‹ La Sainte ViergeChapitre 49 sur 1187 · SAINTE-MA RI E-IN-DOMNIC A · texte numérisé non relu

SAINTE-MA RI E-IN-DOMNIC A

On ignore l’origine du nom de l’église Sainte- Marie - in- Domnica - alla - Navicella ; était - ce parce qu’elle était élevée en l’honneur de Dieu? était-ce une tradition incorrecte du mot grec zupta/.-/] domnica } parce que sainte Cyriaque avait ses propriétés dans ce lieu? C’est ce que l’histoire ne nous revèle pas. L’église, construite par sainte Cyriaque, fut une des premières diaco-

SANCTUAIRES ET IMAGES

nies; elle fut rétablie une première fois complètement par Pascal Tr en 817, et une seconde par Léon X en 1500, alors qu’il était encore cardinal.

Dons des papes. — Les papes se plurent à enrichir cette église avec une pieuse munificence. Anastase nous énumère soigneusement les présents qui témoignent de cette dévotion. Léon III y offrit à la mère de Dieu un parement d’autel de pourpre rouge qui portait dans son milieu un tableau représentant l’histoire de la sainte Vierge; on y voyait des ornements de perles et une bordure de chrysoclave, une couronne d’argent, un parement blanc tout en soie, orné de rosaces et de chrysoclave, etc. De tous les papes, Pascal Ie1 fut incontestablement le plus généreux pour ce sanctuaire, qu’il rebâtit de fond en comble, qu’il dota richement et qu’il augmenta considérablement. Il orna la confession en dedans et en dehors ; il offrit une lampe en or pur de 2 liv. 8°, un arc en argent et deux petites colonnes avec deux ornements en gamma, un parement d’autel avec l’histoire de la Nativité d’une merveilleuse beauté, un parement de stauracin très-beau entouré d’écarlate, un autre parement de blattin, avec le portrait de la sainte Vierge et des anges qui la vénèrent; un parement avec des paons, dans le milieu une croix de blattin; deux parements de quadrapulum, dans le milieu une croix de blattin ; un revèterçent de soie rouge; autour de l’autel, quatre voiles de soie rouge avec des gamma et des croix de quadrapulum. Dans les grands arcs de cette église, vingt voiles de quadrapulum et dans les arcs du chœur quatre petits voiles de stauracin et deux voiles de Tyr à l’entrée du chœur; à l'entrée de l’église, de grandes courtines de quadrapulum avec une bordure; deux parements de chrysoclave avec la Nativité, entouré de pierres précieuses et de perles. Sur le même autel, un parement de chrysoclave, avec l’Assomption entourée de chrysoclave, complétée et ornée de perles ; un autre parement de chrysoclave avec l’Ascension ; un autre avec la Pentecôte; un autre avec l’en¬

trée à Jérusalem; un parement entouré d’étoffe de fundatum à fond d’or. Pour tous les jours, deux parements de fundatum d’étoffe à fond rouge entouré de quadrapulum très-ornés; dans les grands arcs de la basilique, quatorze voiles de quadrapulum, vingt-quatre voiles de quadrapulum ornés de sujets; dans les arcs du chœur, vingt-six voiles de chrysoclave reproduisant la Nativité ou l'Assomption de la Vierge, etc. Tous ces dons splendides ont disparu, détruits par le temps ou la cupidité des hommes.

Mosaïque. (Pl. XCII.) — Le seul des ouvrages de Pascal qui nous reste, 'et qui n’est pas un des moins intéressants, consiste dans la vaste mosaïque de la tribune. On y voit représentée la sainte Vierge assise sur un trône avec l’enfant Jésus et une multitude d’anges qui la saluent en chantant ses louanges : à ses pieds le pape Pascal agenouillé lui tient la mule. On peut considérer cette mosaïque comme un des monuments le plus glorieux pour Marie. Ailleurs, nous la voyons au milieu des saints comme la reine des hommes, mais ici dominant la foule angélique par la grandeur matérielle, symbole de la dignité morale, supérieure à tout ce qui l’entoure, elle est véritablement la souveraine des cieux. A l’exception de ses mules rouges et de quelques agréments d’or parsemés sur son costume, elle est entièrement habillée d’un azur sombre, qui rehausse la robe d’or de l’enfant. Le pape, vêtu d'une chasuble jaune, porte derrière sa tète un nimbe carré et bleu. Les troupes d’anges qui se pressent autour du trône ont des robes blanches, des nimbes bleus qui se détachent sur le fond plus foncé du ciel. Le trône paraît orné de riches pierreries. Le geste de Marie exprime une belle pensée, geste d’accueil, d’invitation aux fidèles de venir devant Jésus-Christ qui les bénit. Tous les anges concentrent leur attention vers le divin groupe, tandis que le Sauveur et sa mère, recevant leurs hommages d’un regard distrait, semblent chercher ailleurs desadorations qui leur manquent, celles des hommes oublieux de la rédemption et des tendresses maternelles qu elle

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