‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 94 sur 458 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

NATIVITÉ DE LA SAINTE VIERGE. — LA VIERGE AU TEMPLE. MARIAGE DE LA SAINTE VIERGE.

vant de rappeler les dissertations auxquelles la naissance de Marie donna lieu, nous croyons utile de donner quelques extraits de l’Evangile apocryphe qui nous la raconte , et qui est intitulé Histoire de la nativité de Marie et de l'enfance du Sauveur, ils formeront comme un préambule historique aux notes qui suivront1.

« La bienheureuse et glorieuse Marie, toujours vierge, de la race royale et de la famille de David, naquit dans la ville de Nazareth et fut élevée à Jérusalem dans le temple du Seigneur. Son père se nommait Joachim et sa mère Anne. La famille de son père était de Galilée et de la ville de Nazareth ; celle de sa mère était de Bethléem. Leur vie était simple et juste devant le Seigneur, pieuse et irréprochable devant les hommes ; car ayant partagé tout leur revenu en trois parts, ils dépensaient la première pour le temple et pour les ministres du temple; la seconde, ils la distribuaient aux pèlerins et aux pauvres, et ils réservaient la troisième pour leurs besoins et ceux de leur famille. Ainsi chéris de Dieu et des hommes, il y avait près de vingt ans qu’ils vivaient chez eux dans un chaste mariage sans avoir, des enfants. Ils firent vœu, si Dieu leur en accordait un, de le consacrer au Seigneur. (Ici se placent les révélations relatives à l’Immaculée- Conception.) . Ayant adoré le Seigneur, ils retournèrent à leur maison, où ils

i. Durant plusieurs siècles, cet Évangile jouit en Orient d’une grande célébrité. Une tradition l’attribuait à saint Mathieu, et la traduction qui s’est répandue vers le VIe siècle fut donnée comme l’œuvre de saint Jérôme. Rédigé, croyons-nous, au VIe siècle, il fut en renom pendant tout le moyen âge. (Év. de la nat., ch. I.) Voy. Brunet, p. 179.

NOTES ARCHEOLOGIQUES.

attendaient avec assurance et avec joie la promesse divine. Anne conçut donc, et elle tnit au monde une fille, et, suivant le commandement de l’ange, les parents l’appelèrent du nom de Marie l. »

NOTES ARCHEOLOGIQUES.

Époque. — On ignore quelle fut exactement l’année où le Christ est descendu sur la terre pour nous sauver; on ne peut donc savoir davantage celle de la naissance de la Vierge que la tradition ecclésiastique fixe au 8 septembre 2. L’Écriture ne nous apprend absolument rien sur le fait historique de la Nativité et de l’enfance de la très- sainte Vierge; autant elle laisse dans l’ombre sa filiation, autant elle met en lumière ;a maternité, exprimant ainsi que sa gloire vient, non de ses ancêtres, mais de l’ennoblissement qu’elle tire elle-même de Jésus 3.

Lieu. — Le lieu de naissance de la sainte Vierge a donné l’occasion de discussions dont nous rapporterons les auteurs et les principaux irguments : on a désigné plusieurs lieux, mais deux villes peuvent seules se disputer sérieusement ce glorieux privilège : Nazareth et Jérusalem. — Parmi les auteurs favorables à l’opinion de Jérusalem, nous citerons saint Jean Damas- :ène, Guillaume de Tyr, Boniface, Doubdan, Morison, Pietro délia Valle, etc. Ces écrivains s’appuient sur une ancienne tradition orientale qui nous montre la maison de sainte Anne près de la piscine probatique. Cette maison est celle que saint Jean Damascène appelle Domus piscinœ probaticœ, et la porte de ville qui de là conduit dans la vallée de Josaphat est encore connue de nos jours par les Orientaux sous le nom de Babsiti-Mariana (porte de la vierge Marie). La sainte Vierge y aurait été fiancée à saint Joseph, elle y aurait fermé les yeux à ses parents. En 1856, le gouvernement français fit l’acquisition de cette demeure, transformée en école musulmane depuis Saladin 4. Le nouveau

Page 1