‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 71 sur 458 · D. Pitra Spicileg. So!em., t. lit, p · texte numérisé non relu

D. Pitra Spicileg. So!em., t. lit, p

8. Sanctissimam, incontaminatam, super omnes benedictam, internera tam, numquam maledictam, totam pulchram, totam sine macula, ab omni contagione liberam, ab omni labe peccati integram.

9. Le Hir, saint Ephrem et la poésie syriaque au IVe siècle, Études bibliques } t. II, p. 413.

dit M. Le Hir, qu’il professe le respect le plus profond et la dévotion la plus tendre. Il n’hésite point à reconnaître qu’elle n’a jamais été souillée de la moindre faute; il ose la comparer à son divin fils par cet endroit, et ses termes sont si forts qu’ils excluent nécessairement même la tache originelle: « Vous et votre Mère vous êtes les seuls qui soyez purs absolument et en tous points. Car en vous, Seigneur, il n’y a point de souillure, ni aucune tache en votre Mère. (Hymne 27, str. 8.) » On peut voir dans M. Bickell (Intr., p. 28 et suiv.) une série d’autres textes analogues qui montrent combien cette croyance à l’innocence parfaite de Marie a été chèrement gardée et hautement professée, de tous temps, par les églises du rit syriaque1.

Ve SIÈCLE.

Saint Augustin : Elle montre qu’elle est entièrement exclue de la colère du premier jugement et qu’en elle est rétablie la grâce pleine de bénédiction 2.

Saint Pierre Chrysologue : Quand elle fut promise au sein de sainte Anne tout devait être sauvé dans la Vierge qui enfanta le Sauveur de tous 3.

Saint Cyrille rapporte que dès le ve siècle la fête de l’Immaculée-Conception fut célébrée en Grèce.

Rasponi dit avoir retrouvé dans l’oratoire de saint Jean évangéliste (Baptistère de Saint-Jean de Latran) un autel qui était dédié à Marie immaculée, comme l’indiquent les quatre inscriptions qu’on y lisait :

Dans le haut : « J’embrassais seule le cercle

1. M. Bickell, un Anglais, a publié, avec traduction latine, quelques hymnes de saint Ephrem d’après un manuscrit du VIe siècle qui contient, outre ces hymnes, d’autres pièces du Ve siècle, le tout rapporté du couvent de Sancta Maria. I) apura, en Egypte, et conservé au musée britannique de Londres.

2. Quibus ostendit ex integro iram, primæ sententiæ exclusain et p'enam benedictionis gratiam restitutam.

3. Pignoratam fuisse in utero Annæ cum fieret, mérité ergo virgini salva sunt omnia quæ omnium genuit Salva-

torem.

FÊTE ET TEMOIGNAGES

du ciel et je pénétrais dans la profondeur de l’abîme, et je tenais le sceptre sur tout peuple et toute nation. »

A droite : « Célébrons la Conception immaculée de la vierge Marie. »

A gauche : « Adorons son fils le Seigneur Christ. #

Entin dans le bas : « C’est la Vierge dans laquelle n’apparut ni le nœud ni l’écorce d’une faute vénielle. »

Les caractères de l’inscription lui ont paru antiques *.

VIe SIECLE.

Au vie siècle, le septième concile général s’exprime ainsi : Si quelqu’un ne confesse pas que la sainte et toujours vierge Marie, particulièrement et vraiment la mère de Dieu, est plus élevée que toute créature visible et invisible, qu’il soit anathème2.

Agnellus, dans la Vie de saint Ecclésius (+ 541), s’exprime ainsi : Ce pontife érigea pour la sainte et toujours immaculée vierge Marie l’église que vous voyez d’une merveilleuse grandeur et la voûte de la tribune. — La voûte contenait une image de la mère de Dieu, tel qu’aucun œil humain n’en vit jamais de comparable, et on lisait cette inscription sous ses pieds :

« Elle brille la demeure de cette Vierge qui enleva le Christ aux étoiles. — Un ange vient du ciel annoncer la nouvelle. — O mystère ! — Mère du Verbe et Vierge à jamais, elle enfante le Seigneur, son créateur. Les mages, les boiteux, les aveugles, la mort comme la vie, en confessent la vérité. Ces toits sacrés sont dédiés à Dieu par Ecclésius3. »

1. Nous laissons à cet auteur la responsabilité de son assertion.

2. Si quis non confitetur sanctam semperque Virginem Mariam proprie ac vere Dei genitricem sublimiorem esse omni visibili et invisibili, creatura, anathema sit.

