Trombelli, I
IO
chose admirable chez les mortels, mais toute simple pour Dieu le père et pour son fils. A sa naissance, la terre se réjouit. »
Le guide de la peinture rapporté du mont Athos par M. Didron et traduit par M. Paul Durand ne mentionne qu’une seule sibylle à laquelle il ne donne même pas de nom, mais qu'il fait parler par trois textes différents, au choix du peintre.
i° Il viendra du ciel un roi éternel qui jugera toute chair et tout l’univers.
2° D'une vierge épouse sans tache doit venir le fils unique de Dieu.
3° Éternel, inabordable, unique Verbe de Dieu, il fait frémir les deux et les intelligences humaines1.
Constantin, en faisant l’ouverture du; concile de Nicée, prononce un discours où il paraît avoir foi dans les oracles sibyllins; mais le grand empereur était loin d’être théologien, son discours fourmille d'erreurs de toute nature et le concile n'avait pas besoin de les réfuter, ce qui d’ailleurs eût pu être dangereux. Il est le premier qui ait parlé du célèbre acrostiche composé de trente-quatre vers formés sur les initiales du Christ.
Le Dies irœ } qui en est une imitation, souvent une traduction plus heureuse et plus poétique que le modèle, en donne un sens à peu près complet. L’acrostiche fut conservé dans la litur—
i. Mer Barbier de Montault a fait pour l’iconographie des sibylles le travail le plus complet et le plus intéressant qui ait encore paru, et auquel nous nous sommes permis de faire quelques emprunts. Il nous a appris malheureusement que nous n’y trouverions rien d’applicable pour notre cadre iconographique, où nous n’admettons que des images du XIIe siècle et des siècles antérieurs. Ce n’est qu’au XVe siècle qu’on a commencé à représenter les sibylles.
(Voir Revue de l’Art chrétien. — Msr Barbier de Montault, Iconographie des Sibylles } XIIIe vol., p. 244, 321, 463, 578, le reste en 1870.) Voici les représentations qu’on en possède à Rome: Sainte-Marie-Majeure, au XIIIe siècle. — Bréviaire de Mathias Corvin, 1492; Chambres Borgia, Saint-Onuphre, Saint-Pierre in Montorio, Santa- Maria-Sopra-Minerva, Chapelle Sixtine, Sainte-Marie delà Paix, Oratoire du Très-Saint-Crucifix, église de Saint-Marcel, Musée chrétien du Vatican, Saint-Jean-des-Florentins,
gie de beaucoup d’Églises; jusqu’aux xme et xive siècles et même postérieurement; lorsqu’enfin on songea à le remplacer par une hymne plus harmonieuse; le cardinal Malabrana( 1278), auteur de la nouvelle séquence, y inséra dès le commencement un teste David cum sibylla qui, ayant fort déplu depuis à la critique, a été, pour cette raison, retranché dans plusieurs diocèses ; mais qui du moins était un souvenir historique de la créance aux sibylles.
Le père Passevin semble favorable aux sibylles ; mais quand il vient à considérer leurs livres en eux-mêmes, il avoue que c’est une rapsodie pleine de puérilités, d’erreurs et de fautes, presqu’en tout postérieure au Ier siècle de l’ère chrétienne.
Le vie siècle de l'ère chrétienne est la date la plus probable pour la collection des livres sibyllins, qui contiennent une foule d’anachronismes, des contradictions, d’erreurs d'étymologie où se confondent l’hébreu et le grec.
D’après l'examen intrinsèque de chaque livre, on devrait placer la première partie du premier livre avant le ive siècle et la deuxième partie dans les trente premières années du 11e siècle, ou à la fin du premier.
Les cinq premiers livres semblent tous appartenir à un orateur juif, le sixième se compose de vingt-huit vers; c’est une poésie suave et douce, poésie chrétienne qui rappelle, en mettant
Saint-Jean décollé, — Oratoire du Gonfalon, — Trinité du Mont Saint-Esprit in Sassia, Saint-Marcel, Sainte-Pudentienne, Bibliothèque du Vatican, Saint-Joseph-des-Charpentiers, Chapelle Aldobrandini à Santa- Maria- Sopra- Minerva , Sainte-Marie-des-Anges, Sainte-Marie-de-la- Consolation, Saint-Eloi-des-Orfévres, Quirinal, Chapelle Borghèse à Sainte-Marie-Majeure, Sainte-Praxède, Musée du Capitole, Chapelle du Rosaire, Saint-François a Ripa, Santa-Maria-Transpontina, galerie Doria, Saint-Pierre au Vatican, villa Borghèse.
On les a encore figurées à Sienne, Florence, Tivoli, Bologne, Milan, Padoue, Pavie, Venise, l’Allemagne, la Grèce et l’Italie. (Barbier de Montault, Revue de l’Art chrétien, ch. XIII, p. 344.)
Un manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris (sous le n° 920 du XVe siècle; les Heures d'Anne de France, fille de Louis XI) représente un des plus complets exemplaires des douze sibylles peintes sur parchemin.