Rosier de Marie
SANCTUAIRES ET IMAGES
châsse1, qui contenait le précieux trésor. A sa vue, cependant, ils se sentirent saisis d’un sentiment de respect a.uquel ils ne s’attendaient pas, et dans leur émotion ils décidèrent qu’elle ne serait ouverte que par des ecclésiastiques. Deux prêtres, cédant à la force des choses, l’ouvrirent en effet, et en tirèrent le saint voile. Grande fut la surprise des commissaires de ne pas trouver, en la dépliant, la chemise qu’ils s étaient figurée, et, contents de voir en défaut la crédulité populaire, inférant de là la fausseté de la relique, ils en envoyèrent un fragment notable à l’abbé Barthélemy, membre de l’Institut, le priant de leur dire son opinion sur la nature de cette étoffe, mais sans l’informer de son origine. Le célèbre antiquaire orientaliste, après un examen attentif, répondit qu’elle devait avoir près de 2,000 ans d existence, et qu’elle avait fait partie d’un voile dont les femmes se servaient dans les pays orientaux 2. Malheureusement on protita de l’ouverture de la châsse pour morceler la sainte relique et en distribuer des fragments à ceux qui en voulaient. On en donna à Sainte-Anne-d’Auray, en Bretagne, à des missionnaires en Angleterre et au Canada; enfin, à divers particuliers, des morceaux plus ou moins considérables. Après la Révolution, M8‘‘ de Lubersac, évêque de Chartres, en recueillit tout ce qu’il put, constata rigoureusement l’authenticité, et plaça, dans un co /fret d’argent, les deux plus grands morceaux, 1 un de 2 In , 1 2 de longueur, sur om,40 de largeur, l’autre de om,25 sur o"',42 3.
Ce voile n’est donc plus aujourd'hui dans l’état où il était quand la mère du Sauveur l’employait à son usage personnel ; heureusement la tradition de l’Église nous est un très-sûr garant de son authenticité4. On ne saurait dire le nombre des miracles obtenus à Notre-Dame-de-
x. Les. dimensions de cette châsse sont de om,677 de longueur, om,jÔ9 de hauteur, o,n,27 de largeur.
2. M, de Longpérier lui trouve une grande analogie avec la toile des momies.