De beat j. virgine
Gaude visceribus mater in intimis, Félix Ecclesia, quæ sacra replicas Sanctæ festa Mariæ ; Plaudant astra, solum, mare.
[ Cujus magnifica est generatio,
Cujus vita daruit actibus,
Cujus finis honorem Summum fine tenet sine ;
Quæ virgopeperit, virgo que permanet, Lactabit propriis uberibus Deum,
i Portantemque gerebat
Ulnis prona trementibus.
; Félix multiplici laude puerpera, Regis porta sui clausa perenniter, Mundi Stella fluentis Floris virgula regia.
CH. XV
CULTE
« O mère, dont 1 heureux enfantement est célébré par tant de cantiques, porte royale éternellement close, étoile du monde passager, royale tige d’une royale fleur,
« Nous vous supplions maintenant humblement, sainte mère de Dieu, fiancée du Roi éternel, de nous protéger en tout temps et en tous lieux par votre grâce bienfaisante.
« Obtenez-nous, bienheureuse Vierge , par vos saintes prières, le doux bienfait d’une longue paix, obtenez-nous encore la jouissance éternelle du bienheureux royaume.
« Accordez-nous cette grâce, Père tout-puissant, et vous, Fils unique du Père. Et vous, Saint-Esprit, qui procédez de tous deux, Dieu unique qui régnez seul de toute éternité dans les siècles des siècles.
Voici maintenant un passage d’un autre poème composé par Théodulphe, évêque d’Orléans :
« L’ancienne vierge nous apporte la mort, la nouvelle vierge le salut; la première en persuadant son époux, la nouvelle en enfantant Dieu.
La première vierge donna la mort à son époux et la nouvelle annonce aux pieux disciples la vue du Christ. La nourriture a donné la mort, une autre nourriture fournit la vie. Voilà ce que donnait Eve coupable, voici ce que vous nous donnez maintenant, ô Christ tout-puissant ! h 1
Saint Jean de Damas. (676-754.) — Nous empruntons à l’hymnographie de l'Église grecque du cardinal Pitra cette page intéressante, qui
prouve que la sainte Vierge était la véritable patronne de ces poètes du vme siècle : # Un savant moine d’Italie, Cosmas, tombé entre les mains des Sarrasins, est racheté de la captivité par un riche chrétien qui lui confie l’éducation de deux enfants, Jean son fils, et
Cosmas orphelin adopté . Persécuté par les
iconoclastes, Jean de Damas se retira avec les stigmates du martyre dans la Laure de Saint- Sabas. Il y forma avec Cosmas, son frère adoptif, une florissante école de mélodes. Soit pour lui frayer la route, soit pour le seconder, il put avoir, outre saint Sophrone, Hélie et Oreste, patriarches de Jérusalem, ses neveux Étienne et Jean, plusieurs sabaïtes, Étienne et Grégoire, Aristobule, Ephrem, etc. Enfin, nous le dirons volontiers, cette école eut une patronne dans la reine des anges. L’œuvre propre de saint Jean de Damas fut d’imprimer aux formules nouvelles le cachet de son génie profondément dogmatique , précis, scolastique, auquel il doit d'être appelé le Thomas d’Aquin de l’Orient. Ce chef-d’œuvre d’exposition théologique, qu’on admire dans le Lauda Sion, se retrouve avec la même élégante précision dans les hymnes de celui qui a donné aux Grecs la somme de Fide orthodoxa. Ce que le Verbe a dit du Docteur angélique, la mère du Verbe incarné a pu le dire de Jean de Damas : «Tu as bien parlé de moi. » Et comme l’hérésie aboutissait toujours à se heurter contre le dogme de l’incarnation, c’est ce dogme qu’il s’attacha à mettre en relief dans le cycle liturgique de Bethléem au Calvaire et au mont de l’Ascension. Et pour parler tout à
Te nunc suppliciter, sanctaTlieotocos, Regis perpetui sponsaque poscimus, Ut nos semper, u bique Miti munere protegas;
Sanctis obtineas virgo precatibus Pacis præsidium dulce diutinæ Nobis atque beati Regni doua perennia.
Præsta, summe Pater, Patris etunice, Amborumque simul spiritus annue, Qui régnas Deus unus
Omni tempore sæculi.
(F. Clément, 398-456.)
Ce poëme est composé en vers asclépiades de douze syllabes, en Phérécratiens de sept syllabes et en vers gyconiques.