Our lady’s Dowry, p
4. Conceptionem B. Virginis.... in eappis festive celebrari [Vitu abb., p. 62, ed. Wats.)
CH. I. — I M MACULEE CONCEPTION.
Lorsque saint Bernard s’opposa à cette célébration dans l’église de Lyon, et que son opinion prévalut dans les couvents cisterciens, une grande indignation s’éleva chez les bénédictins. Parmi les plus ardents défenseurs de la fête se fit remarquer Nicolas, prieur de Saint-Alban en Hertfordshire ou de Wallingford. Son traité ou lettre écrite à ce sujet est perdu , mais nous conservons une partie de la correspondance qui s’établit entre lui et Pierre, abbé de Saint-Remi, depuis évêque de Chartres, communément appelé Pierre de Celles.
Celui-ci, après avoir reproché à son contradicteur la légèreté des Anglais, qui tient sans doute à leur climat, proteste de son dévouement et de son ardent amour pour la sainte Vierge ; il dit ensuite que l’objection pour lui réside dans la nouveauté. Il ajoute que, sur une pareille question, il faut attendre la décision de Rome. « Si le soleil, dit-il, qui est le pape; la lune, qui est l’Église romaine, marchaient ici devant nous, nous suivrions leur lumière , sans crainte de glisser ni de tomber. »
Le vieil abbé aurait, on le voit, applaudi avec joie aux décrets de Pie IX; il conclut en défendant saint Bernard, ses éclatantes vertus et sa dévotion pour la sainte Vierge, à laquelle il avait consacré toutes ses abbayes. « Oui, s’écrie-t-il, si vous voulez blesser Notre-Dame à la prunelle de son œil, écrivez contre saint Bernard ! «
Nicolas lui répond avec une extrême vivacité.
11 ne met pas en doute les admirables vertus de saint Bernard, mais il rapporte qu’un certain frère lai de Clairvaux eut un songe pendant son sommeil : il vit saint Bernard couvert de vêtements plus blancs que la neige, et cependant montrant une tache sur la poitrine; comme le frère s’en étonnait, il lui répondit que c’était en expiation de ses opinions contraires à l’immaculée Conception.
La correspondance continue ensuite sur des matières plus abstraites, plus théologiques *.
Le vénérable Hildebert de Lavardin, né en
i. Our ludy’s Dowry } p. 31.
1055, dans la paroisse de ce nom, glorifie nonseulement Marie dans sa maternité divine et son assomption (nec tamen mortis nexibus deprimi potuit ), mais en outre il recommande de fléchir le genou à son nom. Enfin il proclame hautement le dogme de l’Immaculée-Conception.
Pierre de Blois1, qui fut archidiacre de Bath, puis de Londres, et qui mourut vers 1200, s’exprimait ainsi : « La chair de Marie, quoique émanant d’une source corrompue, fut exempte de souillure et sanctifiée ; et, quoiqu’elle eût reçu dès sa conception la plénitude de la grâce , le Saint-Esprit, en descendant en elle pour l’incarnation du Verbe, y versa la grâce céleste avec surabondance. »
Un abbé cistercien, saint Ælred, qui vivait au xne siècle, rappelle la prophétie de Zacharie et glorifie la sainte Vierge, cette porte de l’Orient qui reçut la première les rayons du soleil de vérité.
Denis Scot défendit l’Immaculée-Conception comme une opinion plus que probable.
On nous permettra d'interrompre ces divers témoignages pour citer ici un charmant petit poëme d’Adam de Saint-Victor du xne siècle, qui prouve la popularité qui saluait déjà ce dogme 2 :
u Que l’heureux jour soit célébré, dans lequel on rappelle la pieuse conception de Marie. Chantons ses louanges pour remercier Dieu d’une telle faveur : l’heureux Sauveur est conçu par lequel le monde obtient la guérison salu-