Piomhi antichi , Roma, 1740 ; — Revue arch., Sabatier
Bayeux. (Pl. CXXX.) — On conserve à la
SCEAUX
Bibliothèque nationale un sceau du chapitre de Bayeux , qui représente la sainte Vierge tenant l’enfant Jésus sur les genoux, et un lis de la main droite; le contre-sceau est plus petit et porte aussi une madone. On y lit :
Secretui (sic) capituli Baioci.
Chapitre de C ambrai . 1169. — Ici la sainte Vierge est assise, elle porte le Sauveur du bras gauche, un livre et une fleur de la main droite; on lit cette exergue :
Sigillum sancte Marie Cmb.
L’empreinte est fort effacée. (PL . CX LV 1
OAbbaye de Prémontré. ii7i.(Pl. CXXVI.) — Sur le sceau de l’abbaye de Prémontré 1171, on voit la sainte Vierge assise, tenant le Sauveur de la main gauche et soutenant une sphère de la droite; elle est nimbée, mais sans couronne :
Sigillum Sancte Marie... mensis... Ecclesie.
On ne distingue qu’un des côtés du pliant :
OAbbaye de Prémontré. (PL CXX.) — Sur le sceau des Prémontrés, la sainte Vierge paraît debout, seule, nimbée; elle tient à la main une sorte de sphère; l'inscription est presque entièrement détruite.
Chapitre de Noyon. 1174. (PI. CXXVI.) — Le sceau du chapitre de Noyon nous offre une attitude très-singulière, un geste d’allocution plutôt que d’oraison. Marie étend en dehors la main gauche et retourne contre sa poitrine la main droite ; voici l'inscription :
Sigillum S. Marie Noviomsis •.*
Chapitre de Laon. (PI. CXXX.) — Un sceau du chapitre de Laon est attaché à une charte de 11 81. On y aperçoit encore la sainte Vierge avec le sceptre et l'enfant Jésus; — malheureusement tout le haut de l’empreinte a disparu.
OAbbaye de Breteuil, 1183. — Ici la sainte Vierge, assise, porte le Sauveur sur ses genoux ; elle tient le lis, elle est couronnée comme dans le sceau de Noyon, elle n'a pas de nimbe, l’exergue est presque entièrement détruite.
oAbbaye de Ressons. 1187. (PL CXXV.) — Nous voyons la sainte Vierge seule, assise, sans nimbe, mais couronnée, tenant le sceptre et le livre; autour :
-f- Sigillum capituli Sce Marie de Ressons.
OAbbaye de Farmoutier, 1197. (PL CXXIII.) — La sainte Vierge est couronnée, nimbée, assise sur un trône avec coussin; elle porte de la main droite le sceptre fleurdelisé, et sur ses genoux l’enfant Jésus. Le Sauveur a un nimbe crucifère, il tient un volume de la main gauche et bénit de la droite, levant les deux premiers doigts et laissant les autres pliés :
-j- Sigillum capituli Sce Marie Faremonasterii.
Prieuré de Longpont, 1160 et 1200. (Planches CXXIII, CXXV.) — Le prieuré de Longpont nous donne deux types différents pour son sceau au xi Ie siècle. Celui qui paraît le plus ancien est circulaire; la sainte Vierge y est seule dans l’attitude de la prière, nimbée et tenant un livre; elle s’enveloppe dans les plis d’un large manteau. On lit autour :
Sigillum S. Marie de Longoponte.
Le second, qui est de 1200, et postérieur comme la forme des caractères, ne peut laisser de doute, présente l’image d’une madone voilée, couronnée, entrônée, tenant l’enfant Jésus et le sceptre fleurdelisé. Le haut de la tête, ce que nous n’avons pas encore vu, interrompt l’exergue :
Sigillum S. Marie de Longoponte.
Chapitre d'Étampes. (PL CXVIII.) — Nous n’avons plus qu’un fragment du sceau du chapitre d'Étampes et nous ignorons sa date précise : la sainte Vierge est assise sur un siège ajouré;
elle porte le sceptre dans sa main droite, elle pose la gauche sur un livre. Elle est couronnée. La dégradation a supprimé toute l’inscription.
Chapitre d'oArras, 1200. (PL CXXX.) — La sainte Vierge a les mains étendues, elle tient un livre dans la gauche, elle est nimbée et entourée de l’exergue suivante:
-f- Sigillu ZCÆ Maria atrebaten si ç eeclesiæ 1.
On possède un autre modèle de sceau de ce chapitre qui figure la sainte Vierge assise entre les tours de la cathédrale, nimbée et tenant un sceptre et un livre. Avec l’exergue :
Sigillum ecclesie Atrebatensis.
Prieuré de la Charité-sur-Loire (1203). — La sainte Vierge porte l’enfant Jésus sur ses genoux; elle met ses mains ouvertes sur les épaules de l’enfant qui déploie la main droite de la même manière et tient de l’autre un volumen. Les contours sont très-vagues et en rendent la copie presque impossible:
Sigillum Sanctæ Maria de Karitate.
On remarquera dans cette inscription beaucoup d’abréviations. Ainsi les dernières lettres de Sigillum sont remplacées par deux L barrées.