3. Hic pontifex ædificavit Ecclesiam sanctæ et semper Virginis intemeratœ Mariæ quam cernitis, mira magnitudine et cameram tribunalis; in caméra effigies sanctæ Dei Genitricis, cui similem nunquam potuit humanus oculus

Voici une poésie anonyme sur l’immaculée Conception que rapporte le C1 Pitra dans son beau recueil d’hymnes grecques.

« i° Celle qui était jadis stérile, aujourd’hui entourée de joie par les oracles divins, conçoit avec l’honneur de la virginité; l’univers entier à cette nouvelle exalte sa joie dans des chœurs ; celle-ci en effet est la ferme espérance de ceux qui sont sauvés, elle de qui doit naître le Seigneur qui nous rachète tous de la corruption. »

« 20 Elle est comme un tabernacle qui porte la lumière, la joie de la virginité, comme une lampe éblouissante, pierre précieuse et rare par sa pureté, une cassette vivante, un lit divin ; la vénérable Marie, la plus sublime de toutes les créatures, est prédestinée et préélue par Dieu. Un auguste oracle, une voix angélique, t’annonce la divine conception de la Mère de Dieu de laquelle naîtra le Seigneur de toutes choses qui nous délivre tous des souillures de la mort. »

« 30 Suppliant Dieu par des jeûnes persévérants, par des prières continuelles, Anne, que la faveur de Dieu rend heureuse, tu te réjouis tout à coup avec ton époux, et tu entends l'ange t’adresser ces étonnantes paroles : « Dieu a exaucé tes prières et tu enfanteras une fille immaculée avant son berceau, choisie et élue dans ton habitation sacrée par celui qui doit naître d’elle, le Seigneur universel qui devra tous nous délivrer de la mort, »

« 40 Joyeux maintenant et plein d’allégresse se leva le jour de la fête des fêtes; aujourd’hui la conception de la mère de Dieu elle-même a brillé sur le monde. — Aujourd’hui les cieux se réjouissent, la terre tressaille d'allégresse, et tout le genre humain célèbre avec une douce joie son

conspicere; ita versus metricos sub suis pedibus videlicet :

Virginis aula micat, Christum quæ ccepit ab astris Nuncius e cœlis angélus, ante fuit,

Mysterium ! Verbi genitrix, et Virgo perennis Autorisque sui facta Parens Domini.

Vera Magi, claudi, cceci, mors, vita fatentur Culmina sacra Deo dedicat Ecclésius.

(Agnellus, Part. II, in vit. S. Ecclesii.)

CH. I. — IMMACULEE CONCEPTION

panégyrique. — Voici le rempart de l’humanité qui hâte son enfantement, voici qu’il rompt les liens de stérilité de ses parents Celui qui nous rachète tous de la corruption de la mort. » Nous tirons du même recueil un chant bien remarquable comme preuve de l’immaculée Conception. — Il est du mélode Georges :

« O pure mère de Dieu, ton prodige dépasse toute la force de mon discours; je sais que ton corps a été exempt de l'influence du péché, — aussi rendant grâce je m’écrie : « Tu es vraiment supérieure à tous, ô Vierge très-pure 1 ! » Sous ce titre : Srfyoi tou ayiou rpvi yopiou tou ©eoXo’you, slç ty)v urtepocyfav ©îotoV.ov, le Cardinal découvrit parmi les manuscrits de Moscou une poésie dont il rapporte la traduction suivante :

Tu vis Immaculée! Eh! pourquoi s’étonner

De tou silence? Il sied aux vierges de se taire.

Mais tu vis, et j’entends ton verbe résonner;

Si l’art muet ne peut expliquer ce mystère,

C’est qu’en ton sein Tu portes le Verbe divin.

Sur la pierre un gazon; sur le gazon l’épi;

Voilà le pain vivant et la vierge est la terre.

De la source un ruisseau jaillit. Vois, viens, ami,

Puiser à ce torrent : la grâce désaltère,

Viens étancher

Ta soif aux sources du rocher.

De mortelles couleurs si les anges sont peints,

Pourquoi n’aurions-nous pas tes images mortelles?

Des messagers divins si tu n’as pas les ailes,

Ton éclat fait pâlir l’or pur des séraphins ;

Rien de créé

L’égale : il est immaculé.

VIIe SIÈCLE.

La fête fut instituée en Espagne dès le VIIe siècle, par saint Ildephonse, archevêque de Tolède (607 + 667) qui disait : La chair de la Vierge, tirée de celle d’Adam, n'en éprouve pas

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