‹ La Sainte ViergeChapitre 1109 sur 1187 · BIBLIOTHEQUES · texte numérisé non relu

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La Bibliothèque patriarcale, après les grandes images que nous venons d’examiner, nous offre encore, dans les livres liturgiques grecs, de nombreuses richesses pour nos études.

Le cardinal Pitra appelle aussi notre attention sur le manuscrit 429 qui remonte au xe siècle et qui nous offre à presque toutes ses pages des ligures de la sainte Vierge. Les plus remarquables se trouvent aux fos 2, 3, 4, 7, 9, 13, 15, 17, 19, 22, 24, 28. Il y a vingt-trois peintures dont plusieurs ont les mêmes motifs et presque l’exécution de l'œuvre du moine Jacques 1, surtout les miniaures 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10, 12, 13, 14, 15, ïS, 20, 22, 24. Les dernières, à partir de la dixième, diffèrent de ce Codex Vaticanus.

M. Lobkoff, dans sa riche librairie, possède un psautier de la sainte Vierge, que nous ne pouvons négliger*. Ce manuscrit du milieu du

1. Renseignement donné par le cardinal Pitra le 8 février 1875.

On peut consulter, pour cette partie de la Russie, les planches en chromolithographie publiées dans l’ouvrage sur la Sacristie synodale de Moscou.

ixe siècle contient 169 feuilles ornées de nombreuses miniatures dont plusieurs ont trait à l’histoire de Marie. Au f° 163, v°, on voit saint Zacharie qui introduit la sainte Vierge dans le temple. On assiste successivement en tournant ces vieilles pages à la Visitation, à la Nativité de Notre-Seigneur, la Fuite en Égypte où l’on distingue encore saint Joseph, dans un dessin presque effacé, le Crucifiement, deux fois reproduit, mais n’offrant que dans une des miniatures la sainte Vierge vis-à-vis de saint Jean, à sa place ordinaire.

La miniature la plus intéressante pour nous est celle du f° 44, au passage du psalmiste : Eructavit cor meum, parce qu’elle nous révèle la haute antiquité d’un type de madone trèspopulaire en Russie. La madone qu’on y a peinte n’est autre que celle de l’Apparition dont on peut signaler beaucoup d’exemples, mais dont la plus célèbre est celle de Novgorod. Elle lève les bras en orante pendant que l’image du Sauveur, suspendue par une puissance surnaturelle, rayonne au milieu de sa poitrine. Au-dessus d’elle le Saint-Esprit descend sous la forme d’une colombe et, dans le haut, une main sort d’une nuée pour la bénir.

Il existait un monastère de franciscains, aux environs de Moscou, qu’un ancien voyageur nous montre rempli d’images de la sainte Vierge1, une copie de l'image de saint Luc, vénérée à Moscou, et des tableaux figurant la Naissance du Sauveur, la Purification, la Fuite, la Passion, la Résurrection, les douleurs et les joies de Marie; mais il n’indique pas leur date.

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