En 1618, restauration de la cathédrale ; en
Pour constater l’identité de la statue, l’autorité ecclésiastique, toujours prudente et sévère dans ses jugements, fit prendre des informations et ne se prononça qu’au bout de vingt-trois ans.
Tous les siècles continuèrent à voir la même affluence de pèlerins qu’autrefois, jusqu’à la Révolution, qui ne laissa de la statue qu’une main soustraite à la haine impie des révolutionnaires de Boulogne l.
Les historiens du xvne siècle n’avaient guère consulté que des témoignages récents sur la légende de Notre-Dame-de-Boulogne; un manuscrit du xve siècle, orné de six miniatures, et qui existe dans la bibliothèque de l’Arsenal de Paris a remplacé la statue par la sainte Vierge elle même. Le contre-scel d’un sceau de 1314 fait voir la sainte Vierge dans une barque, tenant d’une main une église et de l’autre un livre fermé ou un reliquaire 2.
Des indulgences, des dons sans nombre, des pèlerinages, témoignent de l’amour de tous pour Marie, dont la bonté est si grande pour ceux qui l’aiment et qui l’invoquent.
Une foule d’hospices et d’hôpitaux édifiés à Boulogne et aux environs en faveur des pauvres, des infirmes et des étrangers, à qui la dévotion faisait entreprendre le voyage de Boulogne, montrent combien le pèlerinage en était célèbre et connu de tout le monde. Des chapelles en grand nombre ont été bâties sous le nom et sur le modèle de Notre-Dame-de-Boulogne; la plus considérable est celle près Paris 3.
En 93, au milieu du pillage et de la dévastation de la cathédrale, on épargna l’image. Enlevée de la place qu’elle y occupait, elle fut portée dans une salle du district, et déposée contre le chambranle d’une cheminée; on lui avait ôté les ornements, et dès lors il fut facile de constater sa haute antiquité. Le bois en était fort détérioré et pour le soutenir il avait fallu
rétablissement de l’image et, comme par le passé, miracles, pèlerinages, guérisons.
x. Hamon, II, 515.