‹ La Sainte ViergeChapitre 2 sur 1187 · Catac., vol . I, pi. XXI · texte numérisé non relu

Catac., vol . I, pi. XXI

« Bosio et après lui M. de Rossi et l’abbé Martigny n’hésitent pas à voir ici l’image de la sainte Vierge, à laquelle un prophète annonce ses grandeurs divines ; le prophète serait Isaïe, qui a beaucoup prédit sur la mère du Sauveur, ou Michée, qui montrerait de son geste la ville de Bethléem, devenue si illustre par la naissance de Jésus-Christ : Et tu Bethleem Eplireta parvulus es in millibus Jnda : ex te mihi egreditur qui sit Dominator in Israël. La porte de ville, dont le haut est coupé par le loculus, doit être restauré dans le style antique, comme celles de Sainte-Majeure ou du Virgile du Vatican. M. de Rossi rapproche avec infiniment de raison ce sujet de celui du cimetière de Priscille, qui répond victorieusement aux ennemis de la sainte Vierge en nous la montrant ici sans les mages et indépendante de toute pensée historique, car il ne semble pas que dans l’espace laissé libre on ait pu trouver la place des mages.

« Après notre station devant ce précieux reste, dont on verra bientôt tomber les derniers et pâles débris sous les boursouflures de l’enduit, nous avons repris notre course dans le labyrinthe. Cette fois le chemin a été plus rapide et plus facile, et nous nous sommes arrêtés bientôt dans un corridor devant la fameuse madone que M. de Rossi montre le plus souvent aux visiteurs.

Pl. LXXIX. — « Jusqu'à présent cette madone, accompagnée de quatre mages, a été représentée avec un caractère de raideur et de dureté qu elle n’a pas : sa tète est empreinte d’une grâce qu’on n’a pas assez reproduite et qui est bien éloignée de la décadence. La fermeté de la touche, la justesse de la main, si l’on peut dire ainsi, brillent ici comme dans les meilleures fresques antiques. Les yeux sont frustes aujourd'hui, mais dans les traits encore respectés par le temps et l’humidité, tels que le galbe du cou, la bouche, le dessous du nez accusé par l’ombre qui donne le modelé et l’expression à la lèvre supérieure, on reconnaît une manière magistrale qui n’appartient qu’aux grandes époques. M. de

Rossi reproche à ce tableau la forme trapue de ses personnages ; il émet là une opinion qu'on doit partager, quand on se rappelle que la proportion des ligures devint de plus en plus écrasée à mesure que les artistes s’écartèrent des traditions pures du dessin antique. Ici toutefois, le peintre a peut-être été forcé à cette disposition par le manque de hauteur entre les deux loculi qui limitaient impérieusement son tableau. Ajoutons qu’il est difficile de juger absolument cette fresque dans l’état de délabrement auquel elle est réduite; ainsi la tête et la main du Sauveur, qu’on distingue maintenant à peine, paraissent d’une grosseur choquante. Il est mieux, pour fixer son jugement, d’envisager les parties intactes, la main de la sainte Vierge, par exemple, qui acclame l’arrivée des mages, et dont le geste est aussi vrai qu’expressif, et surtout les mages eux-mêmes auxquels les dessinateurs les plus rigoristes ne pourraient rien reprocher, enfin les larges guirlandes qui se balancent au fond du tableau, et qui nous rappellent les meilleures compositions de Pompéi ou les récentes découvertes du Palatin. »

M. de Rossi regarde ce monument comme du 111e siècle, et sa position dans un corridor, dans un endroit indépendant des chapelles qui leur furent nécessairement postérieures, loin des arcosolia du me siècle, permettrait de remonter encore plus haut. La sainte Vierge porte une dalmatique avec lisérés de pourpre , et sur la tête un voile court. L’enfant Jésus a une petite tunique ornée de quatre calliculœ de pourpre cousues au bord inférieur du vêtement et sur les épaules : les manches sont étroites et garnies de bandes de pourpre.

Au mois de janvier 1870, comme j’étais allé visiter ce cimetière avec une troupe de pèlerins français, en arrivant devant cette ravissante image de la madone, un de nous eut l’heureuse idée d’entonner le Magnificat ! Que de pensées élevées, douces, émouvantes m’ont saisi pendant ce cantique que nos pères dans la foi, il y a seize ou dix-sept siècles, disaient peut-être déjà là devant la tombe des martyrs! Je n’oublierai ja¬

mais ce chant, soutenu par les voix jeunes et viriles des séminaristes qui nous accompagnaient.

