‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 52 sur 458 · Id.} p · texte numérisé non relu

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monde entier et l'on recueillit à grand’peine mille vers réputés sibyllins.

Cette démarche solennelle du Sénat et l'inquisition faite par les délégués éveillèrent tous les esprits, et bientôt les oracles des sibylles devinrent aussi communs qu’ils étaient rares auparavant.

Ils n’avaient cependant pas perdu faveur et les ambitieux et le Sénat s’en servirent selon leurs désirs. Un oracle sibyllin était toujours tout prêt, témoin cet oracle : La nature enfante un roi aux Romains , qui fut le prétexte dont se servit le Sénat pour ordonner d’ôter la vie à tous les enfants nés ou à naître dans cette année. Mais comme beaucoup de sénateurs et de chevaliers étaient intéressés dans la question, ils firent en sorte que le décret ne fût pas porté à Ycerarium et il n’obtint pas ainsi d’exécution.

La deuxième sibylle était adorée comme déesse à Tivoli. Ses prophéties furent apportées au Capitole par le Sénat. Elle parla à l’empereur Auguste et lui montra dans les airs un signe d’une grande splendeur; on y distinguait une vierge allaitant un enfant, qu’elle avait étendu sur les bras. Elle lui dit que c’était la mère de Dieu et que ce fils de la Vierge était homme comme nous, devait sauver le monde et que le terme de sa naissance était proche. Alors l’empereur, frappé de cette vision, adora, par le conseil de la sibylle, ce Dieu nouveau-né, et commanda qu’au lieu même de 1 apparition on lui élevât un autel, auquel on donna le nom d’autel du ciel : cAra cœli. Cet autel se voyait dans l’église de Rome appelée Santa Maria d’ara cœli. Ce fait est mentionné par le pape Innocent II, l’historien Timothée et Antoine Benter 1.

Les livres sibyllins furent encore consultés sous les règnes de Maxime Julien, jusqu’à Honorius qui, en 406, fit cesser ces scandales, en faisant jeter au feu ces trop fameux livres.

Les auteurs varient sur le nombre des sibylles; il diffère de deux à dix, selon saint Jé-

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