SAN — LORENZO-IN-DAMASO
On penserait difficilement devoir retrouver au milieu des modernes restaurations de San-Lorenzo-in-Damaso (palais de la Chancellerie) une ancienne image de Marie. Cependant près du maître-autel, dans la nef de gauche, à la chapelle de la Conception, on vénère une madone byzantine peinte sur bois et qui semble dater d’une époque fort reculée. Cette image, rapporte la tradition, provient d'une crypte pratiquée sous le Campus-Floræ (Champ-de-Flore) où les premiers chrétiens cherchaient asile contre leurs persécuteurs. Cette grotte, transformée en sanctuaire, avait été décorée de peintures et notamment d'une image de la mère de Dieu. Plus tard l’image aurait été transportée dans l’église de San- Salvator- in-oArco , ou Santa-Maria-di- Grotta-pinta : c’est de là qu’elle fut transférée à San-Lorenzo en 1465.
Je ne sais ce qu’il y a de vrai dans les souvenirs qui s’attachent à son histoire ; on peut dire du moins que son style la classe parmi les œuvres byzantines et qu’elle appartient à la catégorie des madones de Saint-Alexis, de Sainte- Marie-in-via-Lata, de Sainte-Marie-d’Ara-cœli, délia Consolazione, etc. Cette image, peut-être venue d’Orient, ainsi que le montre son vêtement, a un droit particulier à la vénération des fidèles. Elle porte sur la poitrine un trou circulaire dans lequel les anciens placèrent des reliques des saints martyrs indiqués dans l’inscription.
CH. II
ROME. — SAINTE-MARIE-MAJEURE
SAINTE-MARIE-MAJEURE
Sainte-Marie-Majeure (basilique libérienne), fondé par Libère (352 + 366), fut rétablie et décorée par Sixte III (432 + 440). Jean, patricien romain et sa femme, aussi pieux que riches et n’ayant pas d’enfant quoiqu'ils fussent mariés depuis longtemps, résolurent de prendre la sainte Vierge comme héritière ; ils lui demandèrent de leur désigner, par un signe certain, à quelle œuvre elle voulait qu’ils employassent leur immense fortune. Comme ils étaient dans ces dispositions, une nuit elle apparut séparément aux deux époux et au pape, et leur dit de lui construire un temple sur le lieu même que le lendemain ils trouveraient couvert de neige ; or on était au 5 août, en pleine canicule.
Le pape ordonna une procession générale du clergé, et le lendemain de la vision tous se rendirent au mont Esquilin et reconnurent que la neige en couvrait une partie, précisément dans l’espace que devait occuper le temple demandé par la mère de Dieu.
Le peuple, appelé au son des cloches, fut tout entier témoin du miracle ; le pape prit une pioche et ouvrit la terre sur la place destinée à recevoir la première pierre. Cette basilique fut d’abord appelée Libérienne, du nom de son fondateur, puis Sainte-Marie à la Crèche (ad Prœsepe) parce qu’on y conserve la crèche du Seigneur. Jean Diacre1, dans la vie du pape saint Grégoire, l’appelle basilique Sixtine parce qu’elle fut restaurée, renouvelée et ornée de précieuses peintures par le pape Sixte III; enfin elle reçut le nom de Sainte-Marie-Majeure parce qu’elle est la plus grande église de Rome dédiée à la sainte Vierge et qu’elle a vu s’accomplir les plus nombreux miracles. Sa longueur est de 105 mètres2.
Sixte III, de 432 à 440, fit exécuter à Sainte- Marie-Majeure deux séries de tableaux dont les sujets sont empruntés à l’Ancien Testament et