Cimetière Saint- Callixte. (Pi. LXXXI.) — Notre quatrième image, tirée des catacombes, appartient à celle de Callixte, le plus célèbre cimetière1. Nous continuons à son propos les extraits déjà commencés : « L’entrée du cimetière Callixte est très-voisine de celle de la catacombe Domitille, à trois cents mètres au plus : tout s’y préparait pour la fête du lendemain, la sainte Cécile; mais bientôt nous dépassons la région offerte aux explorations du public, et nous parvenons au but de notre pèlerinage assez avant dans le labyrinthe. Mon guide m’arrête devant un arcosolium taillé dans la muraille du corridor. On croit que dans cette situation ces arcs funéraires étaient réservés aux simples fidèles, tandis que les arcosolia pratiqués dans les chapelles étaient construits pour les martyrs aux frais de la communauté chrétienne. Il m’aurait été impossible de découvrir cette fresque si elle ne m’avait pas été spécialement montrée, et j’ai eu grand’peine à la copier, parce qu’elle occupe le dessous de la voûte; mais j'ai été bien récompensé de mes peines par la valeur même de cette belle peinture, dont nous ne possédions pas de photographie, et dont toutes les copies jusqu’à présent manquent de précision et surtout de cette naïveté qui fait le charme infini de cette image.

« La madone est enveloppée dans les plis d’une ample tunique bordée de bandes de pourpre. Ses cheveux blonds cachent à moitié leurs ondes sous un voile de gaze bleue qui retombe légèrement sur les épaules. De la main droite, la Vierge fait signe aux trois mages d’approcher avec confiance, pendant que le petit enfant Jésus semble déjà les bénir. »

« Cette peinture peut se comparer surtout à celle des saints Pierre et Marcellin, dont elle doit être à peu contemporaine; mais elle l’emporte infiniment sur cette dernière par le senti-

1 De Rossi, p. 89, B.

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ment et la noblesse de la pose. Ici la tête est légèrement inclinée et la main tendue; tout y respire la douceur de l’accueil. Dans le cimetière Saint-Marcellin, elle serre l’enfant comme une mère qui craint de se le voir ravir; ici elle le donne aux hommes et l’associe à l’adorable mystère de la Rédemption. Ici elle est voilée, c’est-à-dire, suivant l’interprétation des usages de Rome, elle est mère, et, comme telle, elle doit partager avec les nouveaux adorateurs du Christ les faveurs de son amour : là, sa tête découverte n’indique que sa virginité, et elle presse contre son cœur celui auquel elle l’a consacrée; on voit dans ce parallèle quelle notable différence éclate entre ces deux œuvres, qu’au premier coup d’œil on pourrait croire semblables. Ajoutons, comme artiste, que la fresque de Saint-Callixte est trèssupérieure; l’ampleur de la robe qui laisse voir à peine le brodequin gauche est plus digne; le mouvement des jambes qui ne sont pas croisées est plus noble; enfin, dans l’ensemble de la composition, je découvre ici un abandon, une simplicité et aussi une dignité souveraine que la seconde est loin de m’offrir.

« Devant et derrière la madone le peintre a figuré des arbres dépouillés de leur feuillage. En s’écartant si complètement du texte évangélique et de Vintrantes domum qui nous transporte dans un intérieur de maison, il a dû obéir à une pensée symbolique. Etait-ce pour montrer l'époque à laquelle eut lieu l’adoration, je n’oserais le dire; il faut plutôt en chercher l’explication dans l’état du monde que l’artiste a voulu représenter par ce signe de tristesse. En effet, l’humanité était tombée dans une sorte de mort morale, dans un froid funeste loin du soleil divin. La venue du Messie était comme le lever du soleil : Erit tibi Dominus in lucem sempiternam comme le retour du printemps qui allait bientôt ramener la lumière dans le ciel et les fleurs sur la terre. »

Nous avons reproduit le plus naïvement possible cette belle peinture, qu’il faut plutôt considérer comme une légère esquisse. On remar-

i. Isaïe, X, 19.

quera, par exemple, dans les deux coups de pinceau indiquant les yeux, un défaut d’ensemble qu’une œuvre réfléchie n’aurait pas admis. Plusieurs parties ont grandement souffert, la main gauche n’existe pour ainsi dire plus, et les plis de la tunique le long du trône sont aussi trèsfrustes.

Cimetière Saints-Pierre-et-Marcellin. (Pl.

