‹ La Sainte ViergeChapitre 553 sur 1187 · Cet ivoire a été très -soigneusement gravé par Lemaître · texte numérisé non relu

Cet ivoire a été très -soigneusement gravé par Lemaître

L idée, quoiqu'elle soit rendue grossièrement, est fort belle; Marie est dans une auréole, où les étoiles sont réunies pour L'environner de lumière. Elle est assise sur un autre cercle rempli aussi d'étoiles et qui lui sert de trône; elle loue Dieu et exprime sa prière par ses mains rapprochées et retournées en dehors; un large voile blanc lui tombe de la tète et sur les épaules, cachant tout le haut de sa tunique qui est violette. Son nimbe est rouge ainsi que l’escabeau sur lequel reposent ses pieds. Cette singulière composition s’applique sur un carré dont le fond est couvert de différentes nuances d’oranger.

( PL CXXIV. ) — Parmi les plus curieux types de madones que nous offrent nos vieux manuscrits du xi° siècle, il faut citer celui du numéro 11961, folio 7. La sainte Vierge apparaît entre David et Salomon, ses aïeux, et ses prophètes qui lui tiennent les bras levés pendant qu’elle chante le Magnificat. C’est tout à fait la Vierge préhistorique que célèbrent les prophéties. A ses pieds sont rangés les rois Ézéchias, Josaphat et Josias. L idée est sublime, et si le dessin qui l’exprime laisse quelque chose à désirer dans le rendu de David et de Salomon, il nous paraît irréprochable dans la figure de Marie elle-même. Sa couronne qui lui fixe au front les plis de son voile, ses larges manches brodées, son surplis, sa tunique qui s'étage gracieusement sur ses genoux, cachant à demi les coussins du trône ; son attitude d’orante, son visage immobile, le regard fixé sur l'horizon éternel, à l’abri des distractions du monde, tout dans cette figure respire la noblesse et la grandeur, je ne sais quoi de souverain et de sacerdotal qu'on est surpris de rencontrer sous une main du xr siècle.

(PL CXXIV.) — Le numéro 9865 nous présente une image de Marie s’entretenant avec saint Pierre; elle est assise sur le même trône que l’apôtre et tient une tige de lis dans sa main droite.

CH. VIII. — FRANCE. — DIOCÈSE DE PARIS

(PI. CXXV.) — Le numéro 10867 nous fournit encore une intéressante madone du xic siècle, (f° 40 dans la majuscule V). Marie y est peinte avec son fils, qu’elle tient sur ses genoux. L’Enfant porte un livre de la main gauche et bénit de la droite. Le dessin est des plus barbares; audessus du V se déploie une légende avec ce vers ui vaut mieux que le dessin, et qui rappelle l’inscription de Beaucaire ;

In gremio matris Rector complectitur orbis.

Musée de Cluny. (PI. CXIX.) — Le plus beau monument de la sainte Vierge, que possède Cluny, est une madone d’ivoire du Xe siècle, que nous avons gravée. Elle a om,3o de hauteur; le bras gauche est mutilé.

(PI. CXXXII.) — Ce musée vient de faire une nouvelle acquisition fort intéressante, celle d’une madone en bois, qui présente tous les caractères du xie ou xne siècle. Elle tient l'Enfant sur ses genoux d’une manière rigide et symétrique. Notre-Seigneur bénit d’une main et tient de l’autre un globe d’or. Les pieds et le trône font défaut. Cette statue renfermait sans doute des reliques, comme on peut le croire d’après l’armoire réservée dans le dos. Elle a om,77 de hauteur. Les couleurs sont encore visibles. Le voile était brun, ainsi que la robe, les manches d’or, les souliers rouges; le surplis de l’Enfant en or et sa robe bleue.

(PL CXXIV.) — On trouvera dans nos planches la gravure d’une image de la sainte Vierge assistant au crucifiement et sculptée en ivoire.

On voit aussi au musée de Cluny un reliquaire en formede coffret des dernières années du xie siècle, dit châsse de saint Jvet, et provenant de l’abbaye de Braisnes. Les faces et couvercle sont sculptés dans des plaques d’ivoire. La sainte Vierge, sous une arcade, debout, tient l’Enfant dans ses mains; on lit dans l’archivolte : SCA MARIA. Elle est accompagnée de saint Joseph et de saint

Siméon, et, dans les niches voisines, des apôtres et de plusieurs saints personnages de l’Ancien Testament.

M. Rigolot1 publie une madone assez semblable. Nous reportons surtout à ce propos nos lecteurs aux coffrets du Louvre et de Darmstadt. (PI. CXLIV.)

Bibliothèque de l’Arsenal. (PI. CXVII.) — La bibliothèque de l’Arsenal, sLriche en manuscrits et qui nous a fourni tant de pages intéressantes pour l’iconographie des scènes historiques, n’est pas dépourvue de madones proprement dites dans le sens abstrait du mot. Nous citerons surtout l’ivoire qu’on voit sur la couverture du manuscrit latin (T. L. 35, A). Quelques archéologues font remonter ce travail au vie siècle, mais son analogie avec les ivoires qui portent la même composition à la Bibliothèque nationale, à Aix-la-Chapelle, etc., et qui sont notoirement carlovingiens, nous laissent difficilement accepter une époque aussi reculée. La pose est simple et noble, les plis sont nombreux et amples. L’enfant Jésus tient un rouleau d’une main et bénit de l’autre. Dans le haut, deux anges à mi-corps sont en adoration. Cette belle couverture est enrichie de nielles, elle était ornée de cabochons dont beaucoup ont disparu,

(PL CXLI.) — Le missel de Worms contient une sainte Vierge du ixc ou xe siècle, dont nous nous réservons de parler lors de nos articles sur l’Allemagne.

Bibliothèque Sainte-Genevieve. — Du Molinet2 donne à la planche VIII, fîg. 1, une pierre dure sculptée, où se trouve représentée la sainte Vierge à mi-corps, les bras étendus, ayant devant elle l’enfant Jésus. Il dit cette figure très-ancienne ; en effet , elle porte l’Enfant non sur les bras, mais devant elle, à la manière de Notre-Dame-de-Chartres, de Notre-

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