Trombelli, IV, 24J
appelait des petites prières ou des patenôtres.
On a varié sur le nombre de ces prières. Pierre l’Ermite exhortait à réciter chaque jour un certain nombre de Pater et cent cinquante oAve Maria pour le succès de la grande entreprise. Il avait appris cette pratique de solitaires de la Palestine qui s’en servaient beaucoup1, ou peut-être des mahométans, dont le chapelet n’est lui-même que l’imitation de celui des Indiens. Les Juifs ont aussi une espèce de chapelet auquel ils ont donné le nom de meahberacot, sur lequel ils récitent les cent bénédictions2.
XIIe si ÈCLE.
Saint Dominique se délectait tellement dans la Salutation angélique, qu’il l'avait toujours à la bouche. Il introduisit l’usage de commencer tous les sermons par un oAve Maria. Il était à Toulouse et tirait peu de fruit de ses sermons, lorsque la sainte Vierge lui apparut et lui dit que cet insuccès tenait à ce que le sol qu’il labourait n’était pas arrosé par la pluie; qu’il devait savoir que Dieu, voulant renouveler le monde, lui envoya d’abord la rosée de la Salutation angélique ; qu’il devait donc, dans ses sermons, recommander la récitation du rosaire et qu’il en résulterait un grand fruit pour les âmes. Saint Dominique suivit cette invitation et en rapporta les fruits les plus abondants. Il recommanda encore aux populations par lui-même et par ses prédicateurs de le réciter. Armé de cette prière, il combattit avec succès en France et en Italie l’hérésie des Albigeois et dans la seule Lombardie il convertit cent mille hérétiques à la foi du Christ3.
Benoît XIV combat l’opinion de ceux qui croient que saint Dominique fonda le rosaire. Il rapporte les autorités que nous avons déjà citées et qui prouvent que cette pieuse pratique est beaucoup plus ancienne. Il convient