‹ La Sainte ViergeChapitre 1087 sur 1187 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

POLOGNE

os recherches dans la catholi- :

que Pologne n’ont pas été aussi fructueuses que nous l'aurions désiré, et nous avons acquis la conviction qu'elles pouvaient letre difficilement davantage en s’appliquant aux premiers âges de la foi chrétienne. Depuis l’introduction du christianisme au Xe siècle jusqu’au xiie, le pays fut en proie à des troubles politiques qui laissèrent peu de place aux fondations religieuses; les partages continuels entre les fils des princes, l’anarchie de 1037 à 1042, la guerre civile de Zbignev, la séparation de la Silésie (1168); la lutte entre Lech-le-Blanc et Miécislas III ou son fils ' (1195-1207), durent éloigner l’art religieux de ces frontières. Cette région, que sa fertilité fait convoiter et que sa forme topographique sans montagnes où l’on puisse se retrancher expose à toutes les invasions, se vit tant de fois dépouillée que ses rares richesses anciennes ont presque toutes disparu. L’invasion mongole du xme siècle la priva de tout ce qui fait l’objet de nos études, et le fatal partage du siècle dernier acheva l’œuvre de spoliation au profit des conquérants.

Nous devons ce mot d’explication sur la ra¬

reté d’informations que renfermera cet article afin qu’on n’y voie pas un manque de dévotion envers la sainte Vierge chez une nation qui professe pour elle un culte ardent et qui joint à ses infortunes celle d’en avoir perdu la plupart des monuments.

Au ixc siècle la Pologne était à peine connue. Erigée en duché par Piast (849), chef d’une dynastie nouvelle, et en royaume par Boleslas Ier, elle fut convertie au christianisme par Miécislas (966). Né en 931 de la famille des Piast, ce prince succéda à Ziemomysl, son père, en 962 ; il abolit 1 idolâtrie à l’instigation de sa femme Dombrowska, fille de Boleslas Ier, roi de Bohème. Vint alors saint Adalbert, évêque de Prague, qui prêcha l’Evangile en Hongrie, en Pologne et en Russie, où il mourut martyr (997). On le croit l’auteur du chant national des Polonais : Boga- Rod\ica.

On prétend que son martyre fut une grâce spéciale de la sainte Vierge. Un jour il vit en songe un lit d pourpre orné de broderies incomparables sur lequel on lisait cette inscription en lettres d’or : Munus hoc donat tibi filia regis. Pendant qu’Adalbert cherchait la signification de

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