Stabat mater dolorosa
Juxta crucem lacrymosa,
Dam pendebat Filius.
Cujus animam gementem, Contristatam et dolentem Pertransivit gladius.
O quam tristis et afflicta Fuit ilia benedicta,
Mater unigeniti !
Quæ mœrebat et dolebat Et tremebat, quum videbat Nati pcenas inclyti.
Quis est homo qui non fleret, Matrem Christi si videret In tanto supplicio?
Quis posset non contristari, Christi matrem contemplari Dolentem cum filio?
Pro peccatis suæ gentis,
Yidit Jesum in tormentis,
Et flagellis subditum.
Vidit suum dulcem natum Morientem, desolatum,
Dùm emisit spiritum.
Eia mater, fons amoris,
Me sentire vim doloris Fac ut tecum lugeam.
Fac ut ardeat cor meum In amando Christum Deum Ut sibi complaceam.
Sancta mater istud agas, Crucifixi fige plagas Cordi meo valide.
Tui nati vulnerati Tarn dignati pro me pati, Pœnas mecum divide.
Fac me tecum verè flere, Crucifixo condolere Donec ego vixero.
Juxtà crucem tecum stare,
Te libenter sociare In planctu desidero.
Virgo virginum præclara,
Mihi tam non sis amara,
Fac me tecum plangere ;
Fac ut portera Christi mortem Passionis fac consortem,
Et plagas recolere.
CH. XVI. — CULTE
je participe à sa passion, que je me souvienne de ses plaies.
j Faites que, blessé de ses blessures, je sois enivré de la croix et du sang de votre bis.
a Pour que je ne sois pas brûlé par les flammes , ô Vierge, défendez-moi au jour du jugement.
a Faites que la croix me garde, que la mort du Christ me défende, que sa grâce me réchauffe.
a Et quand mon corps mourra, faites que mon âme obtienne la gloire du Paradis. Ainsi soit-il. »
On trouve dans les anciens Missels une prose pour l’immaculée Conception. Quoiqu’on ne puisse lui assigner d’époque précise, nous ne serions pas surpris qu’elle appartînt au xne siècle ; elle porte le cachet du moyen âge, principalement dans une strophe qui est curieuse par un jeu de mot assez fréquent dans ce temps-là1 :
a Le Vce (malheur) fut triste dans le nom d’Ève, mais d’Éva, par une heureuse transposition se forme C 4ve (je vous salue). Vierge-mère, qui entendîtes dans votre demeure cette parole si suave et si bonne, accordez-nous la faveur de jouir de votre protection. »
On ignore aussi la date de la prose Inviolata; nous la rapportons sous cette réserve.
Fac me plagis vulnerari,
Fac me cruce inebriari,
Ob amorem Filii.
Inflammatus et accensus Per te, Virgo, sim defensus In die judicii.
Fac me cruce custodiri,
Morte Christi præmuniri,
Confoveri gratia.
Quando corpus morietur,
Fac ut animæ donetur Paradisi gloriam. Amen.
i . Tristis fuit in Eva væ, !
Sed ex Eva format ave, i
Versa vice, sed non prave j
* Vous êtes pure et chaste, 6 vierge Marie, vous êtes l’éclatante porte du ciel. Mère chérie de Jésus-Christ, recevez nos pieuses louanges, afin que nos âmes et nos corps restent purs. Nos chants et toute la dévotion de nos cœurs vous le demandent ; par vos prières si douces, obteneznous votre grâce pour 1 éternité, ô vous, pleine de bonté, ô reine, ô Marie, qui seule êtes demeurée sans tache1! »
Voici une hymne chantée à prime et à complies dans l’office de la sainte Vierge.
« Souviens-toi, auteur de notre salut, qu’autrefois tu as pris la forme de notre corps en naissant d'une vierge sans tache. Marie, mère de grâce, mère de miséricorde, protége-nous contre l’ennemi et reçois-nous à l’heure de la mort2. j
Nous transcrivons la poétique antienne de VoAve Regina angelorum :
a Salut, Reine des cieux, salut souveraine des anges, salut, la racine, salut, la porte d’où est sortie la lumière du monde. Réjouissez -vous,
Intusferens in conclave Nobis, Mater, virgo fave Tua frui gratia.
(Pascal, Migne, p. 41 1.)