‹ La Sainte ViergeChapitre 160 sur 1187 · MURANO · texte numérisé non relu

MURANO

Dôme. — La cathédrale de cette île vénitienne remonte, disent les annalistes, au xc siècle; une charte de 999, dans laquelle Michèle Monetario prête serment à l’évêque de Torcello, l’appelle Bcsilicam S. Mariæ Plebis Murianensis. TJghelli prétend qu’elle fut fondée en 950 et consaci'ée en 957, mais la bulle sur laquelle il s’appuie est d'une authenticité douteuse. On croit qu’elle fut rebâtie au xic siècle et que l’inscription qu’on voit encore sur le pavé est relative à la seconde église : In nomine Domini Nostri Jesu-Christi 4- anno Domini MCXI primo mensissepte mbris indic. V. Dans tous les cas elle était, dès l’origine, placée sous le vocable de Marie. L'abside, ajoute Selvatico auquel nous empruntons ces détails, est peut-être de la première époque. Nous en avons relevé l’architecture à l’un de nos voyages à Venise. Cette abside nous offre un des plus remarquables monuments iconographiques de la sainte Vierge, une imposante madone en mosaïque qui décore la conque. Enveloppée dans les larges plis d'azur de ses vêtements, elle retourne la paume de ses mains en signe de prière, et, comme le croit M. ^Durand, pour caractériser " l'Assomption qui était le vocable de la basilique ; voile, manteau et tunique sont bleu foncé avec quelques passementeries rouges et franges d’or; elle est nimbée, ses souliers sont en or. D’un modèle essentiellement byzantin elle présente toutefois un dessin assez correct ; elle est montée sur un escabeau dont le champ est rouge avec perles blanches. La grandeur de la figure est d’environ im,3o. (PL CXI bis.)

San-Pietro-Martire. — La fête de la Nativité qu’on célébrait lors d'une de nos visites à Murano nous a permis de voir découverte, à San- Pietro-Martire, une petite madone byzantine qui semble l'objet de beaucoup de vénération. Sa richesse seule est un témoignage de son ancienneté et de sa valeur. Le manteau de la sainte Vierge est gros bleu tissé d’or, la robe du Sau¬

veur bleue, son manteau rouge et jeté sur les jambes. Le fond est quadrillé; le tableau peut avoir om,25 de large. C’est une assez bonne peinture, quoiqu’on puisse critiquer l’excessive petitesse de la tète de l’enfant.

Page 1