Genèse, c. III, X, 14 et ij
ICONOGRAPHIE
exemplaires de la Bible portent ipse ou ipsum , conformément à l’hébreu. Le concile de Trente a déclaré authentique l'édition latine de la Vulgate, mais il y a deux copies différentes.
Dans l’iconographie du mystère de la Rédemption, on fait enrouler un serpent au pied de la croix.
Si l’on tient à suivre le sentiment commun, d’après lequel la tète écrasée du serpent signifiera la conception immaculée, la présence de l’enfant est indispensable pour que ce détail, qui semble essentiel à plusieurs, ne soit pas rejeté par ceux qui s’appuieront uniquement sur l’enseignement catholique et sur le texte de la Genèse sainement entendu.
Le père Patrizzi croit démontrer que cette locution : écraser la tète du serpent, n’est point synonyme de celle-ci : être conçue sans péché. Il va plus loin, il dit que le sens naturel de ces mots : écraser la tête du serpent, nonseulement n'implique pas l’idée d’exemption par privilège de la tache originelle, mais l’exclut formellement. En effet, après avoir fait remarquer que ces mots : écraser la tête, impliquent une
idée de victoire et de victoire voulue, cherchée, disputée et remportée, le savant jésuite continue ainsi : Comment appeler victoire un fait dans lequel celui qui est réputé vainqueur n’a aucune part? On n'est vainqueur et appelé vainqueur qu’autant, qu’après une lutte, on a réussi seul ou avec le concours d’autres à renverser et à dominer l’ennemi. Mais être immaculée dès le premier moment de sa naissance, c’est simplement, d’après le langage de l’école, être préservée de la tache héréditaire1.
Depuis la promulgation du dogme de l’immaculée-Conception, devenu ainsi obligatoire de foi pour tous les catholiques, on a multiplié à l'infini les images de la Vierge, sans aucune forme indiquée par l’Eglise 2. Le champ est libre à l'imagination des artistes; puisse-t-elle, dans l’étude de l'Ecriture et de l’iconographie chrétienne, trouver un type définitif et une image digne de cet admirable mystère de pureté !
1. Patriz, De Imm. Marix or., p. 24 et 2J. — Revue de l’Art chrétien, t. I, p. 317. Nous n’avons pas besoin d’ajouter que nous laissons à l’auteur la responsabilité de cette thèse.