NAZARETH
l’Adriatique pour se reposerait sein de cette Italie qui la possède encore1.
Frangipani rit construire à la place qu elle avait occupée une chapelle qui en était la reproduction et la copie exacte. Une inscription en langue italienne rappelle que la maison de la bienheureuse Vierge vint à Tersatz au mois de mai 1291 et se retira le 10 décembre 12942.
La maison est placée dans un bois appartenant à une pieuse dame appelée Lorette, dans le voisinage de Recanati. Des bergers l’aperçoivent et courent en porter à la ville la nouvelle qui se répand rapidement dans les contrées voisines; les routes se couvrent de pèlerins.
Dans ces siècles désolés, il n’y avait aucune sécurité pour les voyageurs qui s’aventuraient au milieu des bois pour venir prier la sainte Vierge. Peu à peu les pèlerinages commencèrent à diminuer, puis cessèrent tout à fait. Mais Dieu ne pouvait permettre aux puissances des ténèbres de triompher de sa Mère, et, huit mois après son arrivée en Italie, la sainte maison quittait la forêt des lauriers et s’arrêtait à un mille de là, sur une colline découverte, tout près de la grande route qui va de Recanati à la mer. Désormais les abords en sont aisés :plus de brigands apostés sur le chemin; le concours des fidèles recommence. Le terrain sur lequel s’était posée la maison appartenait à deux frères. La richesse des offrandes qui chaque jour se renouvelaient sur l’autel éveilla leur cupidité; ils allaient en venir aux mains, lorsque, quatre mois après son arrivée, la maison quitte leur champ et se place au milieu de la route au bord de laquelle elle était d’abord située, et met ainsi fin à une guerre fratricide. C’est dans ce lieu qu’elle sera désormais fixée3.
Des marchands illyriens, attirés dans ce pays par leurs affaires, entendirent parler du prodige qui faisait le sujet de tous les entretiens, suivirent les pèlerins et reconnurent la bienheureuse maison dont leur patrie pleurait encore la perte4.