‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 370 sur 458 · Garrucci, loc. cit.} pl. xm · texte numérisé non relu

Garrucci, loc. cit.} pl. xm

4. Diversarum artium schedula . édité parle comte de l’Escalopier. — Deville : la Verrerie dans l’antiquité.

1 gobelets en verre de couleur verte avec des figures d’hommes et d’animaux en or ou en argent. Il parle d’un nouveau mode de décoration, et au lieu de deux lames de verre soudées ensemble et entre lesquelles on place la dorure, on décore le verre et l’on étend par-dessus un vernis ou plutôt un émail qui se fond facilement lorsque l’on met la pièce au four. Ce vernis se compose de poudre de verre broyé d’une manière impalpable sur une table de porphyre, délayé dans l’eau et employé au pinceau.

Ce mode de dorure peut s’adapter à toute espèce de vase, mais ceux trouvés dans les cimetières chrétiens à Rome sont à fond plat ou légèrement concaves.

Description des verres. — Après être entré dans les considérations générales sur lesquelles nous venons de nous arrêter, le père Garrucci examine quelques verres dont il donne les images, pour lesquelles nous renvoyons à son livre. Un des plus célèbres est celui qu’il dessine (Pl. ix , fïg. 6). La sainte Vierge entre saint Pierre et saint Paul ouvre les bras, comme une personne qui parle. Deux volumes sont placés aux côtés de sa tête. Les deux apôtres dont les noms se lisent dans le champ sont vêtus de la toge et semblent indiquer un objet du doigt; au-dessus de la sainte Vierge est écrit MARIA. (Pl. CXVI.)

Un autre verre représente les mêmes personnages1. Il a été dessiné d’après l’original du musée Borgia de la propagande. Le Père Mozzoni l’a donné en plus petit dans ses tableaux chronologiques de l’histoire ecclésiastique du 11e siècle. Les deux apôtres sont vêtus de la tunique et du manteau. La sainte Vierge prie, les mains élevées vers le ciel; ce mode de prière tout naturel était aussi en usage chez les païens. Le manteau de la sainte Vierge lui couvre la tète, tombe sur les épaules, passe sous le bras droit et revient sur le côté gauche de la figure. Le manteau se portait ainsi au 111e et au iv6 siècle.

x. Garrucci, loc. cit.} pl. IX, fi g. 7.

MEDAILLES

On ne peut affirmer que Marie soit toujours représentée entre les deux apôtres, puisque dans d’autres verres au lieu de Maria on lit Teregrina . çAgnès et même Floria sur le sarcophage de Saragosse.

A la ligure 8, une femme seule ouvre les bras en les élevant, elle est entre deux arbres et des épis qui ont la même signification que les deux apôtres. On lit autour l’épigraphe : DULCIS ANIMA- PIE- ZEZES- VIVAS.

A la planche ix, figure io est la sainte Vierge entre deux arbres et deux oiseaux posés sur des colonnes. Le nom de Maria est écrit au-dessus. (PL CXVI).

Dans un autre verre1, la sainte Vierge seule entre deux arbres ouvre les bras et est appelée MARA, soit par l’oubli d’une lettre, soit par une mauvaise prononciation populaire, on retrouve le nom de Mara dans deux inscriptions des cimetières données par Boldetti. Le costume de la sainte Vierge est singulier; car outre la robe (stola) des matrones et le pallium qu’elle porte sur les épaules et sur les bras, avec les bouts retroussés et pendants , elle porte une courte tunique sur la stola et attachée à la ceinture. C’était le costume des jeunes filles grecques.

Un autre fond de verre publié d’après l’original du Vatican et que nous-mêmes y avons dessiné ne peut représenter la sainte Vierge, ainsi que l’ont cru Boldetti, d’Agincourt et

d’autres. Il est tout brisé, il a om,io de diamètre et provient de la collection Boldetti. Une femme est assise et tient un enfant sur ses genoux; un troisième personnage les évente avec un flabellum. Ôn lit un commencement d’inscription : Cum tuis. Le reste manque ainsi que le haut du corps de la femme. La peinture est fort grossière. Pour en faire une sainte Vierge, on a dit que la position des jambes rappelle celle d’une madone du cimetière des SS. Pierre et Marcellin; on ajoute que le flabellifer indique l’honneur qu’on veut rendre à la mère et à l’enfant; mais du reste rien ne le rapproche des verres dorés où la sainte Vierge est représentée sans conteste. La nudité des pieds ne s’applique jamais à la sainte Vierge. L’enfant est coiffé du bandeau (xe<paXo&£G- [/.oç) et porte au cou comme sa mère le collier ([/.oviaxiov), deux formes d’ornements qu’on ne vit jamais à cette époque que chez les femmes et les filles. C’est donc une petite fille. Ce qu’on a pris pour une sphère est un jouet d’enfant, comme on en voit dans le vase qui représente Persée à quatre ans sur les genoux de sa mère. Enfin le personnage qui évente n’est point un diacre, mais indubitablement une femme. Passeri est donc fondé à dire que c’est une famille composée de la mère, assise avec son enfant dont la sœur aînée leur donne de l’air, et il peut écrire : Mater quiriacum infantem in sinn snstinet, dum ancillula sen natu œtate major flabello ventum excitât.

MÉDAILLES

La plus grande marque d’honneur que puisse donner un souverain à la sainte Vierge, c’est de substituer son image à la sienne sur les monnaies, puisqu’il semble ainsi abdiquer en

i. Garrucci, loc. cit., pl. JX, fi g. 2.

sa faveur; c’est aussi le plus haut degré de respect d’un peuple qui accepte par là sa domination. Nous croyons donc important de rappeler ici les principales médailles qui nous conservent son effigie et qui sont des monuments précieux de son culte.

Anastase II. ( + 719). — Les empereurs de Constantinople si dévots à la sainte Vierge n’ont pas oublié cette manière de l’honorer, et dès le vnie siècle sous le règne d’Anastase nous distinguons déjà sur les monnaies les deux lettres M A qui signifient indubitablement Marie ou la mère de Dieu.

Léon le Sage. (886 + 911). — Bientôt les empereurs ne se contentèrent plus d’un monogramme et Léon le Sage (Pl. CXL) fit graver son effigie sur la face de ses médailles. Nous avons dessiné à la Bibliothèque nationale une belle pièce d’or de cette sorte qui a 19 millimètres de diamètre et qui offre une parfaite conservation. La sainte Vierge nous y paraît en orante, les bras déployés en dehors, à mi-corps, et couverte d’un manteau dont les plis en se relevant derrière la tête lui forment un voile; elle n’a pas de nimbe, ce que nous ne verrons plus dans la suite; on distingue des fleurons sur son front et ses épaules. Le savant empereur, peut-être pour montrer ses prétentions sur l’Occident, voulut que les inscriptions fussent en latin et en grec, de sorte que nous lisons dans le haut entre deux croix le nom MARIA et audessous MP 0V. Le dessin de cette médaille est d’une correction et d’une finesse remarquables ; nous avons pu le grossir sans inconvénient ; le seul défaut imputable à la mode byzantine est l'extrême petitesse des mains1.

Theophano. (963). Nicéphore Phocas. — Nous citerons encore une image sous la régence de l’impératrice Théophano, qui ne dura que trois mois et finit en 963 ; une pièce d’or frappée sous Nicéphore Phocas, enfin celles de Jean Zimiscès, si importantes dans cette étude.

Jean Zimiscès. (959 + 976). — Nous avons de ce règne plusieurs types différents. Le premier donné par du Gange (p. 152) représente sur la face la sainte Vierge les bras en orante, et

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