LXXXII.) — Notre cinquième figure, que nous avons mise en parallèle avec celle de Saint-Callixte, est tirée du cimetière Saints-Pierre-et-Marcellin, où elle remplit toute la lunette d’un arcosolium. La sainte Vierge assise serre l’enfant dans ses bras, elle est accompagnée de deux mages qui lui apportent leurs offrandes; sa tunique est bordée de pourpre; elle n’a pas de voile, pareille en cela aux mosaïques de Sainte-Marie- Majeure, et suivant l’usage des jeunes filles qui avaient coutume d’aller nu-tête avant leur mariage. Tertullien estimait conforme à la modestie chrétienne qu’une jeune fille prît le voile aussitôt après ses fiançailles. La figure que nous examinons a 50 centimètres de hauteur1.

Cimetière Sainte-oAgnès. (Pl. LXXXI1I.) — Notre sixième figure de Marie est tirée du cimetière Sainte-Agnès. La sainte Vierge a les bras ouverts dans l’attitude d’une orante, son fils est devant elle. Elle porte un voile et son cou est

1. La fresque est bien fruste; nous avons pu heureusement, grâce à une photographie de M. Parker, l’étudier à notre aise et la restaurer ; la tète de la sainte Vierge est la partie le mieux conservée; je crois pouvoir affirmer l’exactitude du dessin que j’en donne. — La tète de l’enfant ne saurait non plus présenter de doute sérieux. En cherchant bien, on retrouve les pieds de la sainte Vierge tels que M. Mariani les a dessinés, mais le centre du tableau est, je dirai, presque illisible, et je crains que ce consciencieux dessinateur n’ait pas tenu compte , lorsqu’il a placé les deux mains l’une sur l’autre, des trois doigts qui apparaissent au-dessus du poignet droit et qui appartiennent à coup sûr à la main gauche; de cette manière on voit l’enfant bien tenu et naturellement.

Il est impossible de discerner le bas des vêtements de l’enfant, j’inclinerais àcroire qu’il était emmaillotté. — La sainte Vierge est assise sur un fauteuil comme aux cimetières Domitille, Callixte, et sur les sarcophages.

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orné d’un riche collier; un pallium de matrone ' est jeté par-dessus sa tunique, et retombant symétriquement sur les bras paraît former deux larges manches. Le monogramme du Christ est répété à droite et à gauche du tableau, et chaque fois la courbe du Rho s’arrondit vers le groupe comme pour mieux indiquer l’intention et le sens de ces deux monogrammes. Ce double monogramme se j retrouve au cimetière Callixte où il accompagne de même symétriquement une image de Notre- Seigneur assis entre quatre évangélistes, ce qui semble clairement désigner qu’il s’agit dans notre image de sa figure et de celle de sa divine mère.

On remarque dans cette fresque un style tout diffèrent de celui des fresques précédentes, et l'on y voit poindre une nouvelle manière. Le galbe des visages n'est pas allongé comme dans les fresques byzantines, mais il règne déjà sur les traits une sorte d’expression hiératique, dans l’ensemble un goût de symétrie qui, développé par le pinceau des Grecs, a formé depuis le type appelé byzantin, dont les monnaies impériales nous ont présenté de nombreux modèles et dont voici le premier exemple.

oAge des peintures. — Une des choses le plus difficiles est de déterminer l’âge de ces peintures; on ne pourrait le faire qu’en traçant l’histoire et la topographie de chaque cimetière et de ses monuments. Les indications tirées du style des peintures ont une valeur considérable, mais ne suffisent pas pour préciser ; il y a dans les traditions, l’exécution et l’individualité de chaque artiste beaucoup de marge, et nous n’avons aucune série d’exemplaires datés qui puissent servir de type. Des découvertes récentes oni rapproché les limites, mais il s’en faut beaucoup que nous puissions distinguer avec certitude sur nos fresques le style contemporain des Flaviens,par exemple, de celui qui florissait sous Trajan et sous Adrien, et l’on devra toujours en contrôler l’examen par l’histoire, la topographie et l’épigraphie de chaque hypogée.

