super altare Ymago sanctissimæ Dei genitricis
virginis Mariæ.
compagnée de saints martyrs et confesseurs. Cette madone n’existe plus.
L’abbé Didier, dans la vaste basilique qu’il ht construire, n’oublia pas la sainte Vierge, à laquelle il dédia un autel à l’extrémité d’un des collatéraux.
Au moine Léon nous devons aussi un manuscrit d’homélies (n° 98), lequel, parmi ses miniatures, nous offre une Purification et une Mort de la sainte Vierge. Ces peintures sont belles comme ensemble et comme détails; on les croirait volontiers sorties du pinceau de Giotto.
Parmi les manuscrits du xie siècle, citons encore le n° 99, où nous voyons l’Annonciation, l’Apparition de l’ange à saint Joseph, l’Adoration des magès et l’Ascension.
Tosti a reproduit l’cAnnonciation de ce manuscrit aux deux tiers et exactement dans son Histoire du Mont-Cassin. Le cadre se compose de deux arcades qui reposent sur des chapiteaux enrichis de feuilles et d’arabesques. La sainte Vierge, debout, a un bras levé, l’autre reposant sur sa poitrine; elle est drapée dans les larges plis d’un manteau qui retombe avec grâce sur le bras droit. La physionomie de la tète est pleine de douceur, son ovale irréprochable. Derrière la sainte Vierge est préparé un siège princier, de forme plutôt grecque que lombarde; l’ange, à gauche, étend le bras pour annoncer le message céleste. Cette composition, par sa perfection, sinon par son âge, qui est du xi* siècle, se rattache aux plus belles époques de l’art.
Comme spécimen du xne, nous citerons un manuscrit composé par un certain Boniface, diacre et moine; la sainte Vierge y figure dans une miniature du crucifiement.
Une collection curieuse et assez complète de ces manuscrits a été exposée à Rome en i87o; on y voyait entre autres une Annonciation du xne siècle, selon le type archaïque et dans le genre de celle de Pise, toutefois animée de phy-
SANCTUAIRES ET IMAGES
sionomies plus vives et avec plus de souplesse dans les plis.
MONOPOLI (Près de Bari).
Image de Madia, xie siècle. — Romuald, évêque de Monopoli, démolit, vers 1075, le vieux temple pour le rebâtir ; mais le bois ayant manqué pour la charpente, les travaux furent interrompus pendant des années. Romuald ne cessait d’invoquer la sainte Vierge au sujet de leur achèvement ; une nuit elle apparut à un des habitants de la ville et l’avertit qu’il y avait des poutres sur le rivage à quelque distance de là. Averti de cette vision, Romuald refusa d’abord d’y croire, mais le même fait s’étant reproduit trois fois de suite, on se rendit au rivage où l’on trouva plus de trente poutres de la forme appelée madia par les gens du pays. En coupant les cordages qui retenaient ces espèces de radeaux, on découvrit une statue en bois de la mère de Dieu, artistement peinte, haute de quatre palmes (environ om,po) sur trois de large. Comme elle ressemble aux madones de saint Luc, beaucoup l’ont prise pour son œuvre; elle tient son fils du bras gauche et à ses pieds on voit deux personnages vêtus d’une cape noire, à la façon des moines basiliens.
On cite de nombreux miracles devant cette image. Un jour la sainte Vierge apparut sur une tour pour défendre son temple contre ses ennemis ; les trésors ayant été pillés deux ou trois fois par des voleurs, elle rapporta toujours ce qui avait été enlevé. Un clerc dérobe un collier de la madone, mais il ne peut trouver la porte de sortie et se voit enfermé par une main mystérieuse; une mère obtient la guérison de son fils roué par accident, etc.i.
Cette madone, qui passe pour être du xne siècle, lut, en 1874, apportée à Naples et mise en vente. M. Salazaro en a fait faire une copie qu’il compte publier.