‹ La Sainte ViergeChapitre 233 sur 1187 · CH. V. — SICILE · texte numérisé non relu

CH. V. — SICILE

eut placé l’image sur le quai, elle s’alourdit tout à coup comme une statue de bronze et força les porteurs à s’arrêter. L'archevêque, le roi et les premiers personnages de la ville se consultèrent sur ce qu’on devait faire et ils résolurent d’imiter ce qui avait été imaginé pour l’arche sainte par les Philistins. On attela un chariot de deux bœufs et au milieu de riches draperies on posa la miraculeuse image qui reprit sa première légèreté, puis on abandonna le choix de la route aux deux animaux, afin que la sainte Vierge les conduisît elle-même où elle désirait. Il y avait, sur le flanc de la montagne qu’on appelle Sanrizzo, une église connue sous le nom de Santa-Maria-della-Valle, auquel était joint un monastère de bénédictines. Les bœufs s’y rendirent deux-mêmes, s’y arrêtèrent et poussèrent en arrivant de joyeux mugissements, comme pour signifier que c’était le séjour choisi par la sainte Vierge. Depuis ce jour Santa-Maria-della- Valle s’est appelé della-Scala , parce que la sainte Vierge dans le tableau y tient une échelle qui signifie le secours qu’elle nous donne pour monter au ciel. Les princes rivalisèrent de munificence pour enrichir ce sanctuaire.

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