M. de Rossi pense que la Vierge en orantedu

' cimetière Sainte-Agnès, la plus étrangère aux formes classiques de l'art païen, est la moins antique; il la croit cependant du ive siècle, et la comparaison avec d’autres monuments évidemment de cette époque la fait remonter à Constantin. Si l’on considère l’autre limite de cette série, on verra que la Vierge du cimetière Priscille devant le Prophète est la plus belle de toutes et doit remonter au 11e siècle ou peut-être à la seconde moitié du Cr. Elle est d’un style éminemment classique, la nature même des draperies dénote une haute antiquité. (PI. LXXVI1I.) Le pallium porté par le Prophète et son épaule nue, la tunique à manches courtes de la sainte Vierge, ne sont certainement guère postérieurs aux vêtements peints dans les fresques de la maison du père de Tibère que l’on a découvertes, il y a peu d'années, sur le mont Palatin. Une des peintures les plus remarquables de cette maison représente une rue et plusieurs personnages, soit dans la rue, soit aux fenêtres et balcons. Plusieurs femmes sont coiffées en cheveux; l’une d’elles, à la croisée, a la tête garnie d’un voile couvrant la tète comme dans la plus ancienne de nos catacombes. Si l’on compare ces costumes du temps de Notre-Seigneur à celui de la Vierge du cimetière Priscille, on est frappé de leur ressemblance. Le manteau relevé sur la tête, les manches courtes, les cheveux serrés en bandeau sur le front, ne peuvent laisser de doute sur la contemporanéité de ces peintures, l’une s’étalant dans le Palatin, l’autre se cachant dans les catacombes.

Mais sans sortir des catacombes, si l’on compare la peinture du cimetière Priscille avec d’autres dont 1 âge est plus certain, avec celles des plus anciennes chambres du cimetière Domitille, on remarquera l’infériorité de ces dernières et, par conséquent, l’antériorité du cimetière Priscille. La décoration des loculi entre lesquels on a peint la sainte Vierge y est plus belle ; l’absence des calliculœ est encore un signe d’archaïsme qui se rencontre dans le cimetière de Saint-Marcellin. Les figures de ce dernier cimetière sont trapues et lourdes. Malgré la difficulté de ces

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appréciations, M. de Rossi, avec sa grande sagacité, se prononce pour l’antériorité du cimetière Priscille et rapporte cette peinture, soit au temps des Flaviens et de la prédication apostolique, soit à l’époque de Trajan (98 -f- 1 17) et d’Adrien (117 + 138) et au plus tard à celle des premiers Antonins.

Actuellement, si nous consultons l’histoire, nous arrivons au même résultat. Ce cimetière est des plus anciens; les premiers explorateurs des catacombes, Ciacconi, Vinghius, Baronius et Bosio, le considèrent comme ayant servi de sépulture aux premiers Pudens chrétiens. Priscille, fondatrice de ce cimetière, mère de Pudens et aïeule des vierges Pudentienne et Praxède, vivait dans les temps apostoliques. Suivant les actes de ces saintes qui cependant ne sont pas exempts de graves difficultés, Pudentienne fut inhumée par son père Pudens in cœmeterio Priscillœ. Praxède ensevelit le prêtre Symétrius avec une foule d’autres martyrs près de son père et de sa sœur in cœmeterio Priscillœ ; elle-même y reposa plus tard. A l’appui de ces faits on trouve dans ce cimetière l’empreinte d’un cachet de Pudens Félix plusieurs fois répété sur le ciment qui scelle un loculus.

L’épigraphie dénote également une très-haute antiquité; jamais les solennelles formules de l’épigraphie chrétienne ne figurent ici, sauf un seul exemple de 1 in-pace ; mais on y donne fréquemment aux morts le salut apostolique : Pax tecum . pax tibi. La forme des lettres est tracée d’après un type très-usité à Rome dès le commencement du 11e siècle.

Entre cette peinture au moins du commencement du 11e siècle et celle de Forante du iv% viennent se placer le Prophète du cimetière Domitille, accompagnant un arcosolium et la Vierge entre quatre mages, du même cimetière; celle aux trois mages du cimetière Callixte 1 et celles aux deux mages des cimetières Saint-Pierre-et-

1. Le cimetière Callixte est le plus célèbre de tous ceux de l’Eglise romaine. Cette célébrité lui vient du carac-

Saint-Marcellin. Cette dernière peinture paraît postérieure aux trois autres, mais toutes datent certainement du 111e siècle.

Quant à 1 âge de la madone de Sainte-Agnès que plusieurs archéologues ont attribué au 11e ou 111e siècle, nous y trouvons un signe qui doit la faire descendre chronologiquement plus bas : nous voulons parler des sigles dont cette image est accompagnée à droite et à gauche et dont on n’a pas encore observé d’exemple avant le ivesiècle. M. Le Blant, dans la savante préface de ses inscriptions, cite les plus anciens monuments qui en portent l’empreinte : un monument public en 377; une colonne à Saint-Paul-hors-les-murs en 390; l’inscription d’Adelphius au musée de Bordeaux, 405 ; une pierre au musée de Lyon, 493, etc. On ne saurait donc d’une manière plausible, malgré la beauté de sa facture, supposer à cette peinture une plus haute ancienneté.

