‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 403 sur 458 · Sergius, 610-641. Analecta sacra} p · texte numérisé non relu

Sergius, 610-641. Analecta sacra} p

POESIES. — (VII* SIECLE

s'écria : De chastes entrailles comment un fils peut-il naître?

50 L ange lui répondit avec crainte : Salut, maîtresse ineffable du conseil secret. Salut, foi des suppliants. Salut, principe des miracles du Christ. Salut, tète de ses pensées. Salut, échelle céleste par laquelle Dieu descend. Salut, pont qui réunis le ciel et la terre. Salut, miracle divulgué aux anges. Salut, terrible blessure des démons. Salut, toi qui as conçu la lumière ineffable, toi qui l’emportes sur tous les savants et les sages, qui illumines les esprits des fidèles. — Salut, épouse virginale.

Alors la vertu du Très-Haut jeta son ombre féconde sur la Vierge, et son sein devint comme un champ fertile où l’on récolte le salut, en chantant : Alléluia.

6° La Vierge étant remplie de la divinité s’empressa vers Élisabeth, dont l’enfant, aussitôt qu’il entendit le salut de la Vierge, se réjouit et en tressaillant lui chantait ces paroles :

« Salut, vigne qui ne se flétris pas. Salut, fruit immortel. Salut, mère de fauteur de ma vie. — Salut, champ fécond en miséricorde Salut, table joyeuse. Salut, prairie de délices. Salut, port de nos âmes. Salut, encens agréable à Dieu. Salut, pardon de l'univers. Salut, bonne volonté de Dieu envers les hommes. Salut, confiance des mortels en Dieu. Salut, épouse virginale.

7° Plein de pensées d'inquiétude et d'angoisse, l’humble Joseph, la sachant très-pure, était troublé. Mais lorsqu'il apprit la conception par l’Esprit-Saint, il chantait : oAlleluia!

8° Les bergers avaient entendu les anges chantant la présence du Christ incarné. Ils courent et le voient comme un agneau allaité par la Vierge et ils éclatent en louanges : Salut, mère du pasteur et de l’agneau. Salut, bercail des brebis raisonnables. Salut, secours contre les ennemis invisibles. Salut, porte du Paradis. Salut, objet des félicitations des deux à la terre et des

transports de la terre aux deux. Salut, bouche des apôtres qui n’es jamais muette. Salut, hardiesse invincible des martyrs. Salut, vénérable firmament de la foi. Salut, lumière de la grâce. Salut, toi par laquelle 1 enfer fut dépouillé, et qui nous a revêtus de gloire. Salut, épouse virginale.

Lorsque les mages eurent vu l’étoile, ils suivirent sa splendeur et, s’en servant comme d’un flambeau, ils cherchaient avec son aide le puissant roi et, l’ayant trouvé, ils se réjouirent en chantant : oAlleluia!

io° Ils virent, ces fils de la Chaldée, dans les mains de la Vierge Celui qui de sa main forma les hommes. Ils le reconnurent pour leur Seigneur sous cette apparence d’esclave et se hâtèrent de l’adorer et de louer sa mère bénie en disant: « Salut, mère de l’étoile qui n’as pas de couchant. Salut, splendeur du jour mystique qui préviens les égarements de la route, toi qui illustres les disciples de la Trinité, et qui renverses le cruel tyran de son trône. Salut, toi qui montres le Christ Seigneur clément, qui nous délivres d’une foi barbare, qui nous retires de la fange des vices, qui supprimes 1 adoration du feu, qui nous délivres de la flamme de nos passions. Salut, conducteur des fidèles dans la chasteté. Salut, joie de toutes les générations. Salut, épouse virginale.

ii° Chargés du mandat divin, les mages retournèrent à Babylone , accomplissant ton oracle, te prêchant à tous, ô Christ, et délaissant Hérode comme un fourbe qui ne savait pas chanter : oAlleluia!

