Livre de Marie
2. Carmen Su Aldhelmi, episcopi Schirburnensis de basilica ædificata a Bugge}filia regis Angliœ (vne siècle).
Quo régnante novura præcelsa mole sacellum
Bugge construxit supplex vernacula Christi
(VIIe SIECLE.)
poëme sur la basilique élevée par Bugge, fille du roi d’Angleterre, basilique consacrée le jour de la nativité de Marie et sans doute construite en son honneur :
« Sous son règne, Bugge, humble servante du Christ, construisit un nouveau sanctuaire de haute structure où brillent douze autels; elle consacre encore l’abside à l’autel de la Vierge. «
Chant Sacré.
« Que chacun par ces chants honore ce nouveau temple , et que le lecteur ou la lectrice déploie les rouleaux sacrés ; car la vierge Marie nous a consacré par sa nativité ce jour qui éclaire la fête du sanctuaire, sans cesse renouvelée au temps du mois d’août.
« Alors que le soleil au milieu de sa course réjouit notre âme en nous ramenant à son temps les fêtes solennelles de Marie et que les autels brillent des offrandes des fidèles,
« Cette demeure est éclairée au dedans par une pure lumière qu’apporte le soleil à travers ses fenêtres de cristal, en répandant une lumière limpide dans ce temple quadrangulaire. Cette nouvelle basilique est décorée de plusieurs ornements, des tentures à franges d’or sont les voiles magnifiques de l’autel. Un calice d’or éclatant
Quæ fulgent aræ bis seno nomiiie sacræ;
Insuper absidam consecrat virginis aræ.
Chant Sacré.
Unusquisque novum comat cum voce sacellum En lector lectrixve volumina sacra resolvat.
Istam nempe diem, qua templi festa coruscant Nativitate sua, sacravit virgo Maria,
Quam jugiter rénovant augusti tempora mensis; Dividitur medio dum torrens sextilis orbe Qui nobis iterum restaurât gaudia mentis,
Dum viribus redeunt Mariæ solemnia festa,
Et yeneranda piis fragrant altaria donis.
Hæc domus interius resplendet luce serena,
Quam sol per vitreas inlustrat forte fenestras, Limpida quadrato diffundens lumina templo.
Plurima basilicæ sunt ornamenta recentis Aurea contortis flavescunt pallia filis,
Quæ sunt altaris velamina pulchra,
CH. XV
CULTE
de pierreries brille comme le ciel parsemé d’étoiles ardentes. On y voit une patène qu’un argent pur a composée, et qui porte les divines espèces, soutien de notre vie; car nous sommes nourris par le saint corps et le sang du Christ. Ici la tige de la croix resplendit d'or et d’argent, ornée de pierres précieuses. Là aussi un encensoir tout entouré de chapiteaux et suspendu au plafond ouvre ses bouches fumeuses d’où s'exhalent en ambroisie les encens de Saba, lorsque les prêtres sont chargés du sacrifice de la. messe. »
Sergius. — Sergius trouve sa place après Romanus et Anastase. Un de ses principaux titres de gloire est l’hymne qu'il composa en l’honneur de la mère de Dieu, dont l’intercession miraculeuse venait de mettre en fuite les Avares et de sauver la capitale de l'empire (an 626). Ce beau cantique, monument immortel de la reconnaissance du peuple byzantin envers sa bienfaitrice, est le seul qui soit parvenu intact jusqu’à nous dans les offices publics de l’Eglise grecque. Nous ne croyons pas, dit M. Stevenson, que la poésie classique ait jamais revêtu des inspirations d’une forme plus séduisante. 31 faut le lire dans le texte des oAnalecta pour goûter le rhythme rapide et pétillant de ces rimes entrelacées, ravissantes de mélodie, de ces coupures souples, aisées, qui font toujours image. Les épithètes poétiques se pressent, se multiplient, se précipitent, sans se heurter jamais, sans être jamais oisives, chacune reflétant une des gloires de la Vierge, un de ses titres nombreux à l’amour et à la reconnaissance des chrétiens. On a dit que ce pæan fut composé d’un seul jet par Sergius, le jour même ou au lende-
Aurecs atque calix gemmis fulgescit Ut cœlum. rutilât stellis ardentibus aptum.
Sic læta argento constat fabricata patena,
Quæ divina gerant nostræ inedicamina vitæ,
Corpore nam Christi sacroque cruore nutrimur.
Hic crucis ex auro splendescit lamina fulvo Argentique simul gemmis ornata metalla.
Hic quoque turibulum capitellis undique cinctum Pendet de summo tiimosa foramina pandens De quibus ambrosiam spirabunt tura sabæa Quando sacerdotes missas offerte jubentur.
main du triomphe. Nous avons de la peine à le croire. Il y a trop d’art dans ces strophes, elles sont trop habilement ménagées, les contours en sont trop nets, la versification trop savante, pour y voir une improvisation 1.
Nous traduisons cet acathistus2 d’après les oAnalecta sacra. La première image qui enlumine le texte nous montre Marie assise sur un trône garni d’un coussin de pourpre, revêtue d'un manteau bleu, chaussée de brodequins rouges, nimbée, et les bras levés au ciel en manière dorante ; nous y voyons aussi des édifices somptueux qui représentent la nouvelle Rome3.
i° C’est à toi, son auxiliatrice et son impératrice, Vierge sainte, que s’adresse ta ville affranchie du péril des barbares.
2° L’archange fut envoyé du ciel afin de dire à la Vierge : Salut ! et d’une voix corporelle (pensant à son incarnation il s’arrêta stupéfait) il dit : Salut, ô toi par laquelle la joie brillera. Salut, par laquelle la malédiction s’effacera, résurrection d’Adam. Salut, libération des larmes d’Eve. Salut, sublimité inaccessible aux pensées humaines. Salut, profondeur invisible aux yeux des anges. Salut, toi qui dois être le siège du Roi, qui dois porter le porteur de l’univers. Salut, étoile qui éclaire le soleil. Salut, asile de l’incarnation divine. Salut, toi qui vas renouveler la créature, par laquelle le Créateur est adoré. Salut, virginale épouse.
30 Marie, pensant à sa chasteté, dit avec confiance à Gabriel : — Ta voix inopinée paraît incroyable à mon âme, car tu me prédis une conception immaculée. Chantons oAlleluia!
40 Cherchant à pénétrer ce mystère, la Vierge
1 . Du rhythme dans l'hymnographie de l’Eglise grecque } par H. Stevenson. (Extrait de la Revue des questions historiques ; 1876.)
2. Ce mot en grec signifie sans s’asseoir } parce que le samedi avant la cinquième semaine du carême les Grecs passaient toute la nuit debout en prière en l’honneur de Marie.