ORDRES MILITAIRES ET RELIGIEUX
Vierge, qui voulut qu’un institut spécialement dévoué à son culte portât cette couleur 1.
Non loin d’Arouaise se voyait le monastère du mont Saint-Quentin, qu’on venait de fonder sur une ancienne église de la sainte Vierge, qui jouissait d’une grande vénération et qui valut sans doute d’abondantes bénédictions aux nouvelles demeures.
Chevaliers hospitaliers. — En cherchant avec soin dans l’histoire, il serait aisé de découvrir la très-sainte Vierge à l'origine de toutes les oeuvres bienfaisantes qui se sont élevées dans l’Église. Ainsi en fut-il pour les chevaliers de Saint Jean de Jérusalem. Avant même la conquête de Jérusalem, des marchands d’Amalfi, ville d’Italie, faisant leur négoce en Égypte, obtinrent du sultan la permission d’établir un hôpital à Jérusalem, pour y recevoir les pèlerins chrétiens et leur épargner par là une partie des avanies et des mauvais traitements qu’ils avaient à essuyer des Sarrasins et même des Grecs schismatiques; ils mirent leur fondation sous la protection de Marie en faisant bâtir une église proche du Saint-Sépulcre, église qu’on appela Sainte-Mar iela-Latine. On établit tout auprès deux hôpitaux; le bienheureux Gérard y présidait. Godefroi de Bouillon, charmé de la vertu des Hospitaliers, lui donna de grandes richesses. Bientôt plusieurs croisés se consacrèrent à cet exercice de charité et ils ne se contentaient pas de loger les pèlerins, mais ils les escortaient et les protégeaient contre les infidèles.
Tel fut le commencement de cet ordre si célèbre que le pape Pascal approuva, et dont la semence de charité fut jetée comme tant d’autres sur le monde, par la main maternelle de la sainte Vierge.
Chevaliers teutoniques. — Nous apercevons de même cette main céleste dans les débuts de
i. Rohrbacher, VI, 336.
l’ordre teutonique. Pendant le siège de Ptolémaïs par les croisés, quelques pèlerins allemands de Brême et de Lubeck, touchés de compassion pour les malades de l’armée, qui manquaient de tout, établirent un hôpital sous leurs tentes. Mais déjà il y avait à Jérusalem un hôpital de la nation teutonique ; alors la sainte Vierge inspira à un vertueux Allemand, qui y était établi avec sa femme, de bâtir à ses dépens un hôpital pour les pauvres et les malades de sa nation ; il y joignit un oratoire en l’honneur de Marie.
Il entretint longtemps cette bonne œuvre tant de ses biens que des quêtes qu’il faisait; et quelques autres, touchés de son bon exemple, se donnèrent à cet hôpital et au service des pauvres. Avec le temps il s’y joignit des chevaliers et des nobles qui crurent plus agréable à Dieu de prendre aussi les armes pour la défense de la terre sainte. Cette dévotion s’étant renouvelée devant Ptolémaïs à l’occasion de l’hôpital dressé dans le camp, on prit la résolution de former un troisième ordre militaire, à l’imitation des templiers et des hospitaliers de Saint-Jean, et qui s’appela, en souvenir de la sainte Vierge et de son sanctuaire originel, l’ordre des Chevaliers teutoniques de la maison de Sainte-Marie de Jérusalem ( 1 192) 1.
Ordre de la Merci. — Pierre de Nolasque, gentilhomme français, né vers 1189, s’occupait d'établir une œuvre pour le rachat des captifs, lorsque, dans le temps qu’il la préparait, la sainte Vierge lui apparut une nuit pour lui dire que c’était la volonté de Dieu qu’il travaillât à l’établissement d’un ordre dont les religieux s’obligeraient par vœu particulier à s’employer au rachat des captifs. Comme il ne faisait rien sans consulter son père spirituel, saint Raymond 1 de Penafort, il alla le trouver pour lui communiquer cette vision. Sa surprise augmenta lorsqu’il apprit de ce sainr qu’il avait vu la même chose et que la sainte Vierge lui avait ordonné