‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 401 sur 458 · Ave, maris Stella · texte numérisé non relu

Ave, maris Stella

Dei mater aima Sumens illud ave

Gabrielis ore,

Funda nos in pace, Mutans Evæ nomen.

CH. XV

CULTE

<( Brise les liens des pécheurs ; apporte la lumière aux aveugles, chasse de nous tous les maux et demande pour nous tous les biens.

a Montre que tu es mère, que par toi il reçoive nos prières, Celui qui, pour nous, a bien voulu naître de toi.

« Vierge incomparable, douce entre toutes, délivre-nous des péchés, rends-nous doux et chastes.

» Obtiens-nous une vie pure; prépare-nous un chemin assuré, atin que, voyant Jésus, nous nous réjouissions toujours ensemble.

« Louange à Dieu le Père, honneur suprême au Christ, à l’ Esprit-Saint, hommage unique à la Trinité. «

VIIe SIECLE.

Saint Fortunat. — Saint Fortunat naquit au VIe siècle dans le Trévisan. Il vécut quelque temps à la cour du roi d’Austrasie, Sigebert ; il gouverna plus tard l'Église de Poitiers et mourut vers 609 ; c’était un des poètes les plus distingués de son époque. Voici une hymne qu'il composa et qu’on chante à laudes à loffice de la sainte Vierge; saint Antoine affectionnait à tel point ce chant qu’il était, dit son historien, comme le souffle de son âme.

« O glorieuse Dame, élevée au-dessus des astres, qui de votre sein sanctifié avez allaité providentiellement votre Créateur. Ce que la triste Ève nous enleva, vous nous le rendez par

votre sainte fécondité; vous êtes la voie qui fait entrer au ciel ceux qui pleurent; vous êtes la porte du grand Foi, l’éclatante entrée de la lumière. Applaudissez à la vie donnée par la Vierge du peuple racheté. Gloire à vous, Seigneur, qui êtes né de la Vierge, ainsi qu’au Père et au Saint-Esprit dans les siècles éternels. Ainsi soitil1. s

§ « Quelle gloire imminente vous environne, fille royale de David, vierge Marie, qui êtes assise au-dessus de tous les habitants de l’éther.

« O vous dont la maternité est entourée de l’honneur des vierges, vous avez donné dans vos chastes entrailles un palais au Seigneur des anges, au Dieu-Christ qui en est sorti adoré dans l’univers.

« Tout genou fléchit devant lui, et avec votre secours, en écartant les ténèbres, nous lui demandons les joies de la lumière.

« Que le père de toute clarté nous l’accorde par son Esprit-Saint, et son propre fils qui vit avec vous dans l’Empyrée, réglant et gouvernant tous les siècles. »

Voici encore des séquences qui appartiennent à peu près à la même époque :

« Que les chœurs des anges se réjouissent avec la glorieuse Vierge, qui, sans époux, enfanta un fils dont le sang guérit le monde. Elle voit avec joie le roi du ciel qu’elle a jadis nourri de son lait. Combien Marie, mère de Jésus, est

Solve vincla reis,

Profer lumen cæcis,

Mala nostra pelle,

Bona cuncta posce.

Monstra te esse matrem, Sumat per te preces Qui pro nobis natus,

Tulit esse tuus.

Yirgo singularis Juter omîtes mitis,

Nos culpis solutos Mites fac et castos.

Vitam praesta puram,

Iter para tutuin,

Ut videntes Jesum Semper collætemur.

Sit laus Deo Patri, Summo Christo decus, Spiritui sancto,

Tribus honor unus.

Amen.

1. O gloriosa Domina, Excelsa super sidéra Qui te creavit provide Lactasti sacro ubero.

Quod Eva tristis abstulit,

Tu reddis almo germine Intrent ut astra flebiles Cœli fenestra facta es.

Tu regis alti janua Et porta lucis fulgida.

Vitam datam per virginem Gentis redemptæ plaudite.

Gloria tibi, Domine,

Qui natus es de virgine Cum Pâtre et Sancto-Spiritu In sempiterna secula.

Amen.

(Office de l'Église.)

POESIES

célébrée parles anges qui se regardent comme les serviteurs de son fils; avec quelle gloire est honorée dans le ciel cette Vierge qui a donné au maître du ciel un asile dans ses chastes entrailles ; de quel éclat brille dans le firmament cette étoile de la mer qui a mis au jour la lumière de tous les astres, des hommes et des esprits célestes!

« O Reine du ciel, ce petit peuple vous célèbre dans toute la piété de son âme et unit ses chants à ceux des anges au-dessus de l’Empyrée ; les prophètes vous annoncent dans leurs livres, le chœur des prêtres pousse des cris de joie, les apôtres et les martyrs du Christ vous acclament. Les deux sexes, pleins d’amour pour votre vie virginale, rivalisent avec les anges pour imiter votre chasteté. Toute l'Eglise vous vénérant du fond du cœur manifeste dans ses chants sa dévotion envers vous, Marie, et vous adresse ses prières pour que vous daigniez être dans tous les siècles son auxiliatrice auprès du Seigneur. »

Saint Ildefonse. — Saint Ildefonse, qui répandit le culte de la sainte Vierge avec un zèle si pieux, naquit à Tolède en 607 et fut élevé sous les yeux de saint Isidore de Séville.

Son ouvrage le plus considérable est celui de la Virginité perpétuelle de la glorieuse mère de Dieu. Il commence par une prière à Marie 1 :

» O ma dame, ô ma souveraine, ô ma dominatrice, ô la mère de mon Seigneur, la servante de votre fils, la mère du Créateur du monde, je vous en prie, je vous en supplie, que j’aie l’esprit de votre Seigneur, l’esprit de votre fils, l’esprit de mon rédempteur, afin que je puisse penser et dire des choses convenables, des choses dignes de vous...

Saint Adhelm2. — Saint Adheltn composa un

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