Martigny, Dict ., Vêtements
Si les preuves nous manquent pour connaître le costume que les peintres prêtaient à la sainte Vierge dans les premiers âges, nous devons nous souvenir de la loi du secret, dont les rigoureuses prescriptions devaient nécessairement s’appliquer à un point dit culte qui eût si aisément réveillé la calomnie1.
La haine des images du paganisme a dû aussi dans l’origine éloigner les chrétiens de faire des représentations du Sauveur. Tertullien, héritier des doctrines sévères du judaïsme, proscrivait les arts d'imitation comme entachés de paganisme.
Nous sommes donc forcés, pour la sainte Vierge comme pour le Sauveur, de nous contenter de la tradition, tradition, il est vrai, si fidèlement adoptée par les différentes branches de l’art, qu’elle fait supposer ici une règle hiératique, tracée par l’autorité de 1 Église pour soustraire au danger de l’arbitraire une partie si essentielle du culte. Nous avons vu cette tradition reproduire ses formes invariables sur les peintures des catacombes, sur les verres dorés, sur les sarcophages, et nous n’avons pas besoin de répéter ce qui a été dit. A partir du ve siècle, la Vierge mère isolée, c’est-à-dire sans les mages, se multiplie; on protestait par ces peintures contre l’objection faite dès l’origine et souvent répétée depuis, que ‘dans l’adoration des mages on ne devait voir qu’un sujet historique. Ce qui est très-remarquable, c’est que la physionomie des images de la sainte Vierge s’assombrit à mesure de la décadence de l’art et des progrès de la barbarie (Raoul Rochette, Types primitifs ); mais au retour de la Renaissance, que nous plaçons bien avant le xvie siècle, le type byzantin d’une femme qui tient sur les genoux un enfant est fécondé par le génie du christianisme et devient le modèle des compositions de Raphaël2.
Les peintres obéissaient à des lois hiératiques que le septième concile œcuménique, second de Nicée, leur dictait ainsi : « La composition des