des sujets mythologiques? Ce fut un tort, il est vrai, lorsqu’on devait les employer pour de telles cérémonies; mais ce ne fut pas un sacrilège, car alors ils ne figuraient pas dans le saint sacrifice3.

Fabrication. — La dorure des verres entre deux lames de verre était connue du temps de Caracalla (21 1 +217). Au Xe siècle, Théophile, dans un livre très-intéressant4, enseigne dans son chapitre xm comment on doit décorer les

x. Garrucci, loc. cit pi. ix.

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