‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 68 sur 458 · CH. I. — PARENTS DE · texte numérisé non relu

CH. I. — PARENTS DE

Vatican (Pl. I, frontispice). — Le manuscrit n° 39 du fonds latin nous offre, pour la conservation des couleurs et la correction relative du dessin, un monument gracieux du travail des enlumineurs latins du xne siècle. Ce petit volume, de om,2osur om,i4, renferme 172 feuillets écrits sur deux colonnes; il présente tout le Nouveau Testament, savoir: les Évangiles, les Actes et l’Apocalypse. On voit, au commencement de l’Évangile saint Mathieu, une miniature représentant l’arbre deJessé. Le patriarche est couché dans un lit; de son côté sort un arbre sur lequel est placé David avec sa couronne d’or; au-dessus, la sainte Vierge, assise, pose les pieds sur cette couronne, comme tout en haut Notre-Seigneur sur le nimbe de la sainte Vierge. Du même tronc s’élancent à droite et à gauche des branches qui forment de chaque côté quatre cercles dans leurs enroulements. On voit d’abord en bas, à droite, Aaron, puis Jérémie, Ézéchiel et Isaïe. A gauche, s’élèvent Moïse, Habacuc, Abdias et Daniel. Audessous de Jessé on lit: radix iese.

(Pl. IL) — M. Steinhel, qui nous a si libéralement ouvert ses cartons, nous a communiqué le calque d’un manuscrit du xie ou xne siècle qui nous offre un type fort curieux du sujet que nous étudions. Jessé, étendu sur un lit, sert de souche au tronc qui se dresse au-dessus de lui et porte dans ses rameaux le roi David, Marie et le Sauveur. La sainte Vierge a les bras étendus et saisit les deux branches de l’arbre. Autour de Notre- Seigneur, sept colombes semblent lui murmurer leurs louanges.

Strasbourg (Pl. II). — Nous devons encore àM. Steinhel le calque du manuscrit d'Herrade de Landsberg, que les bombes prussiennes ont incendié en 1870, et dont il nous a permis de prendre copie. L’image est très-simple : elle se compose de la sainte Vierge assise sur un double enroulement, levant les mains sur la poitrine en manière d’orante, pendant qu’un jet de sève surnaturelle fait surgir au-dessus d’elle une nouvelle branche et les corolles d’une fleur qui laisse, en s’entr’ouvrant, apparaître le Sauveur. Une

colombe auréolée et nimbée descend sur lui.

Chapelle du Liget (Indre-et-Loire)1 (Pl. II). Nous devons rapprocher du manuscrit d’Herrat la jolie Madone qu’on voit dans la chapelle du Liget2 et qui nous offre des caractères analogues. La sainte Vierge est debout, mais ses mains ont la même attitude, et, entre les rinceaux qui surgissent derrière son nimbe, on aperçoit le Sauveur qui semble sortir du front de sa mère. — Au-dessus de lui apparaît l’azur du ciel dans un arc qui le circonscrit. — A la gauche de Marie, Jessé, assis sur un trône, lui tend un rameau fleuri; son nom, ainsi que celui de la sainte Vierge, sont inscrits près d’eux.

Vitraux. — Les artistes du xne siècle semblent avoir spécialement affectionné ce sujet pour la décoration des verrières. Un vitrail de ce temps, audessus de l’entrée de la cathédrale de Chartres, représente un arbre de Jessé qui est un des plus beaux exemples de l’art de la verrerie. On y voit Jessé couché sur un lit au pied duquel brûle une lampe.

Il existe également un très-beau vitrail du temps de l’abbé Suger, représentant l’arbre généalogique dans la chapelle de la Sainte-Vierge de l’église abbatiale de Saint-Denys3. Nous pourrions citer non-seulement de nombreux exemples du xme siècle, tels que Reims, Amiens, Bourges, la Sainte-Chapelle, mais encore un vitrail du xne au Mans, dans la chapelle du Christ4.

Bjeresjô. — Cette ville de Suède possède de cette époque, dans le chœur de son église, une curieuse peinture qui étale sur le sommet de la voûte les rameaux de Jessé ; on en trouvera la description dans le second volume.

Le British Muséum (La-nsdowne, 383) conserve un arbre de Jessé digne de remarque dans un de ses manuscrits.

Les exemples d’arbres de Jessé, dit M. l’abbe

1 . Cette fresque a été copiée avec un grand soin par M. Savinien Petit.

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