SAINT-LAURENT-HORS-LES-MURS
Saint-Laurent-hors-les-murs est une très-antique basilique sur la route de Tivoli, environ à un mille de Rome; là était le campo Verano et le cimetière de Sainte-Cyriaque, dame romaine, qui y fit ensevelir les corps des martyrs et entre autres celui de saint Laurent, premier diacre de 1 Église romaine. On dit que Constantin la construisit en 330, à la prière du pape saint Sylvestre. Sixte IJI, avec l’assentiment de l’empereur Valentinien, y disposa la confession avec des colonnes de porphyre et l’orna d’une frise en argent. Galla Placidia, fille de Théodose l’Ancien, restaura toute l’église, lui donna une meil-
SANCTUAIRES ET IMAGES
leure forme et abaissa une colline qui menaçait de l’écraser.
Pelage II, en 578, rétablit depuis ses fondements la partie où se trouve la tribune. En 720, Grégoire II y fit des restaurations : en 772, Adrien Ier renouvela la couverture et construisit les escaliers qui conduisent au cimetière de Sainte-Cyriaque : en 1216, Honorius III lit refaire la porte principale et le portique.
(PI. CXVI.) — Au fond de l'église basse, à gauche, on voit une grande niche à plan droit de plus de i mètre de profondeur, 2 mètres de largeur et 2"’, 40 de hauteur; une peinture nous y montre la sainte Vierge en orante entre sainte Catherine et sainte Cyriaque. D’Agincourt l’attribue au ixe siècle, Perret au xe et la Revue de l’oArt chrétien avec Parker au vme. Le voile est bleu , le nimbe jaune bordé de rouge, à droite et à gauche se lisent les sigles MP-0V. Nous l’avons dessinée à deux reprises différentes, en 1869 et 1874, et nous avons constaté qu’une partie notable de la fresque était tombée dans l’intervalle. Déjà la première fois elle ne nous offrait plus toute l’étendue que Perret avait reproduite. Celui-ci a pu aussi dessiner une fresque des catacombes Sainte-Cyriaque, qui aujourd’hui est perdue et qu’il a copiée sur un dessin déposé à la custode des reliques de Sainte- Apollinaire. La peinture se divise en deux compartiments: dans le premier on voit cinq personnages; dans le second, deux seulement. Parmi le premier apparaît la sainte Vierge qui présente l’enfant Jésus à la vénération des saints, dont l’un a les mains jointes sur la poitrine et s’incline pour recevoir la bénédiction du Sauveur. On reporte cet ouvrage au ixe ou xe siècle.
Ne sortons pas de Saint-Laurent sans donner un coup d œil à une madone peinte sur 1 intérieur du mur occidental; on est obligé, il est vrai, de la croire du xi 1 ie siècle, parce que le mur qui la porte est de cette date ; mais on y sent une influence plus ancienne. Ce type rappelle, par la douceur et la mélancolie, celui des
vierges byzantines du xie au xne siècle. Didron 1 a vue dégradée lorsqu’il l’a dessinée, elle a été restaurée avec soin en même temps que la. basilique. La robe de la sainte Vierge est couleur d’ocre très-claire, le manteau brun avec des filets presque noirs accusant les ombres; le voile jaune et rouge. La tunique de l’enfant Jésus reste blanche avec des ombres bleues et des ornements jaunes et rouges.