‹ La Sainte ViergeChapitre 37 sur 1187 · Liv. IV, ch. lxviii · texte numérisé non relu

Liv. IV, ch. lxviii

2. Gumppenberg, petite édit., p. 20. — Champagnac, Summa aurca} II, 670 — Miechovich, Summa aurea3 II, 55, — Sausseret, I, 65.

décorent les attiques au-dessus des colonnes de la nef principale; il fit peindre aussi en mosaïque sur le grand arc du chœur l’histoire de l’enfance du Sauveur où quatre fois la sainte Vierge apparaît comme mère de Dieu, vengée ainsi des blasphèmes de Nestorius. (Pl. LXXXV.) On la voit dans l’Annonciation, la Purification ou Présentation de Notre-Seigneur au temple, l’Adoration des mages et la dispute de Jésus dans le temple au milieu des docteurs ; au-dessus de l’arc on lit en belles lettres romaines cette dédicace du pape Sixte, qui offrit ces peintures à la vénération du peuple de Dieu :

XYSTVS EPISCOPVS PLEBI DEI.

Ce monument est un véritable arc de triomphe élevé en l’honneur de la mère de Dieu après sa victoire au concile d’Ephèse; les sujets sont disposés par lignes iconographiques comme dans l’arc de Septime Sévère, et je suis persuadé que la réminiscence des arcs de triomphe antiques n’a pas été étrangère à cette composition. Nous avons déjà longuement disserté sur ces admirables peintures dans les études sur l’Evangile1. Nous ne reviendrons pas sur leur description, nous ne faisons que les saluer de nouveau en passant comme un des plus éclatants témoignages du culte antique de Marie.

Au-dessus de la porte de l’église on lisait des vers écrits en mosaïque, inscription que le temps avait ruinée lorsqu’écrivait de Angelis, et qui contenait une nouvelle profession de foi et d’amour du saint pape envers la sainte Vierge :

Virgo Maria tibi Xistus nova tecta dicavit Digna salutifero munera ventre tuo.

Tu Genitrix ignara viri, te denique fæta Visceribus salvis édita nostra salus.

Ecce tui testes uteri sibi præmia portant Sub pedibusque jacet passio cuique sua.

Ferrum, flamma, feræ, fluvius, sævutnque venenum, Tôt tamen has mortes una corona manet 2.

1 Evang.; t. I, p. 11.

2. Duchesne, Histoire des Papes et Souverains chefs de l'Église}p. 183. — De Angelis, Basilic ce S .-M.-Maj . } p. 88.

L’énumération des dons que les souverains pontifes accumulèrent dans la basilique doit etre rappelée comme témoignage de leur culte envers son auguste patronne.

Saint Sixte, non content d’avoir restauré les murs, de les avoir couverts de magnifiques mosaïques , combla ce sanctuaire de riches présents; Anastase nous apprend qu’il lui donna un autel d’argent de 300 livres, trente-quatre couronnes de lumière en argent , quatre candélabres d’argent, un cerf d’argent de 300 livres, des calices, des bassins et une multitude de vases et d’ustensiles sacrés, et il y ajouta des biens immeubles considérables.

Grégoire III (731 4- 742) restaura la charpente, attribua au sanctuaire de riches parements d’autel, fonda des offices solennels en l’honneur de la très-sainte Vierge.

Étienne III (752 + 757) fut nommé par tout le peuple dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure. Menacé par les Lombards, il porta lui— même sur ses épaules une image achérotype du Sauveur dans cette église.

Léon III 1 fit faire pour la basilique un ciborium d’argent du poids de 611 livres, une balustrade d’argent à l’entrée du chœur de 80 livres, une courtine en soie blanche ayant une bordure et une croix magnifiques; pour le grand autel, un parement de pourpre doré avec l’histoire de la Nativité, et, dans le milieu, de l’Annonciation; un autre portant en broderie la Nativité et le Massacre des innocents, un autre présentant des médaillons, l’histoire de saint Joachim et de sainte Anne. Une courtine d’Alexandrie avec une bordure de stauracin et une blanche avec bordure de pourpre; un parement rouge pourpre figurant au milieu la Présentation et saint Siméon dans un cadre de chrysoclave ; un autre représentant la mort de la sainte Vierge ;

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