Vergara^ Ant. Monete del regno di Napoli
SCEAUX
et qui est à Plaisance, on lit MARIA MATER DOMINE
Sur une troisième du duc Roger, on voit au revers l’image de la mère de Dieu avec l’abréviation S. M. pour Sancta Maria. Vergara pense que cette médaille appartient au même Roger, qui, après avoir quitté le titre de comte, prit celui de duc; cependant l’aspect de cette médaille diffère tellement de la première, que Mu raton serait porté à croire quelle fut frappée par Roger, duc d'Apulée, lils de Robert Guiscard qui mourut en nu.
Guillaume II (nn + i *27). — Son successeur, Guillaume II, imita cet exemple (nu + 1127). Le type fut seulement un peu modifié, la sainte Vierge, au lieu d’être représentée de la tète aux pieds ne le fut qu’à mi-corps, et on écrivit simplement à sa droite le sigle, MP OV ; cette madone rentre dans le caractère de celles dites
de saint Luc ; au revers on lit — ^ — et en exer-
gue le nom du roi Guillaume en caractères arabes.
République de Pise, 1152. (PL CXVII.)
La république de Pise imita ces pieux exemples : nous possédons, au Cabinet des médailles, une monnaie qui nous montre la madone avec l’enfant Jésus dans les bras et qui date probablement de l’empereur Frédéric Barberousse (1152 + 1190) comme l’F qu’on voit au revers le laisse supposer. On lit sur l'exergue : Sancta Maria de Pisis. C'est tout à fait le type de saint Luc et peut-être une réminiscence de la fameuse madone » Sotto gli orgagni « que les Pisans avaient en si grande vénération. On remarque ici une étoile au bas du nimbe.
Celte coutume subsista longtemps à Pise, car on retrouve encore l’image de la madone sur des monnaies du xiiu ou xivc siècle avec celte supplication : Virgo, Pisas protégé !
SCEAUX
Héraclius ( + 641)1. — Les sceaux doivent nous occuper après les médailles, car là aussi les peuples ont trouvé un moyen de répéter à l’infini l’image chérie de la mère de Dieu.
Suivant M. Sabatier, auquel nous laissons la responsabilité de l’attribution , un sceau de plomb byzantin remonterait à l’empereur Héraclius 1 et fournirait l’image de la sainte Vierge. On y voit d’un côté les trois empereurs qui ont régné ensemble, et de l’autre la sainte Vierge
1, Héraclius, empereur en 610, à trente-cinq ans, est mortenôqi. Héraclius Constantin, fils d’Héraclius et de Flavia Eudoxia, né à Constantinople en 612, succéda à son père en 641 et partagea le trône avec HéracléonaSj son frère.
debout entre deux croix, nimbée et tenant sur sa poitrine un médaillon de l’enfant Jésus.
Sceaux byzantins , Xe siècle. — Ciacconi décrit trois sceaux de plomb qui lui appartenaient et qu’il a donnés à la bibliothèque Vaticane , où malheureusement je n’ai pu les retrouver. Ils portent sur la face la sainte Vierge, tenant devant elle l’enfant Jésus, comme dans les monnaies byzantines. Sur le revers du premier et du second on a tracé des monogrammes et sur le troisième une inscription. — On les attribue au xe siècle.
Sceau de Nicolas, archevêque de Constantinople, xie siècle. — Ficoroni publie un sceau
CH. XIV. — CULTE
d'un archevêque de Constantinople , appelé Nicolas; sur la face on voit la sainte Vierge debout sur un escabeau et tenant l’enfant Jésus dans ses bras, et sur l’exergue cette invocation en caractères grecs :
Très-sainte mère de Dieu, secoureynous !
Sur le revers on lit cette inscription distribuée en sept lignes :
Nicolas, archevêque de Constantinople1 } la nouvelle Rome.
On compte cinq archevêques de Constantinople du nom de Nicolas, le premier à la tin du ixe et commencement du Xe siècle, le second vers la tin du Xe, le troisième vers la fin du xie, le quatrième au milieu du xne siècle, le cinquième dans le xi n® siècle. ( Bolland ., I, tome d'août).
D’après le style de la figure et en le rapprochant de médailles que nous avons déjà examinées, il nous semble entre ces diverses oques que nous devions choisir la tin du xie.
Chapitre de Paris. 1146. (PI. CXXXII.) — Nous avons pu recueillir pour la France un assez grand nombre de sceaux portant l’effigie de la très-sainte Vierge; un des plus anciens est celui du chapitre de Paris, que les archives conservent attaché à une charte de 1 146, et qui par conséquent lui est antérieure. Nous y voyons la sainte Vierge assise, couronnée, ouvrant les deux bras et tenant un fleuron de la main droite. On lit autour :
+ Congregacio Sce Marie Parisiensis.
D’après la forme de ces caractères et notamment des E, qui ne sont pas encore en manière de C , je ne serais pas surpris que ce sceau remontât au xie siècle.
OA b baye de Vicogne, 114p. (Pl. CXXXIII.)
■ — Le sceau de l’abbaye de Vicogne, ou casa
Dei, n’a pas non plus l’enfant Jésus ; les fleurons de la couronne sont plus élevés; Marie assise, revêtue d’une tunique à larges manches, tient un livre ouvert de la main gauche et une fleur de la droite. Son trône a la forme pliant avec les têtes d’animaux; on remarque trois petites rosaces sous les pieds et de chaque côté de la tête. On lit autour :
-j- Sigillum Sancte Marie de Casa Dei.
Ici paraît l’E recourbé et la forme des A qui accusent une époque plus récente.
QAbbaye de Bonne-Espérance , 1155. (Planche CXXXIII.) — Dans le sceau de l’abbaye de Bonne-Espérance, la sainte Vierge est représentée à mi-corps ; les plis de son manteau sont retenus en avant rpar une fibule ; elle tient un livre de la main gauche et un lis, sceptre de la virginité, de la main droite. La tunique est serrée par une riche ceinture. On lit autour :
+ Sigillum Sce Marie de hona spe.
QAbbaye de Longpont, 1160. (Pl. CXVIII.) — Cette jolie empreinte nous fait voir la sainte Vierge assise sur l’arc-en-ciel, tenant la fleur de la main droite et soutenant sur ses genoux l’enfant Jésus. Elle n’a pas de nimbe, mais elle est couronnée, sa robe est enrichie de broderies.
-J- Sigillum sancte Marie Longi-Pontis.
QAbbaye d’Eaucourt, 1162. (Pl. C XX.) — La sainte Vierge est représentée debout, étendant les mains , laissant pendre les larges manches de sa tunique et tenant le lis :
-f- Sigillum heate Marie de A...
Chapitre deCondé. 1163. (Pl. CXXXIII.) — Le sceau du chapitre de Condé nous montre la sainte Vierge assise, les mains jointes dans l’attitude de la prière, comme nous voyons quelquefois figurée l’Assomption. La robe est très-riche.