‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 378 sur 458 · INTAILLES ET CAMÉES · texte numérisé non relu

INTAILLES ET CAMÉES

(PI. CVI.) — On sait que la glyptique fournissait aux anciens non-seulement des bijoux de parure, mais aussi des amulettes et des objets de dévotion. Les fidèles lui empruntèrent cette pratique religieuse en en changeant le but et le sentiment; dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, on continua de graver sur pierre fine en Italie, mais bientôt cet art se perdit en Occident et devint le monopole des Byzantins. On possède à la Bibliothèque nationale cinq pierres que I on considère comme antérieures à 340 et dont deux nous offrent l’image de la sainte Vierge. La première, comprise sous le numéro 1331, représente la Madone assise et tenant l’enfant Jésus sur ses genoux; elle a 10 millimètres sur 13 millimètres, le dessin est très-grossier et très-incorrect. Une seconde plus fine, de 13 sur 16, figure la Visitation de Notre-

Dame; nous l’avons déjà décrite à cet article.

Au musée de Madrid, on conserve une intaille sur émeraude de petite dimension, qu’on attribue au vie siècle et qui provient de la Fuente de Guarrazar, à deux lieues de Tolède.

(P. XVII.) Le Cabinet des médailles possède des camées très-curieux qu’on attribue au ve ou vip siècle que nous avons décrits au sujet de l’Annonciation et qui, à travers le byzantinisme naissant, nous montrent un dessin et une correction encore antiques; ces camées se reproduisent 1 un l’autre avec de légères variantes.

On retrouve dans un ancien inventaire français le souvenir d’une pierre de Damas : « Ung

INTAILLES ET CAMEES.

reliquaire beslong sur lequel est « un camahieu d’ung ymage de Nostre-Dame « enlevé ».

Le cristal de Conques reproduit en figure microscopique le Christ en croix entre la sainte Vierge et saint Jean.

Dans l’inventaire des bagues de Charles V, on lit : « Annel des vendredis, lequel est néelé et y « est la croix double noire de chacun costé où « il y a crucifix d’un camayeux, saint Jean et » N. D. et deux angeloz sur les bras de la croix1. »

(Pl. XLV.) — A l’iconographie du Crucifiement, nous avons mentionné une pierre de jaspe que le cardinal Antonelli a donnée en 1874 au Musée chrétien et qui représente d’un côté Notre-Seigneur en croix entre la sainte Vierge et saint Jean. — Nous y joignons un petit Crucifiement sur le chaton d’une bague en cristal de rocheetqui provient du même musée. (Pl.XLVI.)

Signalons encore un Crucifiement fort ancien au Musée du Louvre, dans lequel figure comme toujours la sainte Vierge.

(Pl. CXL.) — Parmi les plus jolis bijoux religieux que nous ait fournis l'art byzantin, nous n'hésitons pas à" ranger une madone sculptée sur jaspe sanguin qu’on voit au Louvre dans la première salle du Musée égyptien. La figure de la sainte Vierge, en orante, est touchée avec une finesse, les ornements, les draperies ont une délicatesse qui révèlent de la part du graveur autant de goût que d’expérience; la pierre est convexe et d’environ 30 millimètres de diamètre; la tête est surtout en relief. — Nous attribuerons volontiers ce travail au ixe siècle, époque où le jaspe sanguin fut fréquemment employé en Orient. — Nous rapprochans de cette pièce un bas-relief exécuté sur la même matière et que nous avons dessiné au Vaticon.

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