C Abbaye du Bec (1221). — Les dates qui outre-passent un peu le xne siècle ne supposent pas que les sceaux lui soient postérieurs, car il est bien probable qu'une abbaye conservait le même pendant longtemps ; en tout cas, celui de l’abbaye du Bec mériterait que nous sortions de notre cadre par sa belle composition. Il est circulaire et figure la sainte Vierge assise sur un banc richement ajouré. Marie est couronnée, nimbée de perles; elle tient le Sauveur et le sceptre fleurdelisé. Elle pose les pieds sur un
1. Essai historique et monographique sur l'ancienne ca- To. znincl< thedrale a Arras } par Auguste Ternick, pl. xvii, fig. 1, 111-4°. Sigillographie de la ville d' Arras } par Guesnon, Ai ras, 1865. — Voy. n° 6^022 des Archives nationales.
escabeau; trois étoiles de chaque côté ornent le champ, l’exergue est fort mutilée.
QÂbbaye de Forest (1221). (Pl. CXXXIII.) — Sous la même date nous apparaît la fine empreinte du sceau de l’abbaye de Forest. La sainte Vierge a l'enfant renversé sur son bras gauche; elle est assise sur un pliant très-ouvert. On remarque fies fleurons très-prononcés de sa couronne.
-j- Sigillum sce Marie de Forest.
Chapitre de Rouen. (Pl. CXXXII.) — On trouvera sur nos planches le sceau du chapitre de Rouen qui date du xne siècle et nous offre un bel état de conservation. La sainte Vierge y est représentée nimbée, couronnée , voilée, sans l’enfant, tenant le sceptre de la main droite et la pomme de la gauche ; l’exergue porte :
Sigillum capituli rotomag. ecclie.
Chapitre de Soissons. (Pl. CXXVII.) — Un des plus grands et peut-être des plus beaux types de notre collection est le sceau du chapitre de Soissons; il est attaché aune chartre de 1231, mais son caractère appartient tout à fait au xne siècle. La sainte Vierge, d’une composition symétrique, est assise sur un trône à riche dossier, elle tient le Sauveur qui étend majestueusement les bras comme dans la peinture de saint Zénon à Rome et semble placer les couronnes sur la tête de deux mages. Ces mages, dont les noms sont inscrits sur leurs têtes, s appellent Balthasar et Gaspar ; la symétrie empêchait d’y introduire Melchior. Ils s’inclinent devant le Sauveur et tiennent des palmes. Ce sceau n’a pas moins de 92 millimètres. On y lit l’exergue suivante :
-j- Sigillum Beate Marie su... s. Ecclie .
Sceaux divers. C’est peut-être en France que nous trouvons les sceaux les plus remarquables et les mieux conservés. Cependant notre pays n’avait pas seul le privilège de représenter ainsi la très-sainte Vierge ; nous les avons spéciale-
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ment recherchés dans les contrées où les fureurs de la réforme nous ont privés des images, car si ces effigies ne représentaient pas toujours fidèlement les statues des sanctuaires dont elles portaient le titre, on peut dire que la figure de Marie est l'indication certaine de leur consécration sous ce vocable. Nos recherches dans les pays protestants ont été très -fructueuses. On pourra voir dans Dugdal (t. IV) les sceaux de Suffield , Stanfield , Cheshunt. Clerkemvell , Wykes. Nous pouvons ajouter le prieuré àeNewstead, l’abbaye de Sainte-Marie d’York du xie siècle, et une vingtaine d'empreintes que nous avons décrites au chapitre de l’Angleterre et gravées sur les planches CXXXVIII et CXXXIX.— On remarquera que ces sceaux figurent toujours la sainte Vierge assise, avec l’enfant Jésus et un sceptre fleurdelysé ou une pomme. Ils sont ordinairement d’une forme ogivale. On y voit représentées quelquefois des scènes telles quel’Annonciation ou l’Adoration des mages. Ils sont loin d’offrir la même conservation que les nôtres ; ces sortes de reliques, nous dit M. Wilson, ont souffert énormément dans la réformation et le séquestre des biens de l’Église ; une circonstance non moins fâcheuse, c’est que beaucoup des anciens actes auxquels ils sont appendus ne
portent pas de date ; on est obligé alors de s’en référer à l’écriture dont la paléographie détermine l’âge et au style de l’empreinte. — Les savants anglais ont au British Muséum établi ces jugements avec un soin et une conscience qui ne sauraient laisser de doute.
Nous donnons pl. CXLII des sceaux de Belgique et d’Allemagne, pl. CXXXVI des sceaux de Hollande, ce pays si ravagé par la folie iconoclaste. Nous en avons réuni un grand nombre des pays Scandinaves; malheureusement la plupart sont du xme siècle et un très-petit nombre nous paraissent posséder un caractère plus ancien. Parmi ces derniers nous citerons celui de Byrtynge, qui se rapproche du style français. Notons surtout les cachets des saintes reines Agnès, Marguerite, Mathilde, qui avaient voulu rappeler ainsi chaque jour l'image de la plus auguste des souveraines l.
Nous en retrouverions facilement de même en Italie et ailleurs; nous n’insistons pas ici, nous réservant de décrire ces monuments dans les pays qu’ils concernent.
i. Norske Sigiller og Mynter } pour la Norvège. — Svenska Sigiller fran medelciden utgifna. af Br or , Emil Hildebrand, Stockholm, 1862, in-folio.
Sceau de la reine Marguerite.