Gump., XII
Lata, mais elle n’hésita pas à affirmer qu’elle est antérieure à Constantin et à la paix de l’Église1.
30 Les images de Marie en général. — La madone qui nous occupe par son antiquité, sa beauté, la célébrité de la basilique qui la renferme, tient certainement la première place dans notre série de madones; il est donc utile, à son occasion et pour la mieux juger par cette comparaison, d’entrer dans quelques détails sur les images de la sainte Vierge.
Le culte des images est un des besoins le plus impérieux du cœur, c’est celui des souvenirs. On a toujours été curieux de recueillir les portraits des hommes célèbres. Le fameux Varron, né 116 ans avant Jésus-Christ, et qui passait pour l’homme le plus savant de son temps, avait formé un recueil de sept cents portraits d hommes illustres, copiés d’après les statues et les bustes antiques et enluminés par une femme nommée Lola, originaire de Cyzique, qui excellait dans ce genre. Les saintes images sont des livres utiles à tous, même aux esprits les plus cultivés.
Aucune figure, si l’on en excepte celle du Rédempteur, n’a autant que la sainte Vierge exercé le talent des artistes de tous les siècles. Tous les pères conviennent à l’envi de son admirable beauté. Saint Denys, qui, dit-on, eut le bonheur de la voir lui-même, nous assure qu’elle était belle à éblouir. Si nous n’avons pas de portrait peint authentique, nous en possédons qui sont écrits par les auteurs sacrés, et dans le nombre celui que Nicéphore Calixte (xive siècle) nous a transmis d'après saint Épiphane et le ive siècle. D’après lui, la gravité et la plus grande décence régnaient dans toutes ses actions : elle parlait peu, mais toujours à propos ; elle était d’un accès facile; elle écoutait patiemment ce qu’on avait à lui dire. Toujours affable, elle était honorée et respectée de chacun. Sa taille était moyenne, et peut-être au-dessus de la moyenne. Elle avait le