i2° Lorsque tu as fait briller sur l'Egypte la lumière de vérité, tu as chassé les ténèbres du mensonge ; car les idoles devant ta puissance s’écroulèrent et ceux qui venaient d’être arrachés à l’idolâtrie s’écrièrent : Salut, correction des hommes. Salut, chute des démons. Salut, toi qui as brisé la puissance de l’erreur, qui as divulgué la fraude des idoles. Salut, mer qui as submergé

CULTE

le stupide Phaaron. Salut, roche qui as rassasié les altérés. Salut, colonne de flammes qui as conduit ceux qui se trouvaient dans les ténèbres. Salut, abri du monde plus vaste que les nuées. Salut, nourriture qui remplaces la manne. Salut, maîtresse des saintes délices. Salut, terre promise de laquelle s’écoulent le miel et le lait. Salut, épouse virginale.

130 Lorsque Siméon devait quitter cette vie de déception, tu lui fus confié comme enfant, quoiqu'il connût que tu étais le Dieu parfait. Aussi, émerveillé de ton ineffable sagesse, il chantait : QÂlleluia !

140 Notre Créateur nous montre une nouvelle créature née d'un sein virginal et immaculé. Devant ce miracle louons et acclamons la Vierge. Salut, fleur d'incorruptibilité. Salut, couronne de continence. Salut, toi qui enfantes la résurrection, nous montrant le séjour des anges. Salut, plante féconde qui nourris les fidèles. Salut, arbre qui couvres des multitudes sous ton ombre. Salut, toi qui mis au jour la liberté des captifs, le guide des égarés. Salut, avocate du juste juge. Salut, pardon des nombreux péchés. Salut, vêtement des nus. Salut, amour qui dépasses tout amour. Salut, épouse virginale.

150 Devant le voyageur qui vient de naître, soyons voyageurs en ce monde et transportons nos pensées dans le ciel. Pour cela le Très- Haut apparut sur la terre sous les traits humbles d’un homme, voulant attirer dans les hauteurs ceux qui chantent : C Alléluia !

160 Le Seigneur est descendu des sommets dans cette vallée, où vint habiter le Verbe indescriptible. Divin abaissement, non changement de demeure, produit par l’enfantement de la Vierge qui entendait chanter: Salut, demeure du Dieu incompréhensible. Salut, porte du divin secret. Salut, accès des malheureux. Salut, avocate assurée des fidèles. Salut, véhicule sacré de Dieu au-dessus des chérubins, sa très-noble demeure

qui es supérieure aux séraphins. Salut, 6 toi qui as su réunir deux choses opposées, qui as joint la virginité à l’enfantement. Salut, toi qui as fait effacer notre faute, qui nous a ouvert le Paradis. Salut, clef du royaume du Christ. Salut, espoir des bons dans l’éternité. Salut, épouse virginale.

170 Tous les chœurs des anges s’étonnent, ô Christ, en voyant le sublime ouvrage de ton incarnation ; car ils voient Dieu inaccessible à tous converser avec l’homme, communiquer avec nous et entendant de toutes les lèvres: G Alléluia!

180 Nous voyons de savants rhéteurs muets comme des poissons en ta présence, ô mère de Dieu. Ils n'ont pas de paroles pour dire comment tu as pu rester Vierge et enfanter, mais nous qui avons pénétré le secret de Dieu, nous nous écrions : Salut, vase de la sagesse divine. Salut, sanctuaire de la Providence. Salut, toi qui confonds les sages sans sagesse, les savants sans science, qui flétris les fables païennes, qui déchires les arguties des Athéniens. Salut, toi qui remplis les filets des pêcheurs, qui lires les hommes de l’abîme de l'ignorance, qui enseignes la sagesse. Salut, nef de ceux qui veulent se sauver. Salut, porte des navigateurs de la vie. Salut, épouse virginale.

19" Désirant sauver le monde, le Créateur de toutes choses vint spontanément à lui, et lorsqu’il était pasteur, comme Dieu, pour nous il apparut sous la forme d’une brebis, et comme Dieu rapprochant les deux semblables il entend de toutes nos bouches : çAlleluia!

