DIOCÈSE DE SAINT-DIE
qui était sur la porte de la sacristie. Le bloc de pierre de dix pieds de haut est encore debout, il sert de but aux pierres que lancent les bergers. Au-dessous de cette statue mutilée, on lit : Rolandus intrepidus, Virginis servus, ex veteri novus ejus Cenobii fondator.
L’impératrice Béatrix, femme de Frédéric Ipr, donna de grands biens et se fit enterrer dans ce couvent, 1173.
Les Suédois de l’armée de Condé en 1636 y mirent le feu ; l'image miraculeuse de Notre- Dame, qui avait plus de six cents ans, fut abattue et foulée aux pieds. Le prince de Condé sachant cela l’envoya relever et la lit porter au couvent des Capucins d’Auxonne. Les Dôlois finirent par obtenir qu’elle leur serait rendue en 164p.
La statue se trouve depuis la Révolution dans l’église Jouhé1, où M. le curé a bien voulu, avec une grâce parfaite, nous procurer une photographie de ce précieux monument.
NOTRE- DAME- DE-VAUX
A 2 kilomètres au levant de Poligny, route de Paris à Genève, Notre-Dame-de-Vaux s’élevait dès 1020, sous la forme de prieuré de l’ordre de Saint-Benoît et devait sa grande célébrité dans tout le pays à une statue de la Vierge qui avait conquis la vénération générale2.
Terminons notre pèlerinage dans ce diocèse par cette légende dont nous empruntons le récit au Rosier de Marie. Lors de l’invasion des Barbares, les chrétiens, voulant soustraire à la profanation de ces furieux les objets vénérés de leur culte, cachèrent soigneusement les petites statues de la sainte Vierge dans les endroits les plus reculés et les moins accessibles de leurs forêts. Longtemps après une partie de ces madones reparurent avec éclat et des miracles en
1. Notes historiques sur Notre-Dame-du-Mont-Roland et sur le prieuré de Jouhê} par J. Jeaunez. Lons-le-Saulnier, 1856. — Histoire de V antiquité et miracles de Notre- T)ame-du-Mont-Roland} par D. Simplicien Gody. Ddle, 1651. — Ca.rtula.ire du prieuré à la bibliothèque de Dôle.