‹ La Sainte ViergeChapitre 157 sur 1187 · I. MADONES DE SAINT-MARC · texte numérisé non relu

I. MADONES DE SAINT-MARC

Il serait trop long d’entreprendre la description des madones de Saint-Marc, nous nous contenterons de dresser une nomenclature des principales, en dehors des grands sujets des voûtes :

i° Madone entre deux anges, façade méridionale;

2° Madone de l’apparition en mosaïque, façade méridionale;

3° Sur la façade nord, près de Notre-Seigneur et vis-àvis saint Jean;

4° Sur la façade nord, madone debout en orante ;

5° Sur la façade nord madone sur la façade principale ;

6° Madone debout en orante au-dessus de l’entrée intérieure de la nef de l’épître. — Marbre rouge ;

7° Madone debout, dorée, à côté de l'entrée de la nef latérale de l’Evangile, paraît en grande vénération, sous le titre de Maria mater gratiæ ;

8° Madone sur le pilier vis-à-vis l’autel de la Sainte- Vierge ;

9° Madone à côté de la chapelle de Ghirlandaio sous une arcade. Sa pose, un peu différente, la jambe gauche est portée en avant ;

io° Une Vierge debout avec l’enfant près de l’autel du Saint-Sacrement ;

xi° Une Vierge debout non loin de l’autel du Crucifix;

12° Une Vierge avec l’enfant, à mi-corps sur un des piliers en face de l’autel du Saint-Sacrement, très-vénérée ;

1 3° La Nicopeia ;

140 Dans la Pala, maéadone haute de 13 centimètres ;

150 Mosaïque dans la nef de l’épître, les mains retournées sur elles-mêmes, etc.

tures chrétiennes dans l'iconographie bysantine; mais on peut croire que l’embarras du transport, la difficulté de les soustraire aux recherches des iconoclastes laissèrent affluer en Occident beaucoup plus d’images peintes que d’images sculptées.

Mosaïque du vestibule. (Pl. CXI.) — Pénétrons dans le vestibule delà vénérable église; là, dans la galerie septentrionale, nous sommes frappé par la vue d’une imposante mosaïque du xie siècle qui représente la sainte Vierge entre saint Marc et saint Jean. La Madone est assise sur un trône magnifique, orné de pilastres avec riches chapiteaux, garni de coussins brodés sur lesquels est jetée une draperie. Elle pose les pieds sur un escabeau non moins somptueux. De la main gauche, elle soutient le bras de l’enfant et de l’autre relève l’extrémité de son pallium. Le Sauveur bénit et porte un livre. Ce tableau, d’une large et pompeuse conception, possède à l’extrême les qualités et les défauts du style byzantin-vénitien. Dans son aspect grandiose, sombre, fier, majestueux, il nous offre un dessin rude et d'un rigorisme implacable. Ces peintures byzantines rappellent la beauté immobile du dogme, mais elles oublient trop la liberté et la tendresse ineffable qu'y jette l’Evangile comme l’étincelle de la vie. Nous avons gravé cette madone très-exactement d’après une photographie qu’en a prise pour nous M. Noya*.

Mosaïques intérieures. — Nous pourrions répéter ces observations devant la plupart des vieilles mosaïques qui couvrent les nefs de Saint- Marc, où tant de scènes de la vie de Marie se trouvent figurées. On y voit successivement l’arbre de Jessé, l’Annonciation, la Visitation,

1. Voici les couleurs : la sainte Vierge porte un voile et un manteau violet rabattu, sa robe gros bleu rabattu, ses souliers roses, l’escabeau en or avec pierreries rouges et bleues sur le champ, bordé de filets rouges, une draperie blanche sur le trône, le coussin bleu dans le bas et aux extrémités, blanc au-dessus avec bandes rouges. Le | Sauveur porte une robe grise et un manteau d’or avec | raies rouges. Le fond de la niche est en or.

SANCTUAIRES ET IMAGES

la Fuite et enün Marie à droite du trône de son fils1, à cette droite qu’elle avait au Calvaire et qu’il était juste qu’elle conservât dans la gloire ; de quelque côté qu’on promène ses regards au milieu de ces voûtes d’or, ils rencontrent partout l’image de Marie et ainsi le témoignage de la dévotion que lui vouaient les anciens Vénitiens. Nous les mentionnons seulement, pour ne pas répéter les descriptions que nous en avons faites ailleurs.

Nous nous contenterons de même de rappeler les images que la Pala d’Oro nous montre sur plusieurs points, et nous renvoyons à ce sujet au beau et consciencieux travail de M. J. Durand 2.

Nous demandons au lecteur de s’arrêter quelques instants devant une belle mosaïque qui décore la muraille du collatéral au midi et qui nous offre une des plus belles madones, en orante, que nous puissions signaler. Debout sur un escabeau, droite, vue parfaitement de face, se détachant sur un fond d’or orné d’écailles, elle retourne les mains devant la poitrine en relevant les franges d’or de son riche manteau. Plus belle et d’un plus grand style que la madone de Murano, elle lui est assez semblable pour l’attitude et nous l’en avons rapprochée dans notre planche gravée. (PL CXI bis.)

Arrêtons-nous surtout à Saint-Marc devant une des plus célèbres madones de l’Europe; la basilique la conserve encore sous le nom de Sainte-Marie Nicopéia , « vierge de victoire » .

Après le corps de saint Marc, les Vénitiens considèrent ce tableau comme leur plus vénérable relique ; ils la rapportèrent de la conquête de Constantinople3. Cette image serait celle même déposée dans l'église du Phare, où l’on gardait les plus insignes reliques. Les empereurs, en partant pour les expéditions militaires, avaient coutume de la prendre avec eux. Aussi l’ appelait-on la conductrice des légions , V invincible , Y indomptable, parce qu’elle n’était

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