‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 438 sur 458 · DEUXIEME SERMON · texte numérisé non relu

DEUXIEME SERMON

Première image. Paris, f° 30. § 1-4. — Titre en or : Discours du moine Jacques , extrait des écrivains sacrés sur la naissance de la très-sainte Mère de Dieu.

1. Le cardinal Pitra ajoute au sujet du Vatican : i° Jacob en costume de voyage fait son adieu à Laban couché; Rachel, image de la sainte Vierge, est assise; 20 Jacob passe le Jourdain et se déchausse; 30 il voit l’échelle en dormant.

HOMELIES DU MOINE JACQUES

Le nielle sur fond d’or qui accompagne ce titre est fort peu de chose; quelle différence avec les grands et admirables dessins joints à ces divers titres dans le manuscrit du Vatican !

« ... Un festin magnifique et joyeux nous convoque tous à y prendre part. Les générations se succédaient, les prophéties se répandaient, les patriarches et tous les justes étaient dans l’espérance. Abraham avait passé, et après lui ses petits-fils soupiraient après l’avénement de l’avenir, dont ils étaient instruits. Moïse, pénétrant les figures lumineuses du mystère et considérant les marques de la vérité, pensait que les faits prédits devaient s’accomplir dans son temps. L’espérance était dans le désert, l’attente chez les juges, chefs du peuple. Samuel recevait des réponses; David ne cessait de crier que le jour était proche ; les prophètes annonçaient en chœur que le Christ était à la porte : tous cependant passaient sans voir leurs espérances réalisées. C’est que le temps n’était pas venu, non plus que ceux qui en étaient dignes.

« Considérez, vous tous qui m’écoutez, quel grand miracle s’est opéré : par sa seule bonté, Dieu le créateur, nous avait tirés du néant; nous avions reçu l’ordre d’habiter ce paradis, mais nous avions décliné notre mandat en cédant à un funeste conseil; volontairement nous avions attiré la mort sur nos têtes, et cependant ce fut le Créateur qui nous délivra en prenant le temps favorable. »

§ 3. — « La loi mesurait la piété au nombre des enfants : la fécondité était une preuve de bénédiction. Par suite, les serviteurs de la loi, d’après une coutume ancienne et légale regardaient le stérilité comme cause suffisante pour faire refuser des présents, offerts même par des justes. Ainsi outragés et repoussés des autels, ils se réfugièrent auprès de Dieu, et regardèrent en arrière Abraham et Sarah et Anne, épouse d’Elcana, que la prière délivra d’une maladie semblable à la leur.

« Joachim et Anne commencèrent ainsi leur prière: Seigneur, vous avez promis au patriarche que sa postérité serait plus nombreuse que les

sables de la mer; qu’elle sortirait d’un seul rejeton. C’est à un seul et non à plusieurs que vous avez donné la terre en héritage : vous avez détruit la stérilité de Sarah. Nous ne rions pas comme elle, mais comme Anne nous vous supplions. Notre prière est bien faible, mais nous avons confiance dans son succès : vous avez béni Jacob et changé son nom en l’appelant Israël, multiplié les miracles en faveur de ses descendants, et fait jaillir l’eau du rocher le plus dur. Anne était stérile, vous l’avez rendue mère d’une nombreuse famille. Pour nous, ô Seigneur, cette stérilité est une source d’outrages non-seulement de la part d’une femme de notre nation, mais de celle de la tribu entière. »

2“ image. Paris, f° 38, § 5. Vat., f° 29, v°. (PI. LXXII). — Titreenor : Enfantement d’ oAnne et assemblée des chefs des tribus d’ Israël.

L’image, d’une conservation parfaite, représente la Nativité de la sainte Vierge, sainte Anne nimbée et couchée. Douze hommes entourent son lit. Dans le fond, deux femmes lavent la petite Marie. Saint Joachim se tient en tête du lit.

« Aussitôt que la jeune fille eut vu le jour, Anne convoqua les tribus : Venez, dit-elle, réjouissez-vous de mon enfantement. Venez, et voyez mon lait inespéré. Contemplez cette branche sortie de mes flancs stériles; accourez tous avec joie et précédez-moi au temple ; parez les autels, illuminez notre marche ; chantez un épithalame; et conduisez au temple la jeune fille comme une épouse pure. Rendez des actions de grâces de ce que le Seigneur a fait disparaître l’opprobre de ma maison, de ce que mes espérances n’ont pas été vaines. Entrez avec cette jeune fille etoffronsla ensemble au Seigneur.

« Mais Anne retardait son offrande, car elle ne voulait pas que la Vierge fût sitôt privée des soins de ses parents, et elle attendait un âge plus convenable. Aussi on l’offrit à l’âge de trois ans. »

f image. Paris, f° 41, § 6. Vat., f° 30, v°. — Titre en or : Descente des âmes en enfer.

CH. XVII. — CULTE

Image : Deux lignes, en haut à gauche deux anges en volant apportent deux âmes sous la figure de deux enfants nus (Adam et Eve dans l’attitude de la douleur; à leurs pieds des justes 1 lèvent les bras vers ces deux enfants). En bas, deux anges avec leurs lances chassent des damnés en enfer. A Paris, les figures de l’enfer semblent avoir été effacées. A Rome, le fond est noir.

« Savez-vous quelque chose au sujet du Rédempteur? Comme la mort avait régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même en ceux qui ne péchèrent pas, tous ceux qui étaient assis dans les ténèbres de la mort tournaient leurs regards vers celui de qui ils espéraient la liberté, et ils demandaient à ceux qui vinrent plus tard : Avezentendu parler du Rédempteur? de ce soleil de justice qui doit illuminer les enfers? n’y a-t-il encore dans le monde aucun indice de son incarnation? n’apparaît-elle pas cette nuée lumineuse, qui en versant une éternelle rosée doit éteindre les feux de notre tristesse? n’est-elle pas encore placée cette échelle par laquelle le Roi des vertus célestes doit descendre dans ces humbles demeures? que savez-vous de la porte par laquelle nul ne passera, excepté le Tout-Puissant? »

4e image. Paris, f° 47, §9. Rome, f° 35, r°. — Titre en or : Expulsion de nos premiers parents hors du paradis.

Image : Sur fond d’or un jardin. Adam seul. Adam et Eve. Un ange leur reproche leur faute. Les quatre fleuves du paradis sortent d’une corne d’abondance portée par un homme nu. L’ange chasse Adam et Eve du paradis2.

« Oh ! quelle vie heureuse j’ai échangée pour la misère ! Telles sont les lamentations que pousse Adam avec d’autant plus de force qu’il sent être la cause principale des douleurs de tous : O

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