‹ La Sainte ViergeChapitre 306 sur 1187 · DIOCESE D’ARRAS · texte numérisé non relu

DIOCESE D’ARRAS

l’entourer de plaques de fer-blanc. Mais les révolutionnaires de Boulogne se virent accusés de modérantisme et un ordre du représentant obligea de brûler l’image au milieu de la place publique; on ne peut dire les orgies sacrilèges qui accompagnèrent l’exécution de cet ordre impie. La cathédrale fut démolie de fond en comble.

L’heure de la réparation devait sonner; un humble ecclésiastique, M. l'abbé Haffreingue, bien convaincu que la foi soulève des montagnes et relève des cathédrales, entreprend cet acte de foi. En 1837, il achète les terrains où s’élevait la cathédrale; en 1840, il rend la chapelle à Notre-Dame-de-Boulogne1 et projette un immense édifice. Les dons arrivent providentiellement de tous les points de la France, et il peut couronner de la statue de Marie le grandiose édifice, un des plus beaux monuments religieux* de la France. Les pèlerinages y accourent avec une dévotion toujours croissante.

Dieu n’avait pas permis que l’antique image pérît tout entière; un précieux fragment en a été conservé à l’insu des profanateurs. Pendant que la statue était dans la salle du district, M. Casin de Caumartin, qui y était entré pour faire viser une feuille de route, fut seul un moment et, s’approchant de la statue, il vit qu’une de ses mains, qui avait été brisée, tenait à peine, il la détacha avec son sabre et l’offrit à sa tante. Cette relique, dans la suite, fut remise à Mgr Haffreingne, qui la fit renfermer dans un cœur en vermeil que l’on suspendit à la statue nouvelle.

La bibliothèque municipale de Boulogne contient un manuscrit enluminé de la fin du xc siècle (989-1005), où l’on voit, dans une capitale, la nativité de Notre - Seigneur. La crèche, portée sur des arcatures, entourée d’une riche architecture, occupe le centre du petit tableau, la sainte Vierge est à droite, saint Joseph à gauche, dans le haut un groupe d’anges adorateurs2.

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