20° Tu es le rempart des vierges, ô sainte Vierge, et de tous ceux qui se réfugient près- de toi, car le Créateur du ciel et de la terre te forma ainsi pour habiter avec toi et apprit à tous à te saluer par ces paroles : Salut, statue de la virginité. Salut, porte du ciel. Salut, auteur de la réforme intellectuelle. Salut, dispensatrice de la bonté divine, toi qui as averti

POESIES. — (VIIIe SIÈCLE.)

ceux égarés par leur esprit, corrigé ceux entraînés par leur mauvaise nature, qui détruis la corruption de l’esprit, qui enfantes le semeur de la chasteté. Salut, lit du virginal mariage. Salut, union du Seigneur avec les hommes. Salut, sainte nourrice des vierges. Salut, épouse des âmes saintes. Salut, épouse virginale.

2i°. Toute hymne, malgré mes efforts, est surpassée par la multitude de tes miséricordes. Car si nous t’offrons, ô saint Roi, des psaumes et des chants innombrables comme les grains de sable de la mer, nous ne faisons rien de digne de tes bienfaits, nous qui crions : C Alléluia.

22° Nous voyons une Vierge sainte apprêtant une lampe pour ceux qui sont dans les ténèbres. En effet, allumant le feu immatériel, elle nous conduit tous à la connaissance de Dieu, elle éclaire notre esprit, elle est saluée par ces paroles : « Salut, rayon du soleil intellectuel. , Salut, étoile de la lumière qui n’as point de couchant. Salut, foudre qui illumines nos âmes . Salut, tonnerre qui épouvantes nos ennemis. Salut, toi qui produis une splendide illumination, qui répands un fleuve abondant, qui fournis une vivante image de la piscine, qui effaces les taches du péché. Salut, bassin où la conscience se purifie. Salut, coupe remplie de joie. Salut, parfum du suave parfum du Christ. Salut, banquet de la vie mystique. Salut, épouse virginale.

23° Voulant remettre les antiques dettes, le libérateur de tous se rendit vers les apostats de sa grâce et, déchirant l’acte de condamnation, il entendit de tous : oAlleluia!

240 En chantant le fils, nous te glorifions. 0 Vierge, comme un temple animé. Car Dieu,

lorsqu’il habitait en toi, lui qui tient tout dans sa main, a sanctifié, glorifié tous les hommes et leur a appris à s’écrier : Salut, tente de Dieu et du Verbe. Salut, sainte supérieure à tous les saints. Salut, arche dorée par le Saint-Esprit. Salut, trésor de vie incorruptible. Salut, précieux diadème des rois fidèles. Salut, gloire insigne des vénérables prêtres. Salut, tour immobile de la sainte Église. Salut, muraille inexpugnable de l’empire. Salut, toi dont la main élève nos trophées, par laquelle nos ennemis sont vaincus. Salut, guérison de mon corps. Salut, félicité éternelle de mon âme. Salut, épouse virginale.

2 50 O très-célèbre mère qui as enfanté le Verbe divin, le Saint des saints, accepte notre offrande, délivre-nous de toute calamité et de la future damnation, nous qui chantons vers toi :

( 2/llleluia ! &4men.

VIIIe SIECLE.

Nous donnons comme souvenir des poètes du vme siècle dévots à la sainte Vierge l’hymne suivante qui est anonyme 1 :

a O mère, ô sainte Eglise, tressaillez d’allégresse au fond de vos entrailles, vous qui avez à célébrer la fête sacrée de sainte Marie; applaudissez, astres du ciel, régions de la terre et flots de la mer.

« Magnifique en son enfantement, sa vie brille par de saintes actions, et un honneur éternel est sa couronne.

« Vierge, elle a enfanté et elle est restée vierge; elle a allaité Dieu lui-même du lait de ses mamelles, et, prosternée et toute tremblante, elle portait dans ses bras Celui qui porte tout.

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