Benoît XIV, Sum. aurea} t. III, ijio
2. A l’époque de saint Bernard, mort en 1157, cette fête n’était pas encore introduite dans l’Eglise romaine, puisque ce saint gourmande le clergé lyonnais de l’avoir établie à Lyon sans que l’église de Rome en ait donné l’exemple, Nullo ecclesiæ Romanæ exemplo preunte... il disait cependant : conceptionem a tota ecclesia celebratam.
Voyez aussi : De immaculata Deiparæ conceptione hymnologia Græcorum ex editis et manuscriptis codicibus Cryptoferratensibus latina et italica interpretatione patrologica comparatione et adnotationibus illustrata cura Tlieodori Toscani et Josephi Cozza monachorum S. Mariæ Cryptæferratæ ordinis S. Basilii Magni. Roms, 1862.
3. L’abbé Poussin, Panégyrique de la sainte Vierge par les Pères de l’Eglise } p. 23.
de la grâce lui-même: elle brille d'un éclat plus auguste encore que celui du séjour des esprits bienheureux. Sur la terre, en effet, s’élève aujourd’hui un ciel éblouissant, au sein éclatant duquel doit luire sur le monde un nouvel astre du jour, qui jamais ne nous voile sa lumière ; ciel tout parsemé , non d'étoiles visibles, mais de spirituelles clartés... Le jour de la Conception de Marie a été le principe même de cette femme signalée, la source de la réconciliation de Dieu avec nous, et du bonheur qui en est résulté. »
XIIIe SIÈCLE.
On nous permettra de dépasser un peu les limites ordinaires de cette étude pour montrer la chaîne non interrompue qui lie les plus anciens temps à la définition qui vient d’être faite de ce dogme.
Dans le bréviaire de l’église de Donon, près Valenciennes, un parchemin daté de 1258 porte au 8 décembre la fête de la Conception de la sainte Vierge Marie.
A Rome la fête commença à être célébrée par quelques-uns à l’époque de saint Bonaventure, mort en 1274.
Saint Thomas d’Aquin écrivait : « Telle est la pureté de la Vierge Marie qu elle a été préservée du péché originel et actuel1. »
XIVe SIÈCLE.
A Orléans la fête fut instituée, en 1317, par l’évêque Milo.
En 1328, le concile de Londres confirme ce qu’avait fait saint Anselme. A Rome, la fête qui n’était point reconnue du temps de saint Bernard au xie siècle , existait à coup sûr avant le xive siècle, comme l’indique une inscription trouvée dans l’église de la bienheureuse Marie (cryptât pictœ) où on lit: l’an du Seigneur 1340 8 décembre, sous Boniface IX, fut consacré cet autel en l’honneur de la bienheureuse Vierge Marie.
1. Lt talis est puritas Marias Virginis quæ a peccato originali et actuali immunis fuit.
FETE ET TEMOIGNAGES
En 1388, Adam de Soissons, prieur des Jacobins de Nevers, laissa échapper, en prêchant dans la cathédrale, des propositions qui blessèrent la pieuse croyance des fidèles au sujet de l’immaculée Conception de Marie. L’évêque le suspendit de ses fonctions, et le peuple le chassa de la ville, où il ne put rentrer qu’après avoir subi une détention d’un an et s’être rétracté. L’Université ne s’était pas encore engagée par serment à défendre l’immaculée Conception, et cependant nous la voyons, en 1389, assister par ses députés à la rétractation d’Adam de Soissons ’.
XVe SIECLE.
La question de l’immaculée Conception fut posée pour la première fois au concile de Bâle, constitué en 1435.
Le concile déclara que la croyance à ce mystère était une vérité catholique. Malheureusement en 1439, à l’époque où il définit ce dogme, il s’était engagé dans les voies du schisme, et les décrets qu’il publia alors n’eurent jamais la force des lois universelles de l’Eglise, et la définition fut retardée de quatre siècles.
Le pape qui le premier a ordonné que la solennité de la Conception de la Vierge, mère de Dieu, devait être célébrée par toute l’Eglise, est Sixte IV, en 1476, aux calendes de mars. Sa bulle commence par ces mots : Cum prœexcelsa. Non-seulement il approuve et confirme cette fête, mais il engage à la célébrer et accorde à ce sujet toutes les indulgences qu’autrefois Urbain IV accorda à la fête du Saint-Sacrement.
On trouve dans les anciens missels une prose pour cette fête : elle porte le cachet du moyen âge, principalement dans une strophe que nous allons transcrire et qui est curieuse par un jeu de mots fort goûté dans ces temps 2.
« Le triste nom d’Ève se terminait par vce (malheur), mais d’Eva par une heureuse transposition se forme le mot oAve (je vous salue). O vous qui l’entendîtes dans votre demeure, cette
x. L’abbé Crosnier, Société nivernaise } t. II, p. 97.