‹ La Sainte ViergeChapitre 540 sur 1187 · De Sivry et Champagnac, II · texte numérisé non relu

De Sivry et Champagnac, II

ajoute-t-il, à Sainte-Marie, le monastère qu’il avait fondé dans la bourgade de Nogent, qui devait, dans la suite, s’appeler de son nom.

Au même temps, Frédégonde se retire dans la basilique de Paris, dediée à la sainte Vierge. C’est surtout au temps de Charlemagne qu’abondent les pièces qui assurent à la cathédrale de Paris, avec la vénération des rois et des peuples, le titre de Notre-Dame ou de Sainte- Marie. Jusqu’à Louis le Débonnaire, successeur de Charlemagne, la cathédrale de Paris est presque toujours désignée sous le vocable de Marie, suivi des noms de plusieurs patrons secondaires.

Depuis, elle n’est plus désignée que sous le vocable de Notre-Dame. Toutes les donations faites par les successeurs de Charlemagne parlent toujours de l’église fondée en l’honneur de la mère de Dieu. Vers les derniers jours de l’année 885, trente mille Normands assiègent Paris, massacrent tout ce qu’ils rencontrent : Paris bientôt sera leur proie. Gauzelin , évêque de Paris, divinement inspiré, monte sur les remparts, adresse à Marie une fervente prière et lance sur l’armée ennemie une flèche qui, conduite par notre protectrice, va frapper Sigefroy, leur chef, et met ainsi le désordre dans les rangs des Normands qui s’enfuient épouvantés. Paris est sauvé et ses habitants se reconnaissant redevables de leur salut à la mère de Dieu, promènent son image dans les rues en chantant des cantiques en son honneur.

A l’église de Sainte-Marie était annexée une école où les fils de France recevaient leur première éducation.

La dévotion à Marie allait toujours croissant, et elle en reçut une grande manifestation au xne siècle, en 1163, époque où fut conçu et exécuté en partie le plan grandiose de l’église Notre- Dame, de cette insigne basilique qui, depuis six siècles, est un des plus beaux monuments de la capitale. Elle fut bâtie sur l’emplacement de l’église antérieure qui occupait l’espace compris sous le chœur et offrait la même

SANCTUAIRES ET IMAGES

orientation que la cathédrale actuelle. Des fouilles exécutées en 1858 en ont fourni la preuve.

Alors l'église du xiT siècle se substituant par parties à celle qui la précédait, on les bénit successivement sans éclat ni solennité, à mesure qu'elles se bâtissaient, et voilà pourquoi, en i86x, la dédicace solennelle de l’édifice n’avait pas encore été faite1. Notre-Dame comptait autrefois quarante-cinq chapelles, elle n’en a plus que trente-deux 2.

Maurice de Sully, un des plus grands évêques de Paris, en fut le fondateur.

Né pauvre, dans un petit village du nom de Sully, il parvint, par son mérite éclatant, au siège épiscopal de Paris. Un de ses contemporains, Robert de Thorigny, dit, à l’année 1177 de sa Chronique : « Il y a déjà longtemps que Maurice, évêque de Paris, travaille activement à l’église de cette ville et en avance la construction. Le chevet est déjà terminé, à l’exception de la grande toiture. » Il fallut deux siècles pour la terminer. Elle a 134 mètres de long, 48 mètres de large d’une porte à l’autre de la nef transversale, et 33 mètres de hauteur sous clef 3.

Sur la grande façade de Notre-Dame-de-Paris, au tympan du portail de Sainte-Anne, la sainte Vierge y paraît avec l’enfant Jésus sur les genoux, un lys à la main et dans une pose parfaitement archaïque. (PI. CXXXI.)

Nous empruntons à M. de Guilhermy l’intéressante description qu’il en donne 4 :

a Les fragments de sculpture de la porte Sainte -Anne ont dû avoir été sculptés avant l’année 1140, c’est-à-fdire au moment où l’archidiacre Étienne de Garlande fit exécuter des travaux importants à l’église de la Vierge, démolie plus lard pour faire place à la cathédrale actuelle.

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