Les objections faites contre l’antiquité du culte de la sainte Vierge tombent, comme on le voit, devant l’examen de ces peintures. On a dit d’abord qu’on ne l’avait pas représentée avant le concile d'Éphèse, et lorsque les catacombes ont renversé cette allégation , on a prétendu qu’elle ne s’y trouvait qu’à l’état de ligure historique, accessoire nécessaire de la scène comme les mages eux-mèmes ; or dans les six peintures que nous venons d étudier, trois sont sans les mages, savoir : celle du cimetière Priscille, une de celles du cimetière Domitille et celle du cimetière Sainte-Agnès. Les trois autres sont figurées avec deux, trois ou quatre mages. La vérité historique semblerait exiger que, suivant la tradition exactement adoptée sur les sarcophages et dans les temps postérieurs, on représentât trois mages. Ne doit-on donc pas voir

tère qui, dans les dernières années du IIe siècle, fut donné à cette nécropole sacrée, le caractère de sépulture solennelle et pour ainsi dire officielle de l’Eglise et de ses chefs qui lui fut maintenu jusqu’à la paix constantinienne, si bien que tous les pontifes romains, de Zéphirin à Miltiade, durent y être ensevelis. — L’ensemble de ces monuments correspond à la fin du iib siècle, à la durée du 111e et aux débuts du ivr.

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dans ces tableaux non un souvenir historique, mais une pensée symbolique qui, dès les deux premiers siècles, s'empara des images de Marie pour les entourer d'un culte inférieur seulement à celui de Dieu? Dans toutes les peintures que nous avons passées en revue, elle occupe le centre du tableau et les personnages placés latéralement sont secondaires, afin de mieux marquer l’honneur qu’on voulait lui rendre. Concluons donc que l’antiquité de ce culte est irréfutable devant les monuments.

Catacombes diverses. — Nous pourrions fermer ici la liste des images des catacombes, car celles que nous avons montrées suffisent à mettre en évidence l'origine simultanée de l'introduction de la foi chrétienne et du culte de Marie dans les murs de Rome et le caractère idéal de ce culte; bien des protestants ont vu s’évanouir leur erreur devant une lumière si précise, et d’autres, ne voulant pas encore avouer que ces catacombes sont pleines de nos croyances, ont du moins confessé qu’elles n’avaient aucun rapport avec le protestantisme. Toutefois, à titre de renseignements, nous citerons encore plusieurs madones auxquelles leur caractère incertain ou leur dégradation enlèvent un intérêt si direct.

Le cimetière des Sain.ts~Thrason-et-Saturn.in offre une fresque divisée en trois parties. Au centre, est une femme en prière que plusieurs personnes regardent comme la sainte Vierge; à droite, un pontife accompagné d’un diacre reçoit les vœux d une jeune fille qui se consacre à Dieu, à gauche, une femme assise tient un enfant dans ses bras. La Vierge centrale, de ses bras étendus, semble protéger les deux états de la virginité et de la maternité1.

On y voit aussi une Adoration des mages. (Garrucci.)

Cimetière Saints-Nérée-et-oAchillée 2. — La catacombe des saints Nérée et Achillée renferme

i. Rosier de Marie ,1V, J25.

2 Revue de l’Arc chrétien} VI, p. 200.

une fresque qui remonte au temps de Domitien, quelques années à peine après le martyre de saint Pierre et de saint Paul. Elle représente encore la vierge Marie assise sur un trône, revêtue du costume des riches matrones romaines et offrant le Sauveur a l’adoration des trois mages.

Le cimetière Hermès a fourni à la vénération romaine une madone dite Prima primaria, dont nous donnons ci-dessus un croquis; les retouches lui ont enlevé complètement son caractère antique.

Cimetière Balbine 1. — Dans le cimetière Balbine , contigu au cimetière Callixte et qui prit le nom de Saint-Marc après la paix de l’Église, on trouva, en 1867, une Adoration des mages dans un arcosolium peint, mais dont les couleurs étaient presque effacées. Les mages sont à peine visibles, excepté le dernier, dont on reconnaît facilement le costume persan.

Cimetière Saint-Valentin2 . — Nous pouvons, sans nous éloigner des catacombes, étudier des images de Marie à des âges bien postérieurs; ainsi le cimetière Saint-Valentin ou Saint-Jules via Flaminia contient une madone que Bosio a reproduite et qui rappelle celle de Sant-Urbano. La sainte Vierge nimbée, voilée, pose ses mains sur les épaules de l’enfant; on lit sur les côtés SCA DI GENETRIX.

DI est ici placé pour Dei. Il semble que l’on ait supprimé l’E qui se prononce forcément avec le D, comme au mot ISPRITVS, la lettre P com-

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