Revue de l’Art chrétien
Chartres, soit devant l'une ou l’autre des deux statues, soit à l’occasion du voile.
Ainsi qu’on l’a vu plus haut, le respect qui environnait ce vêtement de la sainte Vierge avait empêché qu’on ne connût sa forme véritable, et ce que nous appelons un voile ou une écharpe est simplement une pièce d’étofie non découpée. On lui avait donné le nom de chemise; et alors on lui supposait la forme d’une chemise, comme nous l’entendons aujourd’hui, c’est-à-dire d’une tunique. C’est ainsi qu’on la représentait sur les bannières et sur ces plombs historiés retirés de la Seine, décrits par M. Forgeais, et dont nous avons déjà parlé à l’occasion de Notre-Dame-de-Boulognesur-Seine, dans le diocèse de Paris. Quelques auteurs1 pensent même qu’il y avait un voile et une tunique ou chemise. Un vieil auteur, racontant la défaite des Normands pn pu, dit que Gantelme portait lui-même les deux reliques :
Qui portait la sainte chemise Par défense et par garantise Avecques une autre bannière Qui du voile de la vierge yère.
On voit, au revers du plomb de la Seine qui date du xme siècle, une tunique entre deux fleurs de lis; plus bas un denier chartrain dont le type principal est accompagné d’annelets, d’une fleur de lis et de cinq points disposés en croix.
Dans un autre plomb du même genre deux clercs portent de droite à gauche une châsse où l'on voit une tunique2.
Le trésor de la cathédrale renfermait plusieurs madones d’une grande richesse, entre autres une statuette de vermeil datant de 1 256, une vierge d'argent de om,65, nommée Notre-Dame-la- Blanche; une vierge d’or émaillée, assise, donnée par Clément VII; mais elles ne peuvent, à cause de leur date, entrer dans nos études.
Les madones de la cathédrale de Chartres ont été illustrées par notre savant ami M. Paul Durand, avec trop de soin pour que nous ayons la
x. Forgeais, p. 29.