Id.j II, 226. — Une médaille de 1182, soixante-douze
ans avant le passage de saint Louis, présente une image
toute differente de celle de Faujas. La sainte Vierge tient
1 entant Jésus sur le bras gauche, et l’enfant lui-mème
porte une croix. — Le père Odo de Gissey, qui avait vu
la primitive statue derrière le maître-autel, prétend
qu elle avait à la main un sceptre fleurdelisé. — D’après cela, 1 image de saint Louis aurait remplacé peu a peu,
dans la dévotion, celle de l’origine. (Voy. Mandet, Y Ancienne Auvergne et le Velay. t» IL)
Lorsque la peste sévit dans le Velay en 1480 et 1503, la Vierge, portée par les rues, sembla la chasser devant elle. Pendant cinq siècles, on l’invoquait dans les calamités publiques de la France. En 1793, elle fut arrachée de son sanctuaire, traînée ignominieusement dans les rues autrefois témoins de son triomphe et brûlée sur la place du Martonet. Aussitôt après la Révolution, une nouvelle statue, copie fidèle de l'ancienne, remit sous les yeux les traits qu’avaient vénérés les siècles.
Nous avons heureusement une description exacte de l'ancienne statue par un témoin oculaire, par Faujas de Saint-Fond, célèbre géologue, qui nous l’a laissée dans un mémoire sur les volcans éteints du Velay 1 ; il l’a fait dessiner avec la plus scrupuleuse exactitude.
Les auteurs, selon lui, ne sont pas d’accord sur sa provenance; on a cru qu’elle venait d’Egypte et du prophète Jérémie. Faujas, habitué par ses études à voir les choses de près, l’a étudiée avec une précision qu on n’avait pas encore mise. Il a reconnu qu’elle était de bois de cèdre en en détachant une parcelle avec un canif ; elle était couverte d’un grand manteau d étoffe d’or qui l’enveloppait depuis le col jusqu’aux pieds et à travers lequel l’enfant Jésus passait la tète ; manteau que surchargeaient une multitude de reliques et de bijoux précieux. Elle avait deux pieds trois pouces (om,73) de hauteur; elle était assise sur un siège à la manière des divinités égyptiennes et tenait sur son giron un enfant dont la tête correspondait à sa poitrine; elle paraissait d’une seule pièce de bois et pesait environ 25 livres ( 1 2 k* 1 , 5 00) . Le trône était détaché et sans doute d’un travail moderne. Toute la statue était entièrement couverte depuis la tète jusqu’aux pieds de plusieurs bandes de toile assez h ne, très-soigneusement et très-solidement collées sur le bois à la manière des momies égyptiennes. Ces toiles, appliquées sur le visage de la mère et de l’enfant, entourant également les pieds, empêchaient de voir les doigts; de