‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 92 sur 458 · MGr Malou. Bruxelles · texte numérisé non relu

MGr Malou. Bruxelles

3. Molanus, de Historia SS. unagitium et picturarum. Lovanii, 1771,111-4°.

CH. I. — IMMACULEE CONCEPTION

foi, la première règle à observer est de se conformer à l’usage de l'Eglise qui, en fait de pratique, comme de doctrine, est infaillible. En étudiant cet usage, on voit qu’elle a l’habitude d’employer ici les figures, les formes, les symboles que Dieu a employés pour nous les révéler.

La médaille miraculeuse , très-répandue d’abord en France et ensuite dans tous les pays catholiques de l'Europe, nous montre la sainte Vierge telle qu’elle apparut à une sainte religieuse, abaissant les deux bras et les ouvrant avec des rayons qui s’échappent de ses mains. Ces rayons se retrouvent dans des sculptures moyen âge , selon Mgr Crosnier.

Msr Malou pense que Marie doit être représentée à quatorze ou quinze ans, debout, les pieds sur le globe terrestre, surpassant en beauté toutes les femmes de la terre. — (Saint Ambroise, saint Jean Damascène, saint Epiphane, le guide de la peinture, sont ici d’accord entre eux et avec les vers sibyllins attribués à des poètes chrétiens des premiers siècles de notre ère); — les yeux modestement baissés sur la terre ou bien élevés au ciel. — Blonde suivant les Grecs, quoique rien n’empêche d’adopter la couleur noire ou brune.

— Les mains doivent se présenter dans l’attitude de la prière, c’est-à-dire ou croisées sur la poitrine ou jointes devant la poitrine, ou modestement élevées vers le ciel avec les regards.

— Les pieds chaussés par convenance et d’après les règles de l'iconographie des temps les plus reculés.

L’auteur traite ensuite la coiffure, le nombre et la forme des vêtements, leur couleur qu’il désire blancs ou bleus.

On a coutume de représenter la sainte Vierge les pieds sur le croissant de la lune. Douze étoiles couronnent sa tête. La couronne royale ne lui a été donnée qu’au moyen âge, au xie ou xiT siècle; l’auteur pense que cette couronne ne peut lui être attribuée que dans les mystères qui suivent l’Assomption1.

i. M6‘- Malou, évêque de Bruges, Iconographie de l'Tmmaculée-Conception. Bruxelles, 1856, II, p. 73.

Le serpent infernal, selon lui, sera placé sous les pieds de Marie, qui a triomphé de l’enfer en nous donnant le Messie.

Beaucoup de statues et d’images de la sainte Vierge, composés au moyen âge, font voir une belle rose dans la main de la mère de Dieu, même lorsqu’elle porte son fils sur ses bras.

Les auteurs qui ont écrit sur l'art symbolique considèrent l’inscription comme une partie essentielle d’un symbole parfait. La différence qui existe entre le symbole et l’attribut est que le premier représente la personne et que le second l’accompagne. Le révérend père Boschius a recueilli plus de deux mille symboles des plus remarquables ; ceux relatifs à l’Immaculée- Conception sont brièvement expliqués à la page 3 5 de son livre.

Le lis entre les épines1 est le plus simple et le plus clair, on peuty joindre le miroir sans tache2, la lune et le soleil3 ; la cité de Dieu dont les fondements sont posés sur les montagnes 4. Le tabernacle du Très-Haut 5, l’arc-en-ciel brillant au milieu des nuages6. La plus belle et la plus naturelle de toutes les légendes bibliques que l’on puisse appliquer à l’Immaculée-Conception est celle du Cantique des Cantiques.

Me‘r Malou, comme nous venons de le voir, ne veut pas que la sainte Vierge porte l’enfant sur ses bras. L’abbé Auber 7 est d'un avis contraire et ne sépare pas la mère de l’enfant. Tous deux font écraser par Marie la tête du serpent.

M. Victor Pelletier, chanoine de l’église d’Orléans, vient à son tour et ne veut pas que ce soit la sainte Vierge qui écrase le serpent; suivant lui, c’est son fils qui doit l’écraser8.

La Vulgate], il est vrai9, porte ipsa ; d’autres

x. Cantique il, 27.

Page 1