SANCTUAIRES DE SICILE
Le culte de la sainte Vierge a commencé, en Sicile, avec la foi chrétienne et explique ainsi comment beaucoup d’églises, dédiées par ses anciens habitants à Notre-Dame, furent construites avec les pierres, les marbres, les colonnes , les chapiteaux enlevés aux temples païens. L église de Catane fut faite avec les colonnes de marbre des anciens Thermes, celles de Salerne , de Monreale et d’autres lieux furent construites avec les débris de nombreux temples païens qui devenaient ainsi les trophées de l’idolâtrie renversée. On ne peut imaginer combien de temples païens furent en Sicile transformés en sanctuaires de la sainte Vierge. Le fameux temple de Neptune, sur le promontoire de Peloro qui porte aujourd’hui le nom de Faro, devint une église de l’Assomption; on dit que l’église de Messine fut édifiée avec ses colonnes. L’église de la Madonna-della-grotta s’éleva sur les ruines d’un temple de Diane. Saint Grégoire consacra à la sainte Vierge le magnifique temple de Jupiter situé hors les murs, un temple de Vénus devint l’église de Santa-Maria-di-Valverde , un temple de Neptune près du port, l’église de Santa-VergineoAnnnn^iata. Le temple de Pollux, l’église de la Madonna-del-Rimedio .
L’antique porte méridionale de Messine perdant son nom de Janus prit celui de la sainte Vierge. On ne saurait énumérer le nombre de couvents qui, dès le temps de saint Grégoire le Grand, avaient pris le nom de la sainte Vierge.
Saint Pierre envoya d’ Antioche en Sicile Martin et Pancrace pour y prêcher l’Évangile et y jeter les premiers fondements du christianisme. Martin, évêque de Syracuse, avait apporté avec lui une image de la sainte Vierge qui lui servit à conquérir les âmes à la foi ; c’était pour lui une
arme avec laquelle il renversait les idoles, défendait les siens contre les attaques du démon, et opérait beaucoup de guérisons miraculeuses. Il déposa cette image dans une de ces grottes qui alors s’appelaient Pelopia et qui ont pris le nom de l'apôtre saint Jean à cause de l’église qui a été bâtie au-dessus. Elle est située dans la partie la plus basse de l'antique Acradina. Là, saint Martin prêchait, baptisait et offrait le saint sacrifice de la messe sous la protection de la Reine du ciel. On voit encore dans ces grottes beaucoup d’images peintes de la sainte Vierge, mais on n’est pas certain qu’il y en ait de semblables à celle de saint Martin. Pancrace, qui devint évêque de Taormine, avait été dans son enfance présenté au Christ l*ui-même par ses parents. On ne doute donc pas qu’il ait vu la sainte Vierge. Arrivé à Taormine, il lui dédia une église et y plaça son image en la déclarant sa protectrice particulière. C’est chose surprenante de voir les grands travaux entrepris par le saint évêque et le nombre de conversions qu’il opéra par le moyen de cette image. Une fois, la portant lui-même sur les remparts de la ville assiégée, il cria : Victoire! victoire! et les éléments déchaînés renversèrent l’ennemi. Celuici, terrifié par le prodige, se jeta aux pieds de l’évêque et lui demanda le baptême.
Taormine possédait une autre image de la sainte Vierge que l’on disait n’avoir pas été peinte de la main des hommes, dont on ignore l’origine, mais dont Théophane, évêque de Taormine, parle dans une homélie sur la transfiguration.
Au mont Erix actuellement Trapani. Vénus avait un temple vers l’orient; les fidèles, pour arracher les adorateurs à cette déesse, bâtirent, dit-on, à l’occident, un temple dédié à la plus
CH. V