GEORGIE
les plus profondes racines, on voit encore des villages entiers livrés à l’art de cette peinture sacrée, où de pères en fils, et depuis des siècles, les habitants y restent fidèles. On ne saurait calculer la multitude de petits tableaux à l’encaustique, de diptyques, de bronze, etc., qui sortent de ces écoles populaires ; nous en possédons, au musée de Cluny, une collection importante ; nous en avons trouvé au cabinet des médailles; enfin tous les voyageurs qui visitent la Russie en reviennent chargés. Nous n’étudierons pas ces produits de la piété moderne, mais nous devons dire qu’ils dérivent souvent de modèles antiques, et qu’à ce titre nous devons les mentionner ici, et que, si les limites déjà si vastes de ce travail nous le permettaient, nous aimerions
y chercher les traits anciens qu’ils renferment.
Il est temps de clore ce chapitre; toutefois nous ne l'achèverons pas sans remercier le prince Grégoire Gagarine des curieux dessins et des nombreux renseignements qu’il a bien voulu nous fournir, sans lui répéter ici le prix qu’ils ont eu pour nous, et que sa grâce affectueuse en nous les transmettant a si grandement rehaussé. La sainte Vierge est un des liens les plus forts qui rattachent encore l’Église russe à la vérité, l’ancre de salut sur laquelle on peut fonder des espérances; nous aurions donc été désolé de laisser vide dans notre livre un tel chapitre, et nous voulons témoigner notre reconnaissance à la noble et savante main qui nous a aidé à le remplir.