‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 76 sur 458 · Dies leta celebretur I11 qua pia recensetur · texte numérisé non relu

Dies leta celebretur I11 qua pia recensetur

Mariæ conceptio.

Cujus laudes prosequanius Quia tanto gratulamur Dei beneficio.

Félix quidein est conceptus,

Per quem mundus est adeptus Salutis remédia.

FÊTE ET TÉMOIGNAGES

taire. Les prophètes le prédirent, les patriarches l’aperçurent sous le souffle de la grâce. La Vierge qui devait concevoir la fleur, l’étoile qui devait enfanter le soleil est aujourd’hui conçue. La fleur qui sortira de la verge, le soleil qui naîtra de l’étoile, sont des figures du Christ. — Oh! qu’elle fut heureuse, qu’elle fut illustre, agréable au monde, chère à Dieu, cette conception! Privés de salut, par elle nous voyons revenir l’espoir du salut, l’affliction remplacée par la joie.

La verge de Jessé a fleuri, le Christ vierge est enfanté par la vierge maîtresse du monde. — Par un ordre nouveau, et sans l’intervention humaine, la fille enfante son père. — Nouvelle naissance, nouvel enfantement que produit par sa grâce le souffle de Dieu.

Un nouveau salut donne le salut, une vertu

Hanc prophète predixerunt, Patriarche recenserunt, Inspirante gratia.

Virgo florem conceptura,

Stella solem paritura,

Hodie concipitur.

Flos de virga processurus,

Sol de Stella nasciturus, Christus intelligitur.

O quam felix! quam præclai'a, Mundo grata, Deo chara,

Fuit hæc conceptio !

Qua salute destitutis Redit vere spes salutis,

Luctus cedit gaudio.

Virga Jesse floruit,

Xristum virginem genuit, Virgo mundi domina.

Novo quidem ordine,

Absque viri semine Patrem parit filia.

Novus ortus orditur,

Novus partus quum fulcitur Gratia spiraminis,

nouvelle porte la vertu par l’office de la parole, elle nous apporte nouvelle mère, nouvel enfant, nouvelle étoile, nouveau soleil, nouvelles joies. Cette mère d’un genre nouveau, créature enfante son créateur, fille enfante son père. — Par une admirable nouveauté, par une dignité non moins nouvelle, la conception du Fils nous révèle la chasteté de la mère.

Réjouis-toi, vierge de grâce, vierge belle par ta fleur, mère glorieuse par ton rejeton, pleine d’une pleine joie. Tu es l’espoir certain des misérables, la vraie mère des orphelins, le soulagement des opprimés, la guérison des infirmes, tu es la maîtresse de tous. Nous te louons en chœur, ô toi digne d’une louange singulière, afin que nous, errant sur cette mer, nous touchions par ta grâce au port du salut.

Nova salus dat salutem,

Virtus nova fert virtutem Officio faminis.

Nova mater, novam prolem,

Nova Stella, novum solem,

Nova profert gaudia.

Nova prorsus genitura,

Creatorem creatura,

Patrem parit filia.

Admirandam novitatem,

Novam quoque dignitatem,

Dicat matris castitatem Filia conceptio.

Gaude virgo gratiosa,

Virgo flore speciosa,

Mater proie gloriosa,

Plena pleno gaudio.

Tu spes certa miserorum,

Vera mater orphanorum,

Tu levamen oppressorum,

Medicamen infirmorum,

Omnibus est domina.

Te laudamus voce pari,

Laudi digna singulari,

Ut errantes in hoc mari,

Nos in portu salutari Sistat tua gratia.

CH. I. — IMMACULEE CONCEPTION

XIIe SIÈCLE.

En Belgique, deux actes de Baudoin, comte de Flandre, se terminant ainsi : le premier fait dans la solennité de la glorieuse Vierge Marie, année 119 5; le second fait au mois de décembre 1195, dans la conception de la glorieuse Vierge Marie 1.

On mentionne cette fête dans un martyrologe manuscrit de l'église collégiale de Saint-Amat à Douai, où il est question, comme d'un fait récent du martyre de saint Thomas de Cantorbéry (+ 1170) et de saint François le Confesseur.

Elle paraît être établie à Lyon en 1145 2.

En Orient, la fête de la Conception de Marie remonte fort loin. L’empereur Emmanuel Comnène, mort en 1180, cite au nombre des fêtes à observer par le peuple celle du 9 décembre, ou de la Conception de la Vierge, comme étant depuis longtemps établie, suivant le témoignage de Georges, évêque de Nicomédie, qui vivait sous Héraclius. Mathieu Paris parle d'un archevêque d’Arménie, venu en Angleterre au monastère de Saint-Alban, qui affirma que les Arméniens célébraient la fête de la Conception depuis les anciens temps (a vetustis temporibus ).

Voici un extrait du sermon sur l’immaculée Conception de la sainte Vierge, par Georges de Nicomédie (ixe siècle) que nous venons deciter3 :

« La terre en ce jour déploie sa joyeuse parure avec une splendeur plus vive que le ciel

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