Ouvrages consultés
Boll., Acta Sanct. Vita sancti Materai, t. IV, sept., p. 354 et 199.
Ghesquière, Acta, sanct. Belgii , Brux., 1783, t. I, p. 77 et 199.
Foullon, Flores. Ecclesiæ Leodiensis.
Bronwerus, Annales Trevirensium, t. I, lib. II.
Fisenus, Sancta Legia, t. I, lib. I.
Grammaye, Antiquitates Belgicœ, passim.
Sacrarium dicecesis Namurcensis, 1619, p. 22.
2. Gumppenberg, XII, 510. — Champagnac et de Sivry, p. 113. — De Smet, Nouveau Mois de Marie, Gand, 1850.
Notre- Dame- d’ Afflighem. Nous plaçons cette origine à 1175, contre l’opinion commune, qui la recule dix ans plus tard. Notre date est déterminée par la mort de saint Annon de Cologne, qui bénit les premiers fondateurs d’Afflighem, et par le texte épuré et mieux compris d’une chronique contemporaine de l’abbaye même.
Un extrait de l’ouvrage de Francon, deuxième abbé et second fondateur d’Afflighem , revu sur un manuscrit de bonne main du xne siècle, quelques vers inédits d’Amerius sur le saint abbé Albert, dit Marianus, préparent comme le fond de la scène où se rencontreront saint Bernard et Notre-Dame d’Afflighem.
Le saint part de Clairvaux; il va à Arras, où se tient un concile; il y vénère la sainte Chandelle, va à Boulogne, passe par Térouanne, va poser la première pierre de Notre-Dame-de-Los (1146), s’arrête à Tournay, à Bruges, à Ypres, à Mons, à Gand, où le peuple montre encore des fontaines et des chênes qui rappellent son passage. Il arrive enfin à Afflighem, où il juge un différend qui s’était élevé entre deux abbayes.
Il se hâte d’en finir pour épancher librement son âme au milieu des pieux cénobites. Dans l’entraînement de son zèle, il leur offre son habit pour devenir tout à fait semblable à ces anges. On délibère : l’offre est rejetée avec la même franchise; mais, sous des couleurs diverses, les cœurs restaient confondus, et tous ensemble, une dernière fois, s’en allaient prier à l’église. La foule des abbés et des moines blancs et noirs se déploie le long de l’ambitus ; tous les yeux suivent l’hôte illustre, au moment de le perdre de vue pour longtemps; il s’arrête à l’angle du cloître voisin de l’église, s’incline devant la madone, et lui adresse le salut quija toujours fait tressaillir la mère de Dieu : oAve, Maria. Sous les yeux de tous, la statue s’émeut, s’incline et répond : Salve, Bernarde.
C’était une trop insigne faveur pour que le saint ne laissât pas un gage de sa reconnaissance. N’ayant pu léguer à Afflighem sa tunique blanche, ni ranger ce saint bercail sous sa houlette, il voulut que son bâton pastoral lui de-
SANCTUAIRES ET IMAGES
meurât en témoignage : il en détacha le pavillon vermeil , et déposa ce présent tout d’or aux pieds de Notre-Dame-d’Afflighem, à la perpétuelle mémoire du salut qui lui fut accordé le 18 octobre 1146.
L’abbaye d’Afflighem grandit rapidement sous l’œil de sa patronne.
En 1153, les nombreux moines ouvrent une procession à Bruxelles et la continuent jusqu’à Wavre, suivis par trente mille pèlerins.
En 1160, un pèlerin venu d’Angleterre et connu pour avoir persécuté l’abbaye, probablement en ses biens d’outre-mer, tombe malade à l’hospice de l’abbaye : il y est traité cependant si fraternellement qu’il revient plus tard se cacher sous le plus humble froc du monastère, et y mourir convers. Nous lui devons quelques vers en l'honneur de Notre-Dame 1.
Amerius nous fait connaître les vieux usages de l’abbaye pour honorer la statue miraculeuse antérieure à la réforme de Bursfeld. En 1460, l’abbé Goswin reconstruisit le cloître où passa saint Bernard. Lors des guerres de religion, en 1580, la statue fut profanée et brisée. En 1605, le prieur D. Cobbard ht faire des deux principaux fragments deux statues d’environ deux pieds de hauteur chacune : l’une d’elles fut replacée dans le cloître d’Afflighem, l’autre donnée aux révérends pères jésuites de Bruxelles. Celle-ci revint plus tard entre les mains des bénédictins, et fut honorée depuis à leur prieuré de Basse-Wavre en Brabant, sanctuaire dédié à Marie depuis 1050, comme on le verra plus tard. Des plus petits fragments on ht d’autres statues qui sont encore vénérées en maint endroit. On citait autrefois comme telles les vierges de l’abbaye des Saints-Corneille-et-Cyprien, près de Ninove en Flandre, de l’église de Deynsbothe, près de Sotteghem en Flandre, de l’église Sainte-Catherine à Bruxelles, et d’autres.
L’illustre prieur d’Afflighem, dom Benoît Haeften, contribua puissamment, après la tourmente du xvic siècle, à